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Un Rafale Marine prêt à être catapulté depuis le porte-avions Charles de Gaulle, en février 2026.
Crédit : Emilie Baujard / RTL
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"J'ai donné l'ordre au porte-avions Charles de Gaulle de faire route vers la Méditerranée". Dans son allocution du 3 mars dernier, le président de la République a officialisé le déploiement du porte-avions Charles de Gaulle et la mobilisation de ses moyens aériens (il transporte à son bord 20 avions de combat Rafale ainsi que deux avions radar Hawkeye) et de son escorte de frégates afin d'intervenir en Méditerranée alors que la guerre en Iran initiée par les États-Unis et Israël s'intensifie.
Selon la ministre des Armées, Catherine Vautrin, le fleuron de la marine française arrivera à destination samedi 7 mars après avoir quitté en début de semaine le nord de l'Europe. Le bâtiment était dernièrement en escale à Malmö (Suède) dans le cadre d'une mission de l'Otan destinée à renforcer la sécurité de l'Arctique mais aussi à apaiser les États-Unis sur le Groënland.
Sur RTL, Catherine Vautrin martelait le 5 mars que la France se trouve "dans une position de protection", "une position défensive". À Paris, les autorités se gardent d’ailleurs de parler d’un quelconque engagement de la France dans la guerre, préférant insister sur une posture de défense et de protection du territoire et des intérêts nationaux. Quelle sera donc la mission du Charles de Gaulle et de son groupe aéronaval, spécialisé dans la lutte anti-sous-marine et anti-aérienne, capable de frapper aussi bien en mer qu’au sol grâce à ses avions d’assaut ?
À la veille de l'arrivée du Charles de Gaulle sur zone, l'amiral Jacques Mallard, qui commandait le porte-avions et l'ensemble de son groupe aéronaval jusqu'à l'an dernier, explique sur RTL que tout "va dépendre évidemment de la situation internationale". Invité au micro de Céline Landreau ce vendredi 6 mars, celui qui a passé trois ans à bord du Charles de Gaulle rappelle que "ce qui est peut-être plus probable", c'est de voir le bâtiment déployé "en Méditerranée orientale", plus précisément sur "toute la partie qui est entre la Turquie et l'Égypte, avec Chypre en plein milieu".
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À Chypre, la France a d'ailleurs envoyé la frégate multimissions Languedoc et des moyens anti-aériens après l'attaque d'une base britannique par des drones tirés du Liban, "très probablement" par le Hezbollah, allié historique de l'Iran. "Le porte-avions Charles de Gaulle y a déjà été déployé à plusieurs reprises, en particulier pour mener des opérations au-dessus de la Syrie ou au-dessus de l'Irak", explique le spécialiste.
Pour illustrer la position de la France qui, le chef de l'État l'a encore répété mercredi, "ne fait pas la guerre et ne compte pas s'engager directement dans ce conflit", on présente souvent le Charles de Gaulle comme "40.000 tonnes de diplomatie ambulante". "Ça fait partie de ses caractéristiques, confirme l'amiral, cela nous permet de comprendre la variété des effets que peut produire un groupe aéronaval".
"Ça va de la dissuasion, avec des missions de bombardement ou des missions de soutien à des appuis au sol, à la protection du trafic maritime ou d'autres opérations qui ont lieu à côté des côtes, détaille l'amiral Mallard. Et puis ça peut être simplement la surveillance, voire juste le déploiement dissuasif : le fait d'avoir au large d'un pays, ami ou compétiteur, un porte-avions, ça donne un message".
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Combien de temps le Charles de Gaulle pourra-t-il ainsi rester en Méditerranée ? "L'autonomie d'un bateau, grosso modo, c'est entre 40 et 50 jours de vivres en permanence, explique le spécialiste, il faut changer ses stocks assez régulièrement. Mais pour le porte-avions, le plus critique, c'est le carburéacteur, le carburant pour les avions : une dizaine de jours d'autonomie pour des opérations assez soutenues".
"Ce qui fait qu'à peu près entre 5 et 8 jours, il y a ce qu'on appelle un ravitaillement à la mer, qui permet de rajouter du carburant pour les avions et de récupérer des vivres fraîches, poursuit-il. Pour ma part, personnellement, le record absolu était 70 jours d'opération entre deux escales. Je pense qu'on n'en est pas encore là, mais ça reste dans le domaine du possible".
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