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Le "tchip" interdit dans certains collèges et lycées

Ce petit bruit de bouche symbolisant le mépris, très populaire chez les adolescents, agace les professeurs.

Une classe de collège (illustration)
Une classe de collège (illustration) Crédit : DAMIEN MEYER / AFP
Julie Coste
Journaliste

Il est désormais interdit de "tchiper" dans certains collèges et lycées. C'est ce que révèle Le Parisien (article payant) ce mardi 2 juin. Le "tchip", qu'est-ce-que c'est ? Il s'agit d'un petit bruit de bouche marquant la désapprobation ou le mépris, très répandu en Afrique, aux Antilles et dans les Caraïbes. 

Les non initiés ont découvert le tchip grâce à Christiane Taubira. La ministre de la Justice avait marqué ainsi son "concentré de dédain" vis-à-vis des insultes racistes dont elle est la cible dans une interview sur iTélé en février dernier

Injurieux

Mais ce "tstt-tstt" n'est pas du goût de tous, notamment chez les chefs d'établissements. Car le tchip peut aussi être considéré comme très insultant. "Ça veut dire n... ta mère", explique ainsi un collégien parisien au journal. Pour un autre, "C'est comme ta g...". Un troisième jeune précise : "Quand le prof m'envoie dans le bureau du proviseur je dis : 'Tchip'". 

Des codes culturels inappropriés au monde scolaire et au monde de l'entreprise.

Éric Bongo, proviseur adjoint à Évry
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D'ailleurs, le proviseur adjoint du lycée des métiers Charles Baudelaire d'Évry (Essonne) ne s'y est pas trompé. "J'ai grandi en Afrique, explique Éric Bongo, Béninois d'origine au Parisien et, quand j'étais petit, j'avais interdiction formelle de tchiper les autres. C'est extrêmement vulgaire. J'ai expliqué ça à mes collègues, et maintenant le tchip est interdit au lycée, comme toute insulte, car c'est une insulte. Ça a surpris les élèves". 

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Mais ce responsable juge indispensable de l'interdire. Et d'expliquer : dans son lycée, où "80 % des élèves, dans certaines classes, sont noirs, il faut qu'ils se débarrassent de certains codes culturels qui sont inappropriés au monde scolaire et au monde de l'entreprise". 

Les adolescents divisés

La décision de cet établissement a fait des émules. "À la rentrée prochaine, c'est un collège d'Évry qui va suivre l'exemple du lycée", précise le quotidien. 

Je trouve ça bien, les lycées qui l'interdisent

Alyssia, lycéenne
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Il faut dire que le tchip est très populaire dans les classes du secondaire. "Au collège, j'ai eu deux ou trois rapports ; depuis, je me contrôle davantage", confie au Parisien ainsi Mamadou, 18 ans, en terminale dans un lycée professionnel de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Dans la classe d'Alyssia, en première, "il y a eu au moins dix exclusions pour tchip" depuis le début de l'année en cours d'histoire. "Franchement, c'est agaçant. Tout le monde le fait... Je trouve ça bien, les lycées qui l'interdisent", estime la jeune fille. 

D'autres jeunes filles interrogées par le journal, "tchipeuses-nées", regrettent l'interdiction du fameux petit bruit. "À la maison, les jeunes filles dont les parents sont nés au Mali, au Congo ou en Guadeloupe sont souvent gratifiées par leur mère d'un tchip recadrant", explique le Parisien. Mais les ados connaissent les limites : "On tchipe pas les grandes personnes, et surtout pas les parents, c'est irrespectueux", assurent-elles. 

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Le "tchip", qu'est-ce que c'est ? ("Karambolage" - Arte)
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