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"Un marin expérimenté tant dans la victoire que dans le chavirage" : le sauvetage de Francis Joyon après son chavirage à la Route du Rhum

Le lendemain du départ de la 13ᵉ édition de la course de voiliers de la Route du Rhum-destination Guadeloupe, le doyen des skippers a chaviré en mer. Francis Joyon a été secouru par des cargos, après huit heures passées dans son trimaran retourné.

Francis Joyon, le 1er novembre 2018

Crédit : DAMIEN MEYER / AFP

Marie-Lys de Fremond

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La reine des courses transatlantiques n'est décidément pas clémente. Malgré un départ au port de Saint-Malo le 1er novembre sous de bonnes conditions, les skippers ont depuis enchaîné les mésaventures. Tandis que l'une des benjamines Violette Dorange est entrée en collision avec Romain Pilliard deux heures après le départ, c'est au tour du doyen de la Route du Rhum de subir une déconvenue. Francis Joyon, 70 ans, a chaviré lundi 2 novembre vers 14h30 en mer Celtique.

Tandis qu'il menait la course des Vintage Multi, son trimaran ORMA nommé "Oceans" s'est retourné à 200 milles au sud-ouest de l'Irlande [à un peu plus de 300 km des côtes]. Après son appel au secours, deux cargos se sont déroutés pour le secourir, et la direction de course a déclenché une opération avec le CROSS (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage) de Jobourg dans la Manche, en collaboration avec les autorités britanniques.

Localisé par un avion puis secouru par un cargo

Francis Le Goff, directeur de la course, est revenu sur les conditions de l'accident au micro de Franceinfo : "Son bateau naviguait dans des conditions de 20 nœuds [37 km/h], il était assez calme puisqu'il avait un ris dans la grand-voile, c'est une survente [augmentation soudaine du vent] qui a fait retourner le bateau un peu après 14h30, heure française". Le directeur s'est voulu optimiste : "C'est un marin expérimenté tant dans la victoire que dans le chavirage et ça nous rassure aussi, parce qu'il a exactement les bons gestes et les bonnes réactions à bord de son bateau."


Francis Joyon "a rapidement été localisé par un avion qui l'a vu agiter des lumières à la tombée de la nuit" a précisé le frère du navigateur dans L’Écho Républicain. Toujours sur Franceinfo, Francis Le Goff a détaillé le protocole de sauvetage prévu : "L’idée, c’est de casser les vagues avec le cargo, de le mettre au vent, comme ça, ça fait une espèce de petit lac autour du bateau. Et si les conditions sont bonnes, alors le cargo pourra descendre une petite embarcation pour aller à la rencontre de Francis Joyon, justement pour éviter d’amener le cargo bord à bord avec son trimaran". Le "menhir" a finalement été secouru par le cargo Maersk Colombus à 23h. Le navigateur est resté à l'abri dans son trimaran retourné durant huit heures.

Le vainqueur de 2018 a été contraint à abandonner

Le skipper de 70 ans a effectué sa 1re course en 1990, année de la victoire de la mythique Florence Arthaud. Il arrive 2ᵉ en 2010, 4ᵉ en 2022 et devient grand vainqueur en 2018. Pour sa neuvième participation, le marin visait la 1re place. Contraint à l'abandon, il a depuis été débarqué en Irlande dans la nuit. C'est désormais le skipper Damien Seguin qui est en tête des Vintage Multi. 

Même pas 24 heures de course, je ne sais plus quoi dire

Le skipper Quentin Le Nabour après son démâtage

La mésaventure de Francis Joyon n'est pas la première de cette 13e édition. Si on retient la collision entre l'Imoca de Violette Dorange et le Vintage de Romain Pilliard, en Class40, le vainqueur du Vendée Globe 2004/2005 Vincent Riou a connu une grave avarie de gréement, et Marco Guerra a des problèmes sur sa quille. Charles Caudrelier a subi une avarie sur son foil, il est donc mobilisé avec sa cellule de routage sur la terre ferme pour évaluer la suite. 

De son côté, Anthony Marchand a subi une avarie sur son Actual Ultim 4 : son safran a accroché dans la mer, ce qui l'a poussé à amarrer en Irlande pour des réparations. Le skipper s'est confié sur ses réseaux sociaux : "Ce sont les aléas de la course au large, parfois elle est belle, parfois elle est dure... " Même cas de figure pour Quentin Le Nabour, qui a démâté lundi et exprime sa déception en vidéo : "Même pas 24 heures de course, je ne sais plus quoi dire." Si tous n'ont pas déclaré forfait, ils devront tenter de rattraper les autres participants dans une course qui dure entre six jours et trois semaines selon les classes de voilier.

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