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Happy Men : le réseau d'hommes répond à la polémique

Les réunions "non-mixtes" de ce réseau 100% masculin font débat sur Twitter. Ces "happy men" défendent leur position dans un communiqué de presse, publié le 7 juin.

Pourquoi le réseau Hapy Men fait-il polémique sur Twitter ?
Pourquoi le réseau Hapy Men fait-il polémique sur Twitter ?
Crédit : iStock / Getty Images Plus
Arièle Bonte
Arièle Bonte

Ils ont reçu Marlène Schiappa, la Secrétaire d'État à l'égalité femmes-hommes, lors de leur Forum organisé le 1er juin dernier, prônent la "mixité et l'égalité hommes-femmes" en entreprise... Mais ces "happy men" de Twitter, composés de "managers et cadres dirigeants" comme on peut le lire sur le site, ne sont pas les meilleurs amis des féministes, activistes de l'égalité femmes-hommes et autres utilisateurs du réseau social issus de la communauté LGBTQI.

Pourquoi ces hommes joyeux sont-ils pris pour cible depuis le début du mois de juin ? Leurs combats ne sont pas aussi engagés pour les femmes, ont dénoncé des utilisateurs de Twitter. Ces derniers remettent à la fois en cause le parti pris de ce mouvement 100% masculin "pour avancer avec les femmes", et sont allés déterrer d'anciens tweets postés par ce compte, précédemment baptisé "Mercredi c papa". Explications. 

Qui sont-ils ?

Les "happy men" se présentent depuis 2013 comme "le réseau des hommes, managers et cadres dirigeants, engagés pour l'égalité hommes-femmes".

Leurs missions : "avancer avec les femmes", montrer l'exemple, briser les stéréotypes concernant les hommes ("forts", qui "se battent", "protègent"...) et proposer des engagements à l'attention des managers en entreprise comme ne plus faire de "blagues sur les femmes" au travail, veiller "à ce que les femmes puissent s'exprimer autant que les hommes", demander à ses "collègues femmes si elles se sentent discriminées", peut-on par exemple lire sur le site du réseau.

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Bref, des engagements on ne peut plus nécessaires dans la vie d'une entreprise qui souhaitent (re)donner à ses employées toute la place qu'elles méritent. 

Que proposent-ils ?

Pour ce faire, les Happy Men ont mis en place une formule inédite : des "cercles" en petit comité (entre 10 à 15 membres), uniquement composés d'hommes, "qui se réunissent 5 fois par an en moyenne à l’occasion d’un déjeuner". 

Le site du réseau précise que ses cercles "invitent des témoins, internes ou externes à leur entreprise, organisent des rencontres inter-cercles et travaillent avec les réseaux de femmes, associent la direction de leurs entreprises à leurs travaux".

Les Happy Men sortent de leurs cercles une fois par an lors d'un forum ouvert à tous et à toutes. Cette année, il avait lieu au Ministère des Affaires Sociales le 1er juin dernier, en présence de Marlène Schiappa, Secrétaire d'État à l'égalité femmes-hommes. 

Au programme : la confiance comme thème principal et des tables rondes intitulées "Le cri des femmes, le silence des hommes", avec le sociologue spécialiste du couple Jean-Claude Kaufmann, "Égalité et confiance dans le travail", "Égalité et confiance avec les réseaux de femmes", ainsi que des ateliers d'échanges sur comment développer Happy Men dans les entreprises françaises. 

Pourtant, malgré toutes ces bonnes intentions, les Happy Men ne font pas l'unanimité. Notamment sur Twitter où la méthode de fonctionnement des cercles 100% masculins (non-mixtes) est questionnée tandis que d'anciens tweets compromettants postés par le compte (sous son précédent nom) ont refait surface. 

Contre les réunions non-mixtes entre hommes

D'abord, ce sont le principe et le contenu des réunions non-mixtes qui ont choqué certains internautes. "La secrétaire d'État à l'égalité femme-homme se rend au congrès d'un réseau hommes only qui parlent à la place des concernées ?", s'interroge le journaliste Mathieu Brancourt tandis qu'une autre utilisatrice de Twitter s'indigne contre "la souffrance des hommes" soulevée par Happy Men aussi bien lors de son forum que dans les contenus publiés sur son site. Elle ajoute ensuite : "le jour où des mecs en non mixité sauront faire avancer et enrichir le féminisme et la vie des femmes, toto sera président de la France", souligne-t-elle.

Un avis que rejoignent plusieurs Twittos qui dénoncent là un masculinisme de la part du réseau... soit une sorte d'anti-féminisme. Tout l'inverse de ce que disent vouloir défendre les Happy Men, en somme. 

Dans un communiqué de presse, publié le 7 juin dernier, Happy Men explique que " ces cercles sont non mixtes, pour assurer une liberté maximale d'échanges", avant de souligner que cette pratique est également adoptée "dans de nombreux réseaux de femmes en entreprise". 

L'objectif selon le réseau : " franchir des barrières culturelles fortement ancrées". Une mission qui "ne peut se faire que dans un climat d'empathie et de confiance", peut-on lire dans le communauté. Entre hommes donc. 

Un réseau anti-IVG et mariage pour tous ?

Avant de s'appeler "Happy Men", le compte Twitter était connu sous le nom de "Mercredi c papa", une association qui "souhaite intervenir en proposant une approche nouvelle, plus globale, des questions liées à la mixité", peut-on lire sur son site

Claire Serre-Combe de Osez le féminisme a publié via son compte Twitter des captures d'écran d'anciens échanges avec "Mercredi-c-papa". L'association s'exprimait alors à propos de l'utilisation des "baffes" sur les enfants, contre l'IVG et qualifiant le mariage pour tous de "débile" parce "cela ouvrirait juridiquement au mariage entre ascendants (inceste), ou à plusieurs (polygamie")."  

D'autres activistes et militants féministes et LGBTQ ont dénoncé ces prises de positions. Leurs comptes ont massivement été bloqués par celui de Happy Men tandis que d'autres n'ont même pas eu à dire un mot sur le réseau d'hommes pour se voir bloqué par ce dernier.

Dans sa réponse officielle, Happy Men assure que son fil Twitter est un lieu propice au dialogue et que "le masculinisme, la vision essentialiste et biologisante des individus, la remise en cause des droits des femmes et des droits des LGBT, de même que la remise en cause de la lutte contre les discriminations liées à l’origine ou à la religion sont contraires aux valeurs de Happy Men."

Une affirmation qui contredit pourtant les propos tenus par "Mercredi-c-papa", comme le souligne une utilisatrice de Twitter pour qui, "beaucoup de questions restent en suspens".

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