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Grippe aviaire : 360.000 canards seront euthanasiés début mars

Au total, 600.000 bêtes sont concernées par l'ordre du ministère de l'Agriculture. Mais certaines iront au bout de leur cycle de production avant d'être abattues.

Un élevage de canards
Un élevage de canards Crédit : GEORGES GOBET / AFP
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Ambre Deharo

Au final, quelque 360.000 canards d'élevage encore vivants seront abattus d'ici une quinzaine de jours dans l'ouest du département des Landes. Le ministère de l'Agriculture a ordonné l'euthanasie de 600.000 animaux, mais le calendrier a été étalé. Ces milliers de canards sont suspectés d'être infectés par le virus de la grippe aviaire H5N8. Les animaux restants, quelque 240.000 répartis dans les Landes et les autres départements principalement touchés par le virus, le Gers, les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques seront quant à eux épargnés pendant un temps. 

Pour l'instant sains, ces 240.000 canards iront jusqu'au bout de leur cycle de production, afin notamment de produire du foie gras, avant l'instauration du vide sanitaire. Une fois que la totalité des animaux sera abattue, les élevages ne les remplaceront pas, a indiqué le 21 février le ministère de l'Agriculture. Lors d'une rencontre avec la filière avicole à Mont-de-Marsan, le ministère a également précisé que ces élevages devraient rester vides jusqu'au milieu du mois de mai, après quoi "la remise en production des palmipèdes pourrait intervenir". Un bilan du ministère daté du 20 février faisait état de 306 foyers de virus repérés dans les élevages depuis le début de l'épizootie. Le département des Landes est le plus touché, alors qu'y est produit chaque année un quart du foie gras français. Quelque 151 cas y ont été recensés; 94 ont été comptabilisés dans le Gers, 25 dans les Hautes-Pyrénées.

Une efficacité qui laisse à désirer

Cet abattage préventif est le premier à être aussi important en France. Selon les autorités, il doit "casser le cycle du virus", apparu en novembre 2016. Comprendre : sans oiseaux dans les parages pour se reproduire, il sera condamné à mourir. Mais cette stratégie n'a pour l'instant pas réellement fait ses preuves. Selon Le Figaro, le virus a en effet été détecté sur des canards en apparence sains et tués à titre préventif. Cela avait amené les autorités sanitaires à étendre le périmètre des communes concernées par ces euthanasies massives, et ce à deux reprises. En 2016, seuls les élevages touchés par l'influenza avaient été concernés par les euthanasies. Les autres avaient pu mener leurs animaux jusqu'au terme de leur cycle de production avant de les abattre et ainsi de procéder à un vide sanitaire de 15 jours.

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 Mais le virus apparu en novembre, H5N8, est bien plus agressif que le H5N1, et les taux de mortalité bien plus importants dans les élevages touchés. Afin donc d'être de nouveau confronté au même problème de contagion, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a souligné que des "zones de protection dans lesquelles on va éviter les réimplantations de canards et les mouvements [de bêtes]" devront être pensées.

La souffrance d'un secteur

Le 16 février dernier, la branche locale du principal syndicat agricole, le FNSEA, avait annoncé qu'elle était d'accord avec la décision d'abattre la totalité des canards d'élevage. Même son de cloche du côté du CIFOG, le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras. Celui-ci avait d'ailleurs demandé au gouvernement d'approfondir la stratégie de lutte contre la propagation du virus H5N8. Le bilan dressé par l'organisation ne laissait que peu de doute quant à la décision qui devait être prise : 8,2 millions de canards gras perdus pour la production française de foie gras, dont 1,9 million concernés par le plan d'abattage décidé par l'État; 1,3 million de canards morts dans les élevages affectés par le virus, et 5 millions d'animaux qui ne peuvent plus "être mis en production depuis le début de l'épizootie". Si le ministère de l'Agriculture a affirmé que des aides seront attribuées à la filière avicole, en particulier aux éleveurs touchés à plusieurs reprises, le CIFOG estime les pertes immédiates du secteur "à plus de 210 millions d'euros". Et ce sans compter les coûts d'investissement et de mise en oeuvre des nouvelles normes de production, normes "qui auront un impact majeur sur les volumes disponibles", ajoute le comité.

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Grippe aviaire : 360.000 canards seront euthanasiés début mars
Grippe aviaire : 360.000 canards seront euthanasiés début mars
Au total, 600.000 bêtes sont concernées par l'ordre du ministère de l'Agriculture. Mais certaines iront au bout de leur cycle de production avant d'être abattues.
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2017-02-22 00:25:00
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