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Municipales, présidentielle 2027, tensions diplomatiques : ce qu’il faut retenir de la première prise de parole de Marine Le Pen depuis le procès en appel du RN

Pour sa première prise de parole depuis le procès en appel de son parti, la cheffe de file du parti d’extrême droite a multiplié les attaques contre le chef de l’État, rejeté tout désistement aux municipales et évoqué sa situation judiciaire en vue des présidentielles 2027 rejetant le "rôle tutelle" de Jordan Bardella.

Marine Le Pen, à l'Assemblée nationale, le 30 octobre 2025

Crédit : Anne-Christine POUJOULAT / AFP

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Invitée sur le plateau de BFMTV ce mercredi 25 février, Marine Le Pen s’est exprimée sur plusieurs sujets d’actualité, entre tensions diplomatiques, stratégie électorale et avenir présidentiel. Une intervention très attendue, quelques jours après le procès en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens du RN.

Marine Le Pen est revenue sur la passe d’armes entre Emmanuel Macron et la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, après l’homicide du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque.

La cheffe des députés RN a estimé que la réaction du président français était "disproportionnée" et "brutale". Elle a présenté les propos de Giorgia Meloni, qui avait qualifié la mort du militant de "blessure pour l’Europe entière", comme un simple "élan d’empathie".

En réponse, Emmanuel Macron avait appelé à "arrêter de commenter ce qui se passe chez les autres", ajoutant : "Que chacun reste chez soi et les moutons seront bien gardés." 

Municipales : aucun retrait face à LFI

Sur le terrain électoral, Marine Le Pen a fermé la porte à toute stratégie de désistement pour faire barrage à La France insoumise lors des prochaines municipales.

Interrogée sur la proposition de la ministre Aurore Bergé, qui avait suggéré au RN de retirer ses listes dans les villes "où LFI peut gagner", la dirigeante d’extrême droite a opposé une fin de non-recevoir. "Il n’est pas question de retirer des candidats", a-t-elle martelé.

Selon elle, un retrait constituerait "la violation de la confiance que les électeurs ont mis en vous lorsqu’ils ont déposé un bulletin au premier tour". Elle a également invité la ministre à "garder ses bonnes idées pour son propre mouvement politique".

Plus tôt dans la journée, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon avait toutefois assuré qu’Aurore Bergé "n’appelait le RN à rien", prenant ses distances avec cette suggestion.

Bracelet électronique : "On ne peut pas faire campagne dans ces conditions"

Marine Le Pen a également évoqué sa situation judiciaire et ses conséquences potentielles sur la présidentielle de 2027. Condamnée en première instance à deux ans de port de bracelet électronique et cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate dans l’affaire des assistants parlementaires européens, elle connaîtra le 7 juillet la décision de la cour d’appel de Paris.

Si la peine était confirmée, la députée a affirmé qu’elle ne ferait pas campagne. "On ne peut pas faire campagne dans ces conditions", a-t-elle estimé, considérant qu’un tel dispositif serait « une autre manière de [l’]empêcher d’être candidate » en 2027.

"La décision de cette candidature ne dépend pas de moi", a-t-elle encore déclaré, affirmant qu’elle dépendrait "de trois magistrats qui décideront si oui ou non, les millions de Français qui veulent voter pour moi pourront le faire".

Le Pen écarte "un rôle de tutelle" sur Bardella si elle ne peut se présenter à la présidentielle

Dans l’hypothèse où elle serait empêchée de se présenter, Marine Le Pen a évoqué le rôle que pourrait jouer Jordan Bardella, actuel président du RN.
Elle a assuré qu’elle n’exercerait aucun "rôle de tutelle" sur lui, ni pendant la campagne ni en cas de victoire à l’Élysée. "Jordan Bardella n’a jamais été mis sous ma tutelle. Il ne le sera jamais. C’est un homme libre, convaincu", a-t-elle insisté.

Si celui-ci devait porter les couleurs du parti en 2027, "c’est lui qui déterminera à quel niveau il a besoin de ma présence, de mes conseils", a-t-elle précisé, ajoutant qu’elle n’intégrerait pas son gouvernement en cas d’élection. "Jordan se trouvera un Premier ministre, je n’ai aucun doute là-dessus", a-t-elle conclu.

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