1. Accueil
  2. Actu
  3. Société
  4. INVITÉ RTL - Coronavirus : "Il faut accepter l'échec", dit l'ancien patron de l'ARS d'Île-de-France
3 min de lecture

INVITÉ RTL - Coronavirus : "Il faut accepter l'échec", dit l'ancien patron de l'ARS d'Île-de-France

L'ancien "préfet sanitaire" de la région Île-de-France, actuel directeur de cabinet d'Élisabeth Borne à Matignon, revient sur les coulisses de la gestion de la pandémie dans un livre "La blessure et le rebond - Dans la boîte noire de l'État face à la crise" dans lequel il défend l'action des hauts fonctionnaires devant les Français.

Aurélien Rousseau était l'invité de Yves Calvi
Aurélien Rousseau était l'invité de Yves Calvi
Crédit : RTL
Coronavirus : Aurélien Rousseau est l'invité d'Yves Calvi
00:07:39
Yves Calvi_
Yves Calvi

Haut fonctionnaires, ancien directeur de l’Agence régionale de santé d'Île-de-France, désormais directeur de cabinet de la Première ministre Elisabeth Borne à Matignon, Aurélien Rousseau publie La blessure et le rebond - Dans la boîte noire de l’État face à la crise aux éditions Odile Jacob. Un ouvrage à travers lequel il entend réhabiliter l'action de l'État et plus particulièrement des hauts-fonctionnaires, les invisibles du service public, lors de la pandémie, une crise jamais-vue en France.


"Souvent, on ne sait pas comment cela fonctionne et à partir de là, tous les fantasmes sont possibles. De l’interrogation intéressée au complotisme. Je me suis dit que ça ressemble à une boîte noire, donc ouvrons-la. Des choses qui peuvent paraître évidentes pour un haut fonctionnaire, c’est pas mal de les réexpliquer", confie-t-il au micro de RTL.

L'ancien patron de l'ARS revient sur l'expérience de la crise Covid vécue de l'intérieur et la crainte qui était la sienne que cela soit un jour sans fin. "C’était un peu le cas pour les Français et les soignants. On a toujours plus de 10.000 personnes en soin critiques avec le Covid. L’idée, c’était de montrer que toute cette souffrance vécue par les familles et les soignants et les fonctionnaires, on pouvait en tirer quelque chose de positif pour l’État et aussi pour démystifier certaines idées, notamment celles selon lesquelles les fonctionnaires ne réalisent pas assez vite. Des invisibles ont fait un boulot qui encore aujourd'hui me donnerait presque envie de pleurer d'émotion", explique-t-il.


Le haut fonctionnaire reconnaît aussi, même timidement, certaines erreurs effectuées durant la crise. La plus grosse ? Peut-être la position de l'État sur le masque au début de la pandémie, même si cette dernière doit être lue avec le contexte de l'époque, selon lui. "Je ne sais pas si c'est la plus grosse. C'est quelque chose que l'on relit avec deux ans de recul. Là aussi, c'est sans doute l'ancien prof d'histoire qui sommeille en moi qui court après les pêchés d'anachronisme, mais c'est vrai que sans doute à des moments, on a trop tard assumé une transparence complète sur les difficultés dans lesquelles on était, les interrogations relatives auxquelles on devait faire face et sans doute sur les masques, à dire que l'on priorisait sur les soignants qu'il fallait protéger avant tout", confie-t-il. 

À écouter aussi

Cela dit, Aurélien Rousseau estime qu'"il faut accepter l'échec" et que "la faute n'est  pas forcément pénale", alors que l'enquête menée sur la gestion de la crise sanitaire a donné lieu à des perquisitions aux domiciles et aux bureaux de plusieurs membres du gouvernement, comme l'ancien ministre de la Santé Olivier Véran ou l'ancien Premier ministre Édouard Philippe à l'automne 2020. 

"Quand Édouard Philippe ou même le président de la République, dans des conférences de presse, disent "Je ne sais pas, on verra, on reviendra vers vous quand on saura", il y a dans notre pays sans doute que l'État l'attente sache tout, qu'il soit le stratège. Mais à des moments, quand on est sans cesse percuter par des crises, au milieu des icebergs, il faut savoir naviguer à vue, regarder, changer, s'adapter. Et il faut accepter l'échec. Ce n'est pas forcément une faute. Et la faute n'est pas forcément pénale. Il y a en France sans doute une tentation de dire dès que l'on s'est trompé que ça mérite la condamnation. Si on ne laisse pas la place à l'échec, on ne laisse pas la place non plus à l'initiative des acteurs qui peuvent tenter des choses. Certaines fonctionnent, d'autres moins. Mais il faut essayer", explique-t-il.

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires