1 min de lecture Société

Gynécos, dentistes, psychiatres : un cabinet sur 10 refuse de recevoir des patients pauvres

Dans une étude réalisée par le Défenseur des droits, les patients bénéficiant d'une aide à la couverture santé CMU-C ou ACS sont victimes d'une "forte discrimination".

Une dentiste dans un cabinet à Lyon, en février 2012 (illustration)
Une dentiste dans un cabinet à Lyon, en février 2012 (illustration) Crédit : PHILIPPE MERLE / AFP
Louis Rigaudière et AFP

Les conclusions sont inquiétantes. Selon une étude publiée ce mardi 29 octobre par le Défenseur des droits, les patients pauvres bénéficiant d'une aide à la couverture santé (CMU-C ou ACS) sont victimes d'une "forte discrimination". En effet, un cabinet sur 10 refusent de les recevoir en raison de leur précarité, notamment chez les gynécologues, chirurgiens-dentistes et psychiatres.

Pour mesurer "les différences de traitement dans l'accès aux soins" selon l'origine et la "vulnérabilité économique" du patient, l'étude s'appuie sur un testing téléphonique "représentatif au niveau national", conduit entre février et mai auprès de 1.500 cabinets médicaux dans trois spécialités médicales.

Pour chacune d'entre elles, "une prise de rendez-vous a été sollicitée par trois patientes fictives : une patiente de référence, une patiente révélant par son patronyme une origine africaine" et "une patiente indiquant bénéficier, une fois sur deux", de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) ou de l'aide à la complémentaire santé (ACS).

Refus de recevoir pour 12% des cabinets

Au total, "la patiente de référence obtient un rendez-vous avec succès dans 70% des cas" contre seulement 58% pour la personne bénéficiaire d'une aide. Ainsi, 12% des cabinets contactés refusent de recevoir cette dernière alors qu'ils accordent un rendez-vous à l'autre patiente, malgré une demande similaire, formulée à la même période, sans caractère d'urgence.

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"Dans plus d'un tiers des cas, les professionnels" concernés déclarent explicitement refuser les bénéficiaires de la CMU-C et de l'ACS, les autres invoquant un manque de place, une méconnaissance de la prestation ou un autre argument "insidieux", selon l'étude.

Régulièrement dénoncés, ces "refus de soins discriminatoires", contraires à la déontologie médicale et considérés comme des "délits", sont "le fait de 9% des chirurgiens-dentistes, 11% des gynécologues et 15% des psychiatres" contactés. La CMU-C et l'ACS, qui comptent plus de 7 millions de bénéficiaires, doivent fusionner au 1er novembre au sein de la nouvelle complémentaire santé solidaire.

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