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"Méthode artisanale ou naturelle" : les dons sauvages de sperme, une pratique illégale en plein essor sur les réseaux sociaux

Des "petites annonces" de femmes à la recherche de donneurs fleurissent sur les groupes Facebook. Face aux délais du parcours médical légal, des femmes préfèrent se tourner vers cette pratique illégale et non sans risques.

Une femme enceinte (image d'illustration).

Crédit : AFP / LOIC VENANCE

Valentin Boissais & Chloé Berry

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"Bonjour, cherche un donneur dans le Morbihan, couple de femmes, merci de présenter un test VIH." Ce genre de message, postés sur des groupes Facebook qui mettent en relation des donneurs et des femmes désireuses de devenir mères, fleurit sur les réseaux sociaux. Dans ces "petites annonces", on y précise ses conditions, le physique recherché, si le don est gratuit ou non… 

Alors que l'État prévoit d'envoyer une lettre aux Français de 29 ans pour les informer sur les dons de gamète cet été, RTL a enquêté sur ces dons sauvages de sperme qui se déroulent au grand jour sur les réseaux sociaux. 

Pour ces Françaises, choisir les réseaux sociaux pour trouver des donneurs est un moyen pour contourner les délais et les difficultés inhérents aux parcours médicaux qui est, lui, légal. Laurie*, 32 ans, a accepté de témoigner.

"Il faut être assez ouvert d'esprit"

Laurie veut avoir un enfant seule. Elle explique être engagée actuellement dans un parcours PMA (procréation médicalement assistée) depuis trois ans. "Au début, on est à fond dedans et on ne se rend pas compte. Au bout d'un an ou deux ans, psychologiquement, l'attente est très très longue", nous confie-t-elle. 

À écouter aussi

C'est alors qu'elle s'intéresse aux groupes Facebook de dons de sperme sauvages. Depuis 2023, elle engage la conversation avec quelques donneurs, qui tourne souvent autour de leurs origines, mais surtout de la "méthode". Il y a la technique "artisanale", comprenez celle des pipettes. Et la "naturelle", qui implique donc un rapport sexuel.

La trentenaire appréciant la simplicité du dialogue, elle reconnaît tout de même que cela n'est pas sans risques. "Il faut être assez ouvert d'esprit à ce moment-là", admet-elle. "C'est illégal, mais en même temps, il n'y a pas officiellement de preuves non plus, tout simplement." 

Laurie précise qu'elle n'est pas allée au bout de ses démarches sur Facebook. Elle compte tenter une troisième insémination légale au printemps prochain, trois ans après le début de son parcours.

Un "Tinder" pour tomber enceinte

S'il n'y a pas de chiffres officiels, le plus gros groupe Facebook que RTL a trouvé compte plus de 6.000 membres. RTL a contacté Philippe, l'administrateur de l'une de ces pages. L'Allemand a créé une application pour mettre en relation donneurs et receveuses. Selon lui, la France est le second pays qui utilise le plus ce "site de rencontre". 

Sur les 30 derniers jours, on a compté 230 utilisateurs fréquents en France, selon ses chiffres. Ce sont beaucoup de couples de femmes et des femmes seules. Pour elles, la démarche leur semble plus simple. Et tant pis si cette pratique est illégale en France. 

"C'est simplement une plateforme pour tomber enceinte. Sur les sites de rencontres comme Tinder, c'est pareil, on s'inscrit parfois pour faire des bébés. Là, on offre le même service", défend Philippe.

Une pratique non sans risques

Marine Jeantet, directrice générale de l'agence de biomédecine, déconseille vivement cette démarche. "On voit des femmes qui sont dans une situation de détresse. Ça peut être très dangereux pour les femmes concernées. Non seulement il n'y a pas de vérification de la qualité du sperme et il y a parfois des viols", regrette-t-elle. 

Par ailleurs, l'incertitude règne concernant la signature d'un consentement qui garantisse que les donneurs ne reconnaissent pas une paternité dans les années à venir.

Selon les derniers chiffres disponibles datant de 2024, 10.600 femmes étaient en attente d'une PMA en France pour seulement 1.079 donneurs recensés.

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