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#MeToo : elles racontent ce que ce mouvement a changé dans leur quotidien

TÉMOIGNAGES - Plusieurs femmes témoignent de leur ressenti un an après #MeToo : des conversations à la machine à café, aux "blagues" qui perdurent sur les violences sexuelles, en passant par la prise de conscience de certains proches.

#MeToo et #BalanceTonPorc ont vu le jour sur les réseaux sociaux en octobre 2017
#MeToo et #BalanceTonPorc ont vu le jour sur les réseaux sociaux en octobre 2017
Crédit : Arièle Bonte pour RTL.fr
Arièle Bonte
Arièle Bonte

"Toute notre société est malade du sexisme, cela va demander beaucoup de travail" de la changer, a affirmé Marlène Schiappa au micro de RTL, ce lundi 1er octobre. Un an après l'apparition du mouvement #MeToo sur les réseaux sociaux, le constat est plus que mitigé concernant la lutte contre les violences faites aux femmes.

Un peu plus de la moitié des Français et des Françaises pensent que ce mouvement n'a rien changé tandis que 70% estiment que la lutte contre les violences faites aux femmes est encore trop insuffisante en France, révèle notre sondage réalisé par Harris Interactive.

Pourtant, quand on interroge des femmes sur ce mouvement ayant envahi les réseaux sociaux et les médias depuis l'année dernière, toutes celles avec lesquelles nous avons échangé font état d'un avant et d'un après octobre 2017. C'est leurs vies quotidiennes, de leurs soirées entre ami-es aux discussions à la machine à café, qui ont été affectées par #MeToo. Elles racontent.

Harcèlement, inégalités... des sujets récurrents

Depuis l'affaire Weinstein et #MeToo, Mélanie (ce prénom a été modifié) a sensiblement senti un changement positif auprès de son entourage, qu'il s'agisse de ses collègues (femmes comme hommes) et de ses amis garçons

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 "J'ai l'impression que depuis #MeToo, tout ce qui touche au harcèlement, au congé parental, aux inégalités dans le travail sont devenus des sujets récurrents", explique-t-elle avant d'ajouter : "Avant ces sujets n'intéressaient personne dans mon entourage mais aujourd'hui, comme ils sont présents dans les médias, les gens vont plus prêter attention à ce que je dis ou vont plus s'interroger", poursuit la jeune femme de 27 ans qui, dans son cercle amical, composé à grande majorité de garçons, assure avoir des conversations qu'elle n'avait jamais eues auparavant. 

"On a parlé des règles pendant toute une soirée alors que j'étais la seule fille et, une fois, un copain m'a envoyé un texto pour connaître mon avis sur une nouvelle marque de culottes menstruelles françaises", raconte Mélanie qui se demande si ce n'est pas elle qui s'autorise plus à parler de ces choses-là ou si ce sont ces proches qui se révèlent plus réceptifs à des sujets qui, au premier abord, semblent ne pas les concerner. "Je pense qu'il y a un peu des deux", estime la jeune femme.

Un élan de solidarité... seulement entre femmes ?

De son côté, Léa, 22 ans et membre d'un collectif féministe, affirme elle aussi que depuis #MeToo, elle se sent plus "apte" à parler de ces sujets, car elle sait "qu'ils résonnent encore plus" au regard de l'actualité.

"C'est surtout au cours de soirées, des moments où les langues se dénouent et qu'on partage un peu plus sur notre ressenti et notre intimité que j'ai vu la différence", raconte-t-elle. "Avec mes amies, on partage nos opinions, on se raconte des anecdotes, il y a comme un élan de sororité qui est né de ce partage et je trouve cela très beau. On s'écoute, on se soutient, on s'apprend des choses aussi."

Avec les garçons, à la différence de Mélanie, Léa se sent moins à l'aise lorsqu'une conversation "touche à la question du féminisme". Certes, les débats sont nombreux et dans un sens, l'étudiante en école de commerce trouve que c'est une bonne chose. "C'est une preuve que le sujet est d'ordre sociétal et comprend - concerne - tout le monde", estime-t-elle. "Mais au delà de ça, j'ai surtout l'impression de me répéter sans cesse, et de devoir me justifier". Car pour beaucoup de ces hommes, les mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc ont été perçus comme de la délation.

Quand "Le Monde" publie une tribune contre le mouvement #MeToo, j'ai mal à ma sororité
Quand "Le Monde" publie une tribune contre le mouvement #MeToo, j'ai mal à ma sororité
Crédit : iStock / Getty Images Plus

Une évolution de façade

D'autres femmes n'ont pas la chance d'avoir des collègues aussi ouverts d'esprit que ceux de Mélanie. Anaïs (ce prénom a été modifié) par exemple, travaille dans l'audiovisuel. Chargée de production de contenus destinés à un public jeunesse, elle explique à RTL Girls, que pour elle, ce qui "ressort le plus du quotidien, ce sont les mecs qui font des blagues" - est-ce qu'on va porter plainte - et sont rassurés "tant que l'on ne vire pas extrême en prônant la non-mixité". Pour la chargée de production, les "belles paroles" ne sont qu'une "évolution de façade" tant "aucun changement réel" n'a été amorcé dans ses conditions de travail ou dans les productions qu'elle développe.

En cause ? Il est difficile dans ce type de milieu de se positionner sur ces problématiques sociétales. "La hiérarchie dans le dessin animé, ainsi que nos contrats courts d'intermittents du spectacle, font que l'on se plaint assez peu de peur de perdre un emploi, d'autant que c'est un milieu qui fonctionne beaucoup au bouche à oreille", explique Anaïs qui évolue dans un milieu qui se positionne pourtant plutôt "à gauche" et se dit "tolérant, pas sexiste, pas raciste, pas homophobe". Un point de vue que ne partage pas cette jeune femme âgée de 27 ans.

J'ai remarqué un changement de comportement de la part de mes collègues masculins

Sarah, 24 ans, cadre dans l'automobile

Sarah (ce prénom a été modifié), 24 ans, est cadre dans l'automobile, un milieu très masculin. Elle fait elle aussi état