2 min de lecture Société

"L'indignation, c'est comme le dentifrice : vous ne pouvez pas la remettre dans son tube", avertit Guillemette Faure

BILLET - Les réseaux sociaux amplifient les polémiques et autres propos caricaturaux. Une prime à l'outrance qui indigne la journaliste.

debat On n'est pas forcément d'accord Yves Calvi & Les Signatures RTL
>
Guillemette Faure revient sur la campagne de Donald Trump Crédit Média : RTL.fr | Date :
La page de l'émission
Loïc Farge
Loïc Farge
Journaliste RTL

"Cela fait exactement un an et un jour que Donald Trump est entré en campagne pour la présidentielle américaine", note Guillemette Faure ce vendredi 17 juin. Elle rappelle que le candidat républicain a proposé d’interdire l’entrée de son pays aux musulmans. Il a laissé aussi laissé entendre que Barack Obama était né au Kenya et musulman. "Mais toutes ces énormités n'ont pas handicapé la campagne électorale de Donald Trump. Au contraire, elles lui ont assuré une couverture médiatique exceptionnelle. L’équivalent de deux milliards de dollars de publicité gratuite", constate-t-elle.

"Sortir régulièrement des énormités, ça vous assure une campagne publicitaire à pas cher. Grâce à quoi le milliardaire est des grands candidats à la présidentielle américaine celui qui a le moins dépensé d’argent pour sa campagne", note la journaliste, qui fait un parallèle avec le Royaume-Uni. "Quand Boris Johnson, l’ancien maire de Londres en campagne pour le Brexit, se scandalise que l’Europe ai limité la taille des cercueils, la presse dit que c’est faux, mais il s’en fiche tant qu’il a de l’attention", fait-elle remarquer. "On a ça chez nous, école Nadine Morano ou Jean-Luc Mélenchon. Je dérape donc j'existe. Sans les provocations de Robert Ménard, 95% des Français ne sauraient pas qui est le maire de Béziers. Robert qui ?", poursuit-elle.

Sortir régulièrement des énormités, ça vous assure une campagne publicitaire à pas cher

Guillemette Faure
Partager la citation

"Avec ces machines à se mettre en colère que deviennent les réseaux sociaux, on comprend que, des États-Unis à l’Europe, tous les politiques anti-establishment aient le vent en poupe", décrypte Guillemette Faure, pour qui l'outrance donne un avantage médiatique. "Autrefois, c’était réservé à un Le Pen d’utiliser le dérapage en instrument marketing. Aujourd'hui, ce sont Laurent Wauquiez et Nicolas Sarkozy qui assurent qu'ils ont tiré les leçons de l’ascension de Donald Trump", constate la journaliste.

"Mais on ne joue pas sans conséquences à souffler sur la colère, quand les réseaux sociaux et Internet servent de caisse de résonance aux propos les plus excessifs. Et c’est le problème : l’indignation, c’est comme le dentifrice, quand elle est sortie, vous ne pouvez pas la remettre dans son tube", conclut-elle.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Société Réseaux sociaux Polémique
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants