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"Les athlètes préfèrent mentir sur qui ils sont" : Marie Patouillet, championne paralympique, raconte sur M6 son combat contre l'homophobie dans le sport

Double médaillée aux Jeux paralympiques de Paris 2024, la paracycliste Marie Patouillet a marqué les esprits en célébrant sa victoire par un baiser avec sa compagne. Une image devenue symbole, mais aussi point de départ d’un combat assumé contre l’homophobie et la lesbophobie dans le sport de haut niveau, qu’elle raconte dans le 20.10 ce dimanche 8 février.

La championne de paracyclisme Marie Patouillet, le 8 février 2026 sur M6

Crédit : M6

Marie Patouillet, championne paralympique : "C'est par l'activité physique que j'ai réussi à me découvrir"

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INÉDIT - Marie Patouillet, championne paralympique, raconte son combat contre l'homophobie dans le sport : "Les athlètes préfèrent mentir sur qui ils sont"

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Anne-Sophie Lapix

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Un an et demi après les Jeux paralympiques de Paris, la paracycliste Marie Patouillet avait conclu sa victoire par un baiser avec sa compagne : une image qui continue de susciter des réactions. "Aujourd’hui, on m’arrête encore pour ce baiser", a-t-elle confié. Un geste intime, devenu public malgré elle, et surtout politique. 

"C’est une représentation. Un baiser lesbien, une forme d’amour", a insisté la championne paralympique. Pour elle, la visibilité est une condition essentielle du combat contre les discriminations : "Si on n'a pas de représentation, on ne peut pas faire exister le problème."

Si l’image a suscité une vague de messages positifs, l’athlète a aussi évoqué l’envers du décor. "On a reçu beaucoup d’amour, de témoignages et de remerciements", a-t-elle raconté, mais "il y a aussi tout le côté lesbophobe qui existe". Marie Patouillet a exprimé sa déception face à certaines instances influentes du sport français. Dans les hautes sphères, on lui aurait fait comprendre que "ce n’était pas le moment" et que cela "devait rester de l’intime". Une injonction au silence qu’elle a dénoncée frontalement.

Blagues, remarques, harcèlement : un climat banalisé

Durant ses années de préparation, la cycliste handisport a été confrontée à des propos déplacés, souvent déguisés en humour. "Le sport de haut niveau baigne encore beaucoup là-dedans, dans des blagues", a-t-elle expliqué.

Elle a notamment raconté une scène en réunion d’équipe de France, où une remarque sexuelle à son sujet provoque des rires. "On discutait des critères de sélection", lorsque quelqu’un a lancé, sur le ton de l’humour, que pour être sélectionné, "il fallait qu’un athlète se tape Patouillet", alors qu'elle était présente. Sur le moment, elle ne dit rien. "Tout le monde rit", et la pression est immédiate : "Est-ce que je vais encore passer pour la 'lâcheuse de service' ?"

Face à ces situations, se taire devient parfois un réflexe de protection. "Il faut avoir les épaules larges pour affronter le regard des autres", a confié Marie Patouillet. Pour prendre la parole, "il faut avoir les épaules assez larges" et c’est risquer de "gâcher ce moment de rire" et de devoir ensuite se justifier seule. Un mécanisme qui, selon elle, explique en partie pourquoi si peu d’athlètes osent s’affirmer publiquement. "Les athlètes préfèrent mentir sur qui ils sont plutôt que d’affronter la violence qu’il y a autour de ces sujets-là", a-t-elle résumé. 

Un tabou toujours intact dans le sport de haut niveau

Pour la championne paralympique, l’absence d’athlètes masculins homosexuels déclarés en dit long sur l’état du sport français. Elle y a vu le signe d’un manque criant de sécurité pour être soi-même. "Ça en dit long sur la notion de safe place, c'est-à-dire à quel point on sent en sécurité de pouvoir être qui on est réellement", a-t-elle analysé, évoquant "beaucoup de préjugés" et "beaucoup de jugements" encore à l’œuvre.

La représentation c'est le début pour moi du combat pour l'inclusion et de la lutte contre les discriminations.

Marie Patouillet

Consciente des conséquences possibles, Marie Patouillet a pourtant assumé sa prise de parole. Être visible, aimer librement, s’exposer : autant de choix qui participent, selon elle, à faire évoluer les mentalités. À travers ce baiser, elle espère laisser une trace. Non pas comme un geste provocateur, mais comme une image simple et puissante. "Le début du combat pour l’inclusion", l'a-t-elle qualifié. Un combat désormais impossible à ignorer.

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