2 min de lecture Polémique

"Hijab de running" : Decathlon "a cédé aux racistes de tous bords", dit Abdallah Zekri

INVITÉS RTL - Decathlon a fait machine arrière. L'enseigne a renoncé à commercialiser son hijab de sport. A-t-elle eu raison ? Le président de l'observatoire national contre l'islamophobie Abdallah Zekri, et la journaliste Zineb El Rhazoui donnent leur point de vue.

Calvi-245x300 6 minutes pour trancher Yves Calvi
>
"Hijab de running" : Decathlon "a cédé à tous les racistes de tous bords", dit Abdallah Zekri Crédit Image : PASCAL GEORGE / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
Calvi-245x300
Yves Calvi édité par Leia Hoarau

Après la polémique provoquée par la commercialisation d'un "hijab de running" par la marque française Decathlon, Xavier Rivoire, le directeur de la communication de l'enseigne sportive, a annoncé sur RTL mardi 26 février faire marche arrière et renoncer à ce projet, "jusqu'à nouvel ordre".

Une décision qui n'est pas raisonnable selon Abdallah Zekri, président de l'observatoire national contre l'islamophobie, délégué général du CFCFM, le Conseil Français du Culte Musulman : "Ce n'est pas courageux de leur part d'avoir rétrogradé (...) Il y a eu une pression, il (le magasin) a cédé à tous les racistes de tous bords, et à toutes les personnes qui passent leur temps à stigmatiser les femmes musulmanes". 

Pour rappel, en France, le voile intégral est interdit depuis 2010. Pour Abdallah Zekri, Decathlon n'était pas du tout hors-la-loi avec la commercialisation du hijab : "Il a eu tort de faire machine arrière (...) Nous sommes dans un pays de liberté. Le voile intégral est interdit. Le reste, c'est toute la liberté" de ces femmes musulmanes. 

Pour Abdallah Zekri, c'est avant tout une affaire de respect de la liberté de chacun plutôt qu'une affaire de religion. "Moi, je suis pour les femmes qui se battent pour ne plus porter le voile ; je me battrai avec elles. Mais je battrai aussi aux côtés de celles qui veulent porter le voile. Qu'on arrête avec cela".

Le voile n'est et ne sera jamais un vêtement de sport

Zineb El Rhazoui, journaliste
Partager la citation
À lire aussi
L'Assemblée nationale antisémitisme
Antisémitisme et antisionisme : pourquoi une proposition LaREM fait polémique

De son côté, Zineb El Rhazoui, journaliste, déclare faire partie des personnes qui souhaitent "voir les femmes s'émanciper de cet accoutrement d'apartheid". Si elle admet la liberté de toute personne de faire du sport avec l'habit qu'elle souhaite, elle dénonce en revanche la normalisation d'un article religieux, "qui tend à faire disparaître le corps de la femme", dans un magasin de sport. 

"Si certaines souhaitent porter ce type de cagoule ou de couvre-chef, grand bien leur fasse, mais à ce moment-là, que ce genre d'articles soient vendus dans des magasins religieux spécialisés en vente d'articles religieux et d'accoutrements religieux. Et non pas dans un magasin qui vend des articles de sport, car le voile n'est et ne sera jamais un vêtement de sport". 

"Porter le voile n'est pas une race, aucune race ne naît avec un foulard sur la tête", ajoute-t-elle. "Aujourd'hui il y a un combat mené par les femmes à travers le monde, et très courageusement par les Iraniennes, les Algériennes, les Saoudiennes, pour s'émanciper de ce vêtement". 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Polémique Débat Commerce
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants