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Hébergement d'urgence : quel est l'état de la situation en France ?

ÉCLAIRAGE - Emmanuelle Cosse a assuré sur RTL que "129.000 places en hébergement d'urgence ont été ouvertes en France cet hiver.

Paris, le 22 mars 2013. La moitié des demandes d'hébergement d'urgence n'ont pas abouti en février.
Paris, le 22 mars 2013. La moitié des demandes d'hébergement d'urgence n'ont pas abouti en février.
Crédit : AFP / ERIC FEFERBERG
Ludovic Galtier
Journaliste

Après une année 2016 des plus douces, une vague de froid s'abat actuellement sur la France. Les températures ont atteint localement jusqu'à -18 degrés dans les Vosges dans la matinée du 6 janvier, et 20 départements du nord de la France ont été placés en vigilance orange à la neige et au verglas par Météo France. Face à cette offensive particulièrement rude, les premières victimes sont les sans-abris. L'un d'eux, âgé de 54 ans, a succombé à une hypothermie à La Rochelle. Au total, le collectif Les Morts de la rue a recensé le décès de 411 sans domicile fixe en 2016, un chiffre toutefois non exhaustif.

Pour venir en aide aux plus démunis, les associations, telles que La Croix-rouge ou la Fondation Abbé Pierre, multiplient les maraudes. Des hébergements d'urgence sont aussi ouverts dans tout le pays.

Qu'est-ce que l'hébergement d'urgence ?

Selon le Samu social, l'hébergement d'urgence "consiste à offrir à toute personne sans domicile un accueil, un lit, un repas, la possibilité de se laver, et de rencontrer un médecin et un travailleur social pour une orientation vers des structures adaptées."

Combien de places ?

Dans un entretien accordé au Parisien-Aujourd'hui en France le 6 janvier, la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, a donné les chiffres : 128.000 places d'hébergement d'urgence (contre 82.000 en 2012, ndlr), dont 35% sont en hôtel, ont été ouvertes pour cet hiver 2016-2017. "Et nous continuons à en ouvrir. Cela représente quasiment 10.000 places créées par an. Nous avons par ailleurs imposé que toute personne rentrant dans ces hébergements ait un entretien avec un travailleur social, ce qui permet un meilleur suivi", ajoute celle qui considère que cet hiver "n'est pas plus difficile que les autres." L'État consacre à ce dossier une enveloppe de 1,7 milliard d'euros en 2017, contre 1,5 milliard d'euros un an plus tôt.

Une demande sur deux n'est pas satisfaite

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Pour venir en aide aux personnes en situation de détresse, il existe un numéro ouvert 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, dont la gestion est départementalisée : le 115. Il "apporte une réponse individualisée à la demande de chaque usager et recherche des solutions : orientation adaptée aux besoins, hébergement en fonction des places disponibles", explique le Samu social.

Problème : les demandes d'hébergement ne sont pas satisfaites, selon les associations spécialistes de la question. Florent Gueguen, directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité (Fnars), a déploré que près de 53.000 demandes d'hébergement d'urgence dans 45 départements (hors Paris), soit 57% d'entre elles, n'ont pas abouti. À Paris, c'est une sur deux, selon le Samu social. "Le 115 qui reçoit environ 1.300 appels par jour refuse actuellement plus d'une centaine de personnes seules et en journée plus de 500 personnes en famille, donc ça veut dire que plusieurs dizaines d'enfants restent sans réponse, même si certains vont trouver un abri de fortune le soir", explique Éric Pliez, son directeur, à nos confrères de BFM Paris.

Le 31 octobre déjà, le président du Samu social ne cachait pas ses inquiétudes dans une tribune dans le journal Le Monde. "Il y a urgence à trouver des places de mise à l’abri pour tous. Des solutions sont possibles : réquisitionner les bâtiments inoccupés, ils sont nombreux, notamment les bureaux, déployer des structures modulaires dans les friches urbaines en attente de projets."

Le Front national appelle à ne plus accueillir de migrants

En réaction aux craintes des associations, le Front national s'est emparé de ce débat avec une solution radicale : cesser d'accueillir les migrants, qu'il oppose aux SDF. "La prise en charge d'une multitude de migrants dans des centres d'urgence, qui doivent être réservés à ceux qui sont sans-abris, a une conséquence très lourde et très grave, c'est que le nombre de SDF qui sont dans la rue n'a jamais été aussi important, et que les structures qui s'occupent des sans-abris tirent la sonnette d'alarme, en disant qu'il n'y a plus de place pour les sans-abris et ça, je trouve cela inaccessible", a réagi Marine Le Pen, aux inquiétudes des associations.

Invitée de RTL ce vendredi 6 janvier, Emmanuelle Cosse a blâmé cette "polémique politicienne". Tous ces partis politiques qui utilisent les pics de grand froid pour déverser leurs idées de haine et très stigmatisantes, il faut évidemment les condamner. Il est inadmissible que dans ces moments-là où justement il y a une mobilisation de l'État et des associations très forte, certains veuillent utiliser ça pour faire de la polémique politicienne".

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