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Loi Travail : pourquoi les chauffeurs routiers rejoignent les rangs de la mobilisation

REPLAY - La profession entame dans la nuit du 16 au 17 mai une grève reconductible, à l'appel des fédérations FO et CGT, contre le projet de loi El Khomri.

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Loi Travail : pourquoi les chauffeurs routiers rejoignent les rangs de la mobilisation Crédit Image : AFP / PASCAL PAVANI | Crédit Média : Christophe Ponzio | Durée : | Date : La page de l'émission
Christophe Ponzio
Christophe Ponzio et Loïc Farge

Dans le transport de marchandises aussi, la loi Travail suscite les inquiétudes. Dans les cabines des camions, les crispations portent sur ce qu'on appelle "l'inversion de la hiérarchie des normes". C'est une expression qu'on entend beaucoup dans la bouche des syndicats depuis le début de la contestation. Cette inversion dans le Code du travail consiste à donner désormais la primauté aux accords conclus dans les entreprises, plutôt que ceux conclus au sein de la branche professionnelle - autrement dit les conventions collectives-, généralement plus protectrices des salariés. Le but est de permettre aux entreprises d'avoir une plus grande marge de manœuvre sur le temps et les conditions de travail, ou la rémunération de ses employés.

Le point de friction, c'est sur ses effets sur le paiement des heures supplémentaires qui représentent une part importante du salaire d'un chauffeur. Aujourd'hui, la convention collective du transport routier impose une majoration de 25% minimum des heures supplémentaires. Voire de 50% à partir de la 43e heure travaillée dans la semaine.

Un garde-fou contre ce nouveau dumping social

Demain ce verrou sautera. Les entreprises pourront négocier un taux majoré de seulement 10%. Jérôme Vérité, secrétaire général de la Fédération CGT des Transports, déplore un manque à gagner conséquent. "Ce n'est pas un petit changement, c'est véritablement une contre-révolution sociale. Pour un conducteur qui est payé au taux de la convention collective 10 euros de l'heures et qui fait 200 heures par mois, c'est 1.300 euros en moins, donc c'est énorme", déclare-t-il.

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Même si une seule entreprise optait pour ce changement de règles, les routiers redoutent un effet domino dans un secteur où la concurrence est féroce. "Il est évident que la pression va être extrêmement forte pour que rapidement, dans beaucoup d'entreprises, on baisse cette rémunération à 10%. À partir du moment où certaines l'auront fait, nous aurons un dumping social franco-français (...), c'est une perspective que nous refusons", ajoute Jérôme Vérité.

Le gouvernement a bien prévu un garde-fou pour éviter ce nouveau dumping social. Pour baisser le taux du paiement des heures supplémentaires à 10%, les transporteurs devront décrocher un accord majoritaire des syndicats. On pourrait croire que, vu la contestation, ce n'est pas gagné. "Non", explique la CGT qui rappelle que le transport routier est composé surtout de petites entreprises, sans syndicat (du moins pour l'instant). La centrale est persuadée que les patrons feront pression pour qu'un salarié arrangeant soit syndiqué et signe sa copie.

Un "non-sujet" selon les patrons

Les patrons et les transporteurs disent comprendre la contestation. Mais pour eux, les inquiétudes ne sont pas fondées. "Ils ont absolument tort, c'est un non-sujet. Il n'y aura pas de réduction des heures supplémentaires des salariés dans les entreprises", assène Jean-Marc Pelazza, délégué régional de la Fédération nationale des Transports Routiers en Normandie. "Il n'y a pas une centrale syndicale et pas un salarié qui acceptera de voir ses heures supplémentaires réduites, parce qu'en plus on a une pénurie de chauffeurs routiers (...) par conséquent, il faut réduire les charges sur les entreprises mais pas les salaires", insiste-t-il.

Des arguments balayés par les syndicats CGT et FO qui annoncent barrages, blocages ou opérations escargots des chauffeurs routiers pour "conserver leurs acquis sociaux".

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2016-05-16 12:33:47
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