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La forêt française est-elle en danger de mort ?

INVITÉ RTL - Un petit champignon, la chalarose, contamine les frênes et les fragilise. Alain Barraton, jardinier en chef du château de Versailles, tire la sonnette d'alarme.

Une forêt (illustration)
Une forêt (illustration)
Crédit : PASCAL POCHARD CASABIANCA / AFP
La forêt française est-elle en danger de mort ?
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Yves Calvi
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Jeudi 15 septembre, cinq forêts domaniales des Hauts-de-France (Boulogne, Desvres, Hardelot, Vimy et Nieppe) seront fermées au public. En cause : la menace qui pèse sur les frênes, attaqués par le champignon de la chalarose. Cette fermeture, qui durera jusqu'en juillet 2017, vise à prévenir tout risque d'accident dans l'attente de la sécurisation par les équipes de l'Office national des forêts (ONF) des 350 kilomètres d'itinéraires de randonnées de ces forêts.

"Il y a de quoi s'inquiéter, car le frêne n'est pas la seule essence sujette à quantité de problèmes", prévient Alain Barraton, le jardinier en chef du château de Versailles. Il cite la bactérie tueuse des oliviers, la paillon qui fait des ravages dans les palmeraies ou encore les buis menacés de disparition dans nombre de jardins historiques. Selon lui, il y a "un problème lié à la gestion des forêts, et surtout à la production des jeunes plants". Si autrefois les forêts étaient régénérées naturellement, "aujourd'hui les jeunes plants sont produits en pépinières et à coup d'engrais".

La main de l'homme est bien sûr responsable de ce qui arrive

Alain Barratonn, jardinier en chef du château de Versailles

Alain Barraton met l'accent sur le point commun de diffusion de la maladie : les champignons. Se pose la difficulté de traitement des arbres. "Comment voulez-vous traiter efficacement un végétal de 45 mètres de hauteur ? Et le couvrir de fongicides sous-entendrait qu'il faudrait aussi mettre du produit par en-dessous", fait-il remarquer. "Autant les forêts qui appartiennent à l'État auraient les moyens d'intervenir, mais pour ce qui est des propriétaires privés il en va autrement", poursuit-il. Il met en avant le travail titanesque que représenterait le ramassage des feuilles en hiver.

Autre problème : en automne, les arbres se placent en dormance. "Durant six mois, il n'est donc plus possible de le traiter, car il ne réagit pas et ne serait pas capable d'ingérer le produit", précise Alain Barraton. "Lorsqu'on décide de trop intervenir dans la nature, lorsqu'on fait des coupes à blanc, lorsqu'on ne tient pas compte du réchauffement climatique, lorsqu'on massacre autant les végétaux qu'aujourd'hui, la main de l'homme est bien sûr responsable de ce qui arrive", accuse-t-il.

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