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Le diagnostic des surdoués, un véritable business ?

VU DANS LA PRESSE - Sommes-nous tous surdoués ? Ou persuadés de l'être ? Cette semaine, l'Express décortique le business autour des enfants dits à "haut potentiel intellectuel".

Le diagnostic des surdoués, un véritable business ?
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Crédit : FRED DUFOUR / AFP
Le diagnostic des surdoués, un véritable business ?
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Isabelle Choquet - édité par Coline Daclin

Savez-vous combien il y a de surdoués en France, des gens avec un quotient intellectuel supérieur à 130 ? Ils représentent 2,3% de la population, soit vraiment pas grand chose. Pourtant, les consultations, les livres, les coachings pour gros cerveaux se multiplient, comme on peut le lire dans l'Express.

Prenez Kevin... Il a répondu à un questionnaire sur internet, et il a découvert qu'il était "zèbre", c'est comme cela qu'on appelle les surdoués aujourd'hui. Il échange sur l'un des 70 groupes Facebook consacrés au sujet, qui compte plus de 9.000 membres. Il se demande si sa fille ne serait pas aussi un zèbre. Pourquoi ? Parce qu'elle lui a parlé de la mort, et du fait qu'elle avait sans doute été un écureuil dans une autre vie. Eh oui, tous surdoués, tous convaincus de l'être... 

"Actuellement, dit un psy pour enfant, il y a quasiment 70 % des gamins pour lesquels, en consultation, est évoquée l’hypothèse du HPI [haut potentiel intellectuel], y compris chez ceux qui sont déficients." Une tendance qui est née, en partie, avec un livre : Trop intelligent pour être heureux ? de Jeanne Siaud-Facchin. 240.000 exemplaires vendus. La psychologue explique notamment que le surdoué se caractérise par "une sensibilité, une émotivité, une réceptivité affective". Des traits de personnalité assez vague pour que tout le monde s'y retrouve. 

"Je savais qu’il y avait de l’argent à se faire"

TF1 surfe sur la vague : la série HPI avec Audrey Fleurot tutoie les 10 millions de téléspectateurs. De plus en plus de psy se spécialisent : sur Doctolib, 16 % proposent désormais des tests de QI. Entre 200 et 600 euros le test, c'est un bon filon. D'ailleurs certains ne s'en cachent pas : "Je me suis lancée là-dedans parce que je savais qu’il y avait de l’argent à se faire", dit Michelle, dans L'Express. Depuis le deuxième confinement, la fréquentation de son cabinet a explosé. "Les gens se posent plus de questions sur eux-mêmes. Parfois, il m’arrive de faire quatre tests par semaine, le double de ce que je faisais avant !"

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Jeanne Siaud-Facchin, elle, a fondé en 2003 les centres Cogito’z, des structures spécialisées dans le HPI. Elles proposent une formation de trois jours à 690 euros pour accompagner les surdoués. Un ancien patient en garde un mauvais souvenir : des rendez-vous très étalés, et pour l'entretien final, une simple lecture des résultats de tests. Il a consulté deux autres psychologues, qui ont trouvé le compte rendu très "générique", et qui lui ont appris qu'en fait il est en fait autiste. Une ancienne psy de Cogito'z confirme: "Ma responsable écrivait à ma place. Il y avait des phrases copiées-collées."

Des propositions douteuses et onéreuses sur le net

Sur le net, c'est carrément la grande foire au n'importe quoi. On voit fleurir les coachs spécialisés, évidemment sans le moindre diplôme, qui propose des tests ou une "détection de douance" en ligne, à 296 euros... Mais une psy le rappelle : "En dehors de la curiosité, il n’y a pas d’éléments de personnalité typique chez le HPI."

Allez dire ça à Raymonde Hazan, psychanalyste autoproclamée surdouée qui donne des conseils sur sa chaîne YouTube, suivie par plus de 22.000 personnes. Des trucs du genre : "La seule chose avec laquelle vous pouvez ouvrir toutes les portes en tant que surdoué, c’est la clef du cœur." Elle propose une détection du haut potentiel par téléphone (120 euros les quarante-cinq minutes), ou une heure et demie de vidéos pour "bien vivre sa surdouance" à 349 euros. Et évidemment, elle rejette les tests de QI, "conçus par des gens qui ne connaissent rien", ceux qu'elle appelle "les normo-pensants". 

Les sectes ne sont pas très loin. Comme l'organisation Ashram Shambala, proche du mouvement des “enfants indigo”. Dans ce mouvement, certains gamins considérés comme supérieurs devaient être éduqués en vue de développer leur haut potentiel. Vous imaginez la suite... Bref, dans le petit monde de la surintelligence, il y a surtout beaucoup d'attrape-nigauds. 

Le business des surdoués, enquête à lire dans l'Express qui sort ce jeudi.

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