2 min de lecture

La rafle du Vél d'Hiv redevient "un objet politique"

REPLAY - INVITÉS RTL - Les historiens Annette Wieviorka et Benjamin Stora reviennent sur la polémique provoquée par Marine Le Pen, qui estime "que la France n'est pas responsable de la rafle du Vél d'Hiv".

Yves Calvi 6 minutes pour trancher Yves Calvi
>
La rafle du Vél d'Hiv redevient "un objet politique" Crédit Image : Lionel BONAVENTURE / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
La page de l'émission
Yves Calvi
Yves Calvi et Léa Stassinet

"Je pense que la France n'est pas responsable de la rafle du Vél d'Hiv". Les propos de Marine Le Pen, tenus sur RTL dimanche 9 avril ont provoqué un tollé. "D’aucuns avaient oublié que Marine Le Pen est la fille de Jean-Marie Le Pen", a réagi Emmanuel Macron, quand Jean Lassalle a déclaré que ces propos le faisaient "vomir". L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) a de son côté dénoncé des "propos révisionnistes" : "La rafle du Vél d’Hiv est un événement marquant de l’antisémitismed’État du régime de Vichy. En réécrivant l’Histoire, Marine Le Pen salit la mémoire des Français juifs déportés en raison de la politique antisémite et collaborationniste de l'État français'". Pour Jean-Luc Mélenchon, cette polémique "est inutile". "La République française n'est pas coupable mais la France l'est", a-t-il déclaré sur RTL.

Pour comprendre, "il faut rappeler l'histoire très brièvement", explique l'historienne Annette Wieviorka. "La solution finale est décidée par les nazis, des négociations ont lieu entre l'État français et les nazis, et la décision est prise de mettre la police française à la disposition des nazis pour la déportation des juifs". Annette Wieviorka pensait qu'il existait "un consensus, qui était de dire que l'État français avait secondé les nazis dans la déportation et que de ce fait, il y avait eu une faute. Et puis brusquement, cet objet redevient un objet politique et on entend tout et n'importe quoi", déplore l'historienne. 

Pour Benjamin Stora, lui aussi historien, "il est incontestable que la République était à Londres et l'État français à Vichy. Il est évident que le régime de Vichy était un anti-modèle de République. Mais la grande question est celle d'une demande de repentance de la France par rapport à ce qu'il s'est passé", poursuit-il. "Je suis désolée mais il n'y a aucune demande de quelconque repentance par rapport à ce qui s'est passé", répond Annette Wieviorka. "La question a été réglée symboliquement par le discours de Jacques Chirac en 1995 et matériellement par la réouverture de ce grand dossier qui a été celui de la spoliation des juifs de France, dont les travaux de la mission Mattéoli, rendus à Lionel Jospin en 2000. Les juifs de France ne demandent rien, ils considèrent que les comptes ont été apurés". 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7788067239
La rafle du Vél d'Hiv redevient "un objet politique"
La rafle du Vél d'Hiv redevient "un objet politique"
REPLAY - INVITÉS RTL - Les historiens Annette Wieviorka et Benjamin Stora reviennent sur la polémique provoquée par Marine Le Pen, qui estime "que la France n'est pas responsable de la rafle du Vél d'Hiv".
https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/la-rafle-du-vel-d-hiv-redevient-un-objet-politique-7788067239
2017-04-11 10:35:31
https://cdn-media.rtl.fr/cache/RBy3SkatZDpyARIn0fTimA/330v220-2/online/image/2017/0404/7787956134_marine-le-pen.jpg