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Les dépenses contraintes des Français s'élèvent désormais à 1.059 euros par mois

Trois ans après la révolte des "gilets jaunes", les dépenses contraintes, principal motif de contestation, représentent 1.059 euros par mois.

Facture (illustration)
Facture (illustration)
Crédit : AFP / Archives, Jean-Philippe Ksiazek
Dépenses contraintes, le ferment des gilets jaunes
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Dépenses contraintes, le ferment des gilets jaunes
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Martial You - édité par Charlotte Diry

Il y a trois ans, les "gilets jaunes" faisaient leur première manifestation. Dans ce contexte, une étude CSA Les Furets révélée par RTL revient sur les dépenses contraintes des Français, qui avaient été à l'origine de la colère des "gilets jaunes".

Les dépenses contraintes représentent ces sommes qui sont prélevées tous les mois quoi qu'il arrive et qu'on ne peut pas vraiment diminuer comme le loyer ou le remboursement du crédit pour la maison, l'entretien de la voiture et le carburant, les abonnements téléphoniques ou internet,... 

Ils sont les thermomètres de la grogne de la France qui travaille et qui pourtant, qui ne parvient pas à joindre les deux bouts. Depuis un an maintenant, les dépenses contraintes représentent 1.059 euros par mois.
Toutefois, certaines dépenses pèsent plus que d'autres au sein des ménages. La maison, c'est 634 euros par mois, ce qui correspond à plus de la moitié de ces dépenses. C'est le principal patrimoine des français puisque 6 Français sur 10 sont propriétaires. Mais il coûte cher car on finit de rembourser son prêt aux alentours de 60 ans. On vit donc l'essentiel de sa vie active à crédit.

Des dépenses plus pesantes que d'autres

C'est là que se trouve le sentiment de déclassement le plus aigu, celui qui avait amené certains Français sur les ronds-points. L'idée que nos enfants vivraient sans doute moins bien que nous car le coût de l'immobilier a flambé de 153% en 20 ans sur tout le territoire. Dans les grandes villes, c'est près du double. On habite aujourd'hui moins bien ou moins grand que ses parents.

 
Depuis quelques semaines, le prix de l'essence a retrouvé le niveau de prix de 2018 au moment des "gilets jaunes". C'est frappant dans ce baromètre puisqu'en 6 mois, le budget carburant est passé de 94 euros par mois à 108 euros.


L'autre poste incompressible pour beaucoup de familles, ce sont les dépenses de téléphone et internet. Impossible d'échapper aujourd'hui à la digitalisation du monde. Si on veut rester connecté, il faut avoir un téléphone et une box voire la fibre et ces dépenses représentent 94 euros pour une famille avec deux enfants.

Et plus on est nombreux et plus on a de dépenses. Elles atteignent 1.487 euros pour un couple avec ses deux enfants. Le souci, c'est que les aides sociales et les salaires ne compensent pas les dépenses supplémentaires. Sans oublier qu'une famille sur quatre est monoparentale et donc beaucoup plus sensible aux hausses de prix.

Des dépenses contraintes vécues comme des injustices

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Ce genre de dépenses sont alors vécues comme des injustices pour certaines familles. Et ce, à juste titre. Car elles impactent beaucoup plus fortement les petits budgets. Ou plutôt les budgets modestes. Ceux qui travaillent ne bénéficient pas des minimas sociaux, ou des coups de pouce de l'État qui visent plutôt les salaires autour du SMIC.


Pour ces ménages-là, l'endettement pour acheter une maison est le même que les plus riches : 33% des revenus. Mais le reste à vivre est beaucoup moins élevé. Or, le coût de la vie, le prix de l'essence et l'abonnement internet sont les mêmes pour tous.

 
Finalement, la situation des "gilets jaunes" n'a pas changé en 3 ans, notamment sur le plan du budget familial. Pour bien comprendre, il faut décortiquer le monde des salaires en France. 10% des salaires sont inférieurs à 1.319 euros net par mois. C'est un petit mieux que le SMIC. Ils ont bénéficié des aides gouvernementales. 10% ont un salaire supérieur à 3.844 euros net par mois. Ils font partie de la France qui a pu mettre des économies de côté pendant la crise. C'est chez eux qu'on trouve les 150 milliards d'épargne supplémentaires accumulés pendant le confinement.


Entre les deux, 80% gagnent environ 2.000 euros. Ceux-là sont souvent passés au travers des coups de pouce et ont pris les hausses de la vie courante en pleine face. Pour ceux-là, les dépenses contraintes représentent entre un tiers et la moitié de leurs revenus. C'est là que peut se trouver la colère jaune des ronds-points. Pour eux, oui, la vie est plus chère.

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