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Grippe aviaire : 3 questions pour comprendre cet abattage massif

ÉCLAIRAGE - Des centaines de milliers de canards élevés à l'air libre vont être abattus dans le Gers, les Landes et les Hautes Pyrénées dans l'espoir d'endiguer l'épidémie de grippe aviaire.

Un élevage de canards
Un élevage de canards Crédit : GEORGES GOBET / AFP
Claire Gaveau
Claire Gaveau
et AFP

Le coup est rude pour la filière avicole. Des milliers de canards vont être abattus dans le but d'endiguer l'épidémie de grippe aviaire qui sévit actuellement dans le sud-ouest de la France. Dans le Gers, les Landes et les Hautes-Pyrénées, des canards ont rendez-vous à l'abattoir ce jeudi 5 décembre dans le but d'endiguer l'épidémie de grippe aviaire. La zone d'abattage comprend un million de palmipèdes "en parcours" prêt-à-gaver, c'est-à-dire âgés de trois à 13 semaines, exposés au passage des oiseaux sauvages qui transmettent le virus H5N8, et appelés à être transportés pour être gavés, a indiqué le ministère de l'Agriculture. 

Le virus H5N8 qui se propage depuis fin novembre dans l'Hexagone est classé "hautement pathogène", comme l'était la souche H5N1 apparue en Dordogne fin 2015. Mais la grippe concernait alors "strictement la France et le sud-ouest". Il était "sans doute issu d'un virus qui avait circulé depuis plusieurs mois dans les élevages" et son ampleur n'avait été repérée qu'à la fin 2015, explique Jean-Luc Guérin, professeur à l'École nationale vétérinaire de Toulouse et chercheur à l'INRA. Au contraire, cet épisode de grippe aviaire est beaucoup plus large et concerne "l'ensemble de l'Europe".

1. Pourquoi le sud-ouest est encore touché ?

Pour rejoindre l'Afrique, les oiseaux migrateurs n'ont que deux routes : la vallée du Rhône, où la grippe aviaire H5N1 a sévi à l'hiver 2006, ou la Gascogne, touchée pour la deuxième année consécutive. Douze départements sont actuellement concernés en France, mais le Gers est le premier touché avec 45 cas sur 89, selon le décompte mardi 3 janvier du ministère de l'Agriculture.

Le premier cas, hors faune sauvage, a été rendu public le 2 décembre dans le Tarn. Des animaux venant de cette zone avaient été acheminés dans trois élevages du Gers le 30 novembre, ainsi que dans les Hautes-Pyrénées et le Lot-et-Garonne.L'ouest du Gers, où se multiplient les foyers, est une zone "assez humide" avec une "concentration très importante" d'élevages, ce qui favorise la propagation, selon Philip Everlet, responsable du pôle aviculture à la chambre d'agriculture du Gers. Il s'agit du deuxième département producteur de foie gras en France, derrière les Landes. 

2. Pourquoi un tel abattage ?

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Dépassé par l'ampleur de la crise, le ministère de l'Agriculture avait décidé début 2016 d'imposer un "vide sanitaire" exceptionnel dans les élevages d'oies et de canards de 18 départements. Cette fois, le ministère a annoncé l'abattage de centaines de milliers de canards élevés à l'air libre dans 42 communes du Gers, des Landes et des Hautes-Pyrénées. "Nous sommes face à une diffusion très large du virus qui est très agressif et très rapide", a indiqué un haut responsable du ministère, selon lequel "plus de 300.000 oiseaux" ont déjà été abattus dans le sud-ouest, mais jusqu'à présent uniquement dans des élevages infectés. Face à la nouvelle épizootie, les abattages de prévention vont débuter jeudi jusqu'au 20 janvier. 

3. Quelles conséquences pour les éleveurs ?

L'arrivée du virus H5N8 a empêché la France de recouvrer son statut de "pays indemne", indispensable pour exporter hors d'Europe, notamment en Arabie saoudite, en Chine ou au Japon. Cette nouvelle épizootie est un coup particulièrement dur pour la filière foie gras, dont la production a déjà fondu d'un quart en 2016, selon le Cifog, qui représente les éleveurs et les industriels.

Si le virus n'est pas dangereux pour l'homme, dans les zones touchées, l'activité est à nouveau suspendue. Et les pertes sont notables chez certains éleveurs qui peinent de plus en plus à joindre les deux bouts. Reste à savoir à quelle hauteur et comment les agriculteurs vont être indemnisés.

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ÉCLAIRAGE - Des centaines de milliers de canards élevés à l'air libre vont être abattus dans le Gers, les Landes et les Hautes Pyrénées dans l'espoir d'endiguer l'épidémie de grippe aviaire.
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2017-01-05 07:18:00
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