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La chloroquine contre les accidents de trottinettes ? Une revue scientifique piégée

Une étude, publiée par "l'Asian Journal of Medicine and Health", liait hydroxychloroquine et baisse des accidents en trottinette. La revue s'est finalement rétractée une trentaine d'heures plus tard.

Hydroxychloroquine (illustration)
Hydroxychloroquine (illustration) Crédit : GEORGE FREY / AFP
louis
Louis Chahuneau Journaliste

C'est un canular qui en dit long sur l'opacité de certaines revues scientifiques. L'Asian Journal of Medicine and Health a été piégée par un groupe de quatre Français qui lui ont proposé une étude sur la baisse du nombre d'accidents en trottinette grâce à l'hydroxychloroquine.

Malgré son contenu ouvertement risible, l'étude a été publiée par la revue avant d'être retirée une trentaine d'heures plus tard, comme l'explique France Info. Dès le début de l'enquête, la présentation de l'équipe de recherche fait pourtant sourire : "Didier Lembrouille", "Sylvano Trotinetta", ou "Nemo Macron" sont ainsi en poste à "l'Institut de la Science à l'Arrache" ou à "l'Université de "Melon".

Si l'on parcourt la traduction française disponible sur le portail scientifique Researchgate, on peut ainsi lire : "Nous n'avons pas classé les accidents par type, date ou quoi que ce soit d'autre, principalement par paresse". Ou encore "Cette étude a été financée par le collectif 'Laissons les Vendeurs de Trotinette Prescrire', l'Assemblée nationale, et le Fonds de Pension des Vendeurs de Trotinettes Indépendants".

Débusquer une potentielle revue prédatrice

Certains passages jouent davantage sur l'ironie et critiquent la partialité de certaines études qui choisissent uniquement les données allant dans leur sens : "Suivant la règle méthodologique selon laquelle plus un échantillon est faible, plus son importance statistique est significative, nous avons décidé d'arrêter le recrutement dès qu'un effet significatif à 84% avait été détecté."

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Interrogé par France Info, Michaël Rochoy, médecin et coauteur du canular explique avoir voulu débusquer une potentielle revue prédatrice, c'est-à-dire qui offre peu ou pas de contrôle sur la qualité des articles tout en encaissant des frais de traitement payés par les auteurs, au moment de la publication. Les trois autres auteurs sont le doctorant en biochimie Mathieu Rebeaud, le médecin Valentin Ruggieri, et le philosophe Florian Cova.

Des revues scientifiques pas toujours sérieuses

"Nous n’étions pas certains que ce soit une revue prédatrice. L'objectif était donc de la tester. Avec cette publication, on tacle l'étude déjà parue mi-juillet sur l'hydroxychloroquine et on se marre en même temps", explique ce dernier, en référence à une étude faussée sur l'hydroxychloroquine publiée au mois de mai par l'endocrinologue Violaine Guérin et la députée Martine Wonner.

Ce n'est pas la première fois qu'une étude scientifique fait l'objet d'un canular et doit se rétracter. En 2018, l'ARC Journal of Pharmaceutical Sciences avait publié un article consacré aux "parasites intergalactiques et leur transmissibilité dans une simulation zygirionienne". Une référence à la série animée Rick et Morty. En 2017, le Cogent Social Sciences avait, pour sa part, publié une étude sur "Le pénis conceptuel en tant que construction sociale" malgré la grossièreté de la tentative. 

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