2 min de lecture Société

La surveillance et la lutte contre les phénomènes sectaires changent de visage

La Miviludes, organisme en charge de la lutte contre les dérives sectaires, a officiellement changé de forme ce mercredi 15 juillet.

La Miviludes, en charge des questions sectaires, va être rattachée au ministère de l'Intérieur.
La Miviludes, en charge des questions sectaires, va être rattachée au ministère de l'Intérieur. Crédit : Ludovic Marin / AFP
Victor
Victor Goury-Laffont Journaliste

Le changement de statut était connu depuis fin 2019, il est rentré en vigueur le 15 juillet 2020. Un décret présenté en Conseil des ministres a acté le rattachement de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) au ministère de l'Intérieur. Depuis sa création, en 2002, l'organisme était installé à Matignon, et dépendait du Premier ministre.

La lutte contre les phénomènes sectaires en sort-elle modifiée ? Ce décret pris le 15 juillet n'altère pas les prérogatives de la Miviludes. Elle reste, pour l'heure, en charge de l'observation et de l'analyse des dérives sectaires, d'informer sur les risques qu'elles posent, ou encore de "la coordination de l'action préventive et répressive des pouvoirs publics à l'encontre de ces agissements."

Son organisation, elle, est quelque peu bouleversée. La mission est désormais placée sous l'autorité du Secrétaire général du comité interministériel de la prévention de la délinquance et de la radicalisation (SG-CIPDR). Un choix opéré avec l'ambition d'un "partage de compétences entre la Miviludes et le SG-CIPDR" s'agissant notamment des questions de radicalité et d'emprise morale des individus. 

Dès lors, la gestion des enjeux sectaires en France est désormais sous la responsabilité du ministère de l'intérieur. Si la mission continuera à exister elle n'aura plus de président ou de secrétariat général propre, et sera dirigée par le secrétaire générale du SG-CIPDR. Elle perd aussi son comité exécutif, qui réunissait des représentants de différents ministères, ce qui permettait à la Miviludes d'intervenir dans une multitude de domaines.

Pourquoi changer une équipe qui gagne ?

Charline Delporte, présidente du Centre national d'accompagnement familial face à l'emprise sectaire (CAFFES)
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Un coup dur porté à la lutte contre les dérives sectaires ? C'est ce que craint Charline Delporte, présidente du Centre national d'accompagnement familial face à l'emprise sectaire (Caffes), qui exprime sa "colère" vis à vis d'un décret passé selon elle "dans la précipitation". "Ils ne montrent aucun respect envers les familles de victimes et les personnes sortantes de sectes", déplore-t-elle.

Pour la présidente du Caffes, détacher la Miviludes de Matignon menace son influence. "Avec Matignon, la lutte contre le phénomène sectaire avait une belle carte, ça permettait une collaboration avec tous les services de l'État", explique-t-elle, notant que la présence de la Miviludes auprès du Premier ministre offrait aux associations un pouvoir supplémentaire dans leur lutte contre le sectarisme. "Les délégués de la Miviludes bossaient très bien, pourquoi donc changer une équipe qui gagne ?"

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