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La journaliste Clémence Badault sur RTL le 25 août 2026.
Crédit : RTL
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"Il n'y a pas eu d'interruption dans la pédocriminalité entre les années 70 et aujourd'hui". La journaliste Clémence Badault publie Stanislas, la loi du silence (éditions Michel Lafon), une enquête inédite sur la face cachée de l'un des établissements scolaires les plus prestigieux de France : le collège Stanislas à Paris.
En 2023, l'établissement - qui a accueilli des générations de ministres, hauts fonctionnaires et grands patrons - a fait l'objet d'une enquête administrative de l’inspection générale de l'Éducation nationale, après des témoignages dans plusieurs médias. Un rapport mentionne notamment un univers sexiste et homophobe.
"J'ai été très impressionnée de me rendre compte effectivement qu'en partant des années 70 à aujourd'hui, il n'y avait pas eu d'interruption dans la pédocriminalité. C'est-à-dire qu'à chaque décennie, j'ai trouvé des prédateurs au niveau des aumôniers, au niveau des surveillants, au niveau du directeur. C'est terrifiant de faire ce constat. Stanislas se targue d'être un lycée d'excellence. Mais l'excellence, elle est où ? Et elle est à quel prix ? Pour moi, l'excellence, elle doit d'abord être dans la protection de nos enfants", martèle Clémence Badault sur RTL ce mardi 25 août.
Parmi les victimes de ces abus, se trouveraient notamment les petits-neveux du général De Gaulle, victimes de l'éducateur Jean-Yves Amoros, condamné en 2003 pour viol.
"Ça, c'était une découverte incroyable, parce qu'à Betharram, on s'est rendu compte, précédemment, qu'on s'attaquait plutôt aux familles un petit peu démunies, etc. Là, se dire que Jean-Yves Amoros, qui était un prédateur, dont tout le monde connaissait le parcours, a pu s'attaquer au petit-neveu du général de Gaulle, sachant qu'il est vraiment la figure tutélaire de Stanislas - il y a une plaque qui raconte qu'il était lui-même élève de prépa à Stanislas - on se dit : personne n'est épargné", détaille la journaliste.
Personne n'est épargné et le silence était roi. Clémence Badault a d'ailleurs été "découragée" avant de commencer son enquête sur l'icône qu'est Stanislas. "J'ai eu des découragements un peu de tous les côtés. D'abord, dans mon milieu, puisque je le dis dans le livre, moi je suis issue de ce milieu catholique. J'ai moi-même fréquenté des établissements privés. Et donc on m'a dit : 'Mais tu ne vas pas faire ça.' Ça m'a plutôt donné envie de le faire", explique la journaliste au micro de RTL
"C'est vrai qu'on a cherché à me mettre des bâtons dans les roues. On m'a demandé pourquoi je m'intéressais à ces histoires du passé, justement. On n'est pas du tout dans le passé. Il y a eu beaucoup d'histoires dans le passé, mais il y en a aussi qui sont complètement actuelles", ajoute-t-elle.
La veille même de cette interview sur RTL, la directrice de communication de l'établissement de Stanislas a contacté Marc-Olivier Fogiel assurant que le collège avait ouvert toutes les portes à Clémence Badault, proposé la transparence totale et qu'elle a choisi de faire "une enquête à charge". La journaliste assure que l'établissement a simplement proposé qu'elle envoie des questions écrites et lui a livré un "Stan tour", "une visite guidée sur la beauté des bâtiments".
Dans son enquête, la journaliste pointe également du doigt la présence de l'Opus Dei, une institution catholique influente et controversée. C'est "quand même une organisation assez particulière, attirée par l'argent et le pouvoir. Et j'ai trouvé ça étrange que des aumôniers de lycéens, de collégiens, viennent de l'Opus Dei sans que cela soit vraiment su", dénonce-t-elle.
Clémence Badault mentionne un "virage identitaire" au sein de l'établissement, notamment au moment du Mariage pour tous. "Stanislas va être la base arrière de cette Manif pour tous. Les banderoles de la Manif vont être entreposées dans l'école. Les élèves ne sont pas obligés mais fortement incités à participer à toutes les manifs", détaille-t-elle.
"Et c'est un virage aussi que toute la société va prendre et que tous les catholiques, enfin une partie des catholiques de France, vont prendre aussi. C'est-à-dire que là, il n'y a plus de complexes, ils sont décomplexés, ils vont dans la rue, ils crient leur homophobie, ils pensent qu'ils ont un poids hyper important et qu'ils vont pouvoir changer les choses. (...) Après cette Manif pour tous, on va avoir des aumôniers, j'ai envie de dire radicalisées, en tout cas des aumôniers qui ne sont pas lambda, qui sont des personnes qui ont des convictions très affichées."
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