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Hannah Gadsby : 7 raisons de voir "Nanette", un spectacle qui va changer votre vie

NOUS L'AVONS VU - La spectacle de la comédienne australienne parle de coming out, d'homophobie ou d'inégalités femmes-hommes et offre au public une réflexion sur l'art de la comédie. Une œuvre qui ouvrira bien des esprits.

Hannah Gadsby jouera "Nanette" une dernière fois, à Montréal
Hannah Gadsby jouera "Nanette" une dernière fois, à Montréal
Crédit : Netflix
Arièle Bonte
Arièle Bonte

C'est son dernier spectacle. Après Nanette, Hannah Gadsby arrête l'humour. Depuis plus de dix maintenant, cette comédienne et auteure australienne, née en Tasmanie, se raconte dans des spectacles au format stand-up où elle évoque son enfance dans une petite ville de cette île australienne, sa relation avec ses parents et revient sur son homosexualité, l'un des thèmes principaux de son œuvre, et qui est au cœur de Nanette.

Ce spectacle, Hannah Gadsby l'a mené sur les planches dès 2017. Elle s’apprête à tirer sa révérence ce vendredi 27 juillet prochain lors du Festival Juste pour rire à Montréal. Si vous n'avez pas la chance d'être au Canada à ce moment là, Nanette est heureusement disponible depuis le 20 juin dernier sur Netflix.

En une heure de spectacle, la comédienne multi-récompensée offre aux spectateurs et spectatrices une claque humoristique qui devrait être regardée par tous et toutes. Vous n'êtes pas encore convaincu(e)s ? Voici 7 bonnes raisons de vous jeter sur votre abonnement Netflix et de lancer Nanette sans plus tarder.

1. En apprendre plus sur l'homophobie en Tasmanie

"J'adore la Tasmanie (...) mais j'ai dû partir dès que j'ai appris que j'étais un peu lesbienne". La formulation fait rire l'audience. Mais Hannah Gadsby explique rapidement, après une poignée d'autres blagues bien senties, que "l'homosexualité était un crime en Tasmanie jusqu'en 1997". Il y a 21 ans.

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Le récit de la comédienne permet alors de comprendre à quel point il a été difficile pour elle, mais aussi pour toute la communauté LGBTQ+ de Tasmanie née dans le climat tendu des années 80-90, de se construire une identité en toute sérénité. 

2. Se questionner sur l'art de la comédie

Après un quart d'heure de franche rigolade, Hannah Gadbsy annonce la vraie couleur de son spectacle : elle va bientôt remettre son tablier de comédienne. "J'ai fondé ma carrière sur l'autodérision. Et je n'ai plus envie de le faire", explique-t-elle à son audience. "Est-ce que vous comprenez ce que signifie l'autodérision quand cela vient de quelqu'un qui est déjà en marge ?", interroge Hannah Gadsby. "Ce n'est pas de l’humilité, c'est de l'humiliation". 

S'en suit alors, tout au long du spectacle, une réflexion sur les conséquences pour Hannah Gadsby de cette prise de parole depuis une décennie. La comédienne ne veut alors plus raconter des blagues. Elle veut qu'on écoute son histoire, dont le genre s'éloigne complètement de la comédie.

3. Réfléchir sur le(s) genre(s)

Hannah Gadsby le dit elle-même : elle est d'un "genre anormal". Parce qu'elle est une femme et que son apparence physique est loin des stéréotypes féminins, elle est perçue par certains comme quelqu'un qui devrait être punie pour cela. La violence genrée, Hannah Gadsby en a fait l'expérience plusieurs fois et plaide alors pour repenser les rapports entre les femmes et les hommes.  

La comédienne s'interroge par exemple sur la nécessité de classer les bébés, dès leur naissance, dans la catégorie '"fille" ou "garçon" et ajoute : "Saviez-vous que les hommes et les femmes ont plus de points communs que de différences ?" À méditer.

4. Rire des "hommes blancs hétéros"

Les "blagues" sexistes, racistes, homophobes ou xénophobes sont des travers dans lesquels de nombreux et nombreuses humoristes tombent avec facilité. Hannah Gadsby a choisi dans Nanette de prendre pour cible une catégorie de la population étrangement laissée tranquille dans les spectacles : les hommes blancs hétérosexuels.

Pourtant, vous allez le découvrir grâce à Hannah Gadsby, ils sont une source quasi inépuisable de blagues absolument délicieuses. 

"Nanette" est le dernier spectacle de Hannah Gadsby
"Nanette" est le dernier spectacle de Hannah Gadsby
Crédit : Netflix

5. Recevoir une leçon d'histoire de l'art

Diplômée d'Histoire de l'Art, Hannah Gadsby profite de ce spectacle pour rétablir quelques vérités sur les artistes. De Vincent Van Gogh qui prenait des traitements pour l'épilepsie et qui ne savait pas réseauter pour vendre ses toiles à Pablo Picasso, un artiste atteint d'une très grave maladie mentale : la misogynie.   

6. Passer du rire... aux larmes

Le rire est bon pour la santé, rappelle Hannah Gadsby, surtout si vous riez avec un large groupe de personnes. Le rire est contagieux et libère les tensions. C'est pour cela qu'on va voir un spectacle comique. Hannah Gadsby l'a bien compris... mais ne souhaite plus créer de la tension en racontant son histoire et les traumatismes qu'elle a subis. Car pour elle, c'est une manière de les revivre continuellement. 

Dans la dernière partie du spectacle, le rire n'est alors plus à l'ordre du jour. Il va falloir vous accrocher parce que la comédienne ne souhaite plus soulager nos tensions. Elle est en colère et son ressenti est plus que légitime tandis que son discours, poignant, vous fera sangloter... ou pleurer à chaudes larmes. 

7. Repenser la société

Comment conduire un débat, parler de sexualité et d'art, faire des blagues sur les minorités, représenter des femmes dans les œuvres d'art ? Pourquoi est-on obsédé par la réputation des hommes ayant agressé des femmes ? Que fait-on de leur humanité ? De celles des femmes et des enfants qu'ils ont agressés ? Hannah Gadsby n'apporte pas de réponses. Elle pose les questions. À vous d'encaisser la tension. Vous avez une heure.   

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