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Mediator : dix ans après la révélation du scandale, le jugement va être rendu

ÉCLAIRAGE - Le tribunal de Paris rend lundi son jugement dans le procès du scandale sanitaire du Mediator.

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C'est à suivre du 28 mars 2021 Crédit Image : Fred TANNEAU / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Cindy Hubert Journaliste RTL

C'est ce lundi 29 mars à 10h que sera rendu le jugement dans le procès du Mediator. L'an dernier, le procès avait duré plus de 9 mois. Ce médicament, le Mediator, est à l'origine du plus grand scandale sanitaire en France depuis l'affaire du sang contaminé. Présenté comme un adjuvant au traitement du diabète, il a été largement détourné comme coupe-faim, et il a déclenché de graves problèmes cardiaques chez des milliers de patients, plusieurs centaines n'ont pas survécu.

Il y a deux dates à retenir dans ce dossier : 1976 le Mediator débarque dans les pharmacies et 2009, il est retiré du marché. Mais entre ces deux dates, il y a eu de nombreuses alertes. Dès l'année 1999, tous les signaux sont au rouge : 11 cas d'hypertension artérielle pulmonaire, une maladie terrible, les patients se noient dans leur propre sang, puis un premier cas de valvulopathie. Mais l'Agence du médicament fait la sourde oreille, pendant longtemps, "le doute profite au laboratoire". 

Servier, laboratoire qui commercialisait le médicament, était-il au courant des dangers de la molécule ? Le médecin Aquilino Morelle est venu témoigner à la barre. C'est lui qui a coordonné un rapport d'inspection accablant. Il raconte cet épisode qui remonte au tout début des années 1970. Lors d'un colloque organisé aux Bahamas, Servier présente une étude où des rats ont fini quasi mourants au bout d'un mois de traitement. 

6.700 parties civiles

Lundi, le tribunal va devoir répondre à cette question centrale : pourquoi et comment ce médicament médiocre sur un plan thérapeutique et dangereux a-t-il pu rester sur le marché pendant 33 ans ? Jacques Servier étant mort, aujourd'hui on l'a compris le principal prévenu ce sont donc ses laboratoires en tant que personne morale. Ces derniers risquent de très lourdes amendes. Le procureur a réclamé le maximum encouru, ce qui fait un total de plus de dix millions d'euros à payer pour le groupe Servier. Son ancien numéro deux, Jean-Philippe Seta risque, lui, de partir en prison.

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Le seul prévenu à ne pas demander la relaxe, et à avoir admis une part de "responsabilité", c'est l'Agence du médicament, qui a failli dans son rôle "d'expert et de gendarme" pour le parquet, qui demande 200.000 euros d'amende. 

Les victimes seront nombreuses lundi. Les parties civiles sont désormais 6.700 : des malades, mais aussi la Sécurité sociale qui s'estime victime d'escroquerie. Toutes espèrent demain un "jugement exemplaire" et des indemnisations à la hauteur : un milliard d'euros réclamé. 

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