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Grande distribution : la guerre des prix menace-t-elle l'emploi ?

INVITÉ RTL - Jean-Philippe Puig, directeur général du groupe Avril, numéro 1 français des huiles, revient sur les négociations entre la grande distribution et les industriels.

Les négociations entre grande distribution et industriels doivent s'achever le 28 février 2017.
Les négociations entre grande distribution et industriels doivent s'achever le 28 février 2017.
Crédit : FRED TANNEAU / AFP
Grande distribution : la guerre des prix menace-t-elle l'emploi ?
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Grande distribution : la guerre des prix menace-t-elle l'emploi ?
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Yves Calvi & Léa Stassinet

En plein Salon de l'agriculture, industriels et grande distribution s'activent en coulisses, jusqu'au mardi 28 février au soir, fin des négociations sur les prix et les volumes des produits vendus dans les enseignes. Des négociations de plus en plus tendues depuis la mise en place de la loi pour la modernisation de l'économie en 2008, qui a déclenché une véritable guerre des prix pour redonner du pouvoir d'achat aux consommateurs. Mais cette guerre des prix a un effet sur les industriels, qui voient leurs marges baisser, à cause d'un coût de matières premières qui lui continue à augmenter. 

Jean-Philippe Puig est le directeur général du groupe Avril, numéro 1 français des huiles, est venu dénoncer sur RTL un système "qui mène à la perte des filières agroalimentaires". Il a d'abord tenu à rendre hommage à Xavier Beulin, président du syndicat agricole de la FNSEA mais également du groupe Avril, qui s'est éteint brutalement le 19 février dernier. "Il a marqué sa génération par sa vision stratégique, son humilité, son intelligence, son écoute. Ça a été une grande perte pour le groupe". 

Sur les négociations en cours, Jean-Philippe Puig est revenu sur la concentration de la grande distribution, répartie en 4 grandes enseignes. "Cette concentration fait qu'ils sont en train les uns avec les autres de négocier au mieux pour gagner des parts de marché. C'est très bien pour le consommateur parce que les prix sont en baisse, de fait nous allons vers une déflation. Aujourd'hui nous sommes dans une discussion où finalement la grande distribution nous demande de baisser les prix en amont, alors que nos matières premières augmentent", déplore le directeur général du groupe Avril. 

Il n'y a plus d'investissement, d'innovation. Vous perdez ce qui fait la force de la France

Jean-Philippe Puig

Cette situation est très difficile pour les "maillons en amont, que ce soit l'agriculture ou l'agroalimentaire, qui doivent rogner leurs marges", estime-t-il. De ce fait,  "il n'y a plus d'investissement, ni d'innovation, et cela veut dire que vous perdez ce qui fait la force de la France. Elle est passée du 1er au 3ème rang en terme d'exportations", explique Jean-Philippe Puig. Par exemple, la France exportait de la volaille jusqu'en 2008, aujourd'hui elle n'exporte plus et importe 40% de ses besoins en volaille. "Simplement parce qu'il n'y a plus la possibilité d'investir pour moderniser l'outil, et cela se fait en dehors de nos frontières", constate le directeur général d'Avril. 

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Pour lui, "tout est tiré vers le bas", même si au bout les consommateurs en profitent. "C'est du pouvoir d'achat en plus mais c'est aussi du chômage en plus", assure Jean-Philippe Puig. Il s'explique : "Quand vous ne produisez pas en France, vous avez une décroissance tous les ans. Au lieu d'avoir des emplois ici, on importe de la matière venant du nord de l'Europe", déplore-t-il, rappelant que l'industrie agroalimentaire emploie 450.000 personnes en France. 

Je ne veux pas croire que nous n'arriverons pas à un accord mardi soir

Jean-Philippe Puig

Mais le directeur du groupe Avril veut rester positif quant à l'issue des négociations. "Je ne veux pas croire que nous n'arriverons pas à un accord mardi soir. On a investi dans une nouvelle usine récemment, c'est encore possible. Nous sommes aussi dans la filière du porc, et je refuse d'accepter qu'en France, on importe 40% de porc. Nous avons donc fait un accord avec un Allemand, et nous avons démarré une usine à l'origine de la création de 120 emplois en Normandie. Simplement, il ne faut pas s'engager sur une année, mais sur 2,3 ou 5 ans. Quand on a ce type d'accord on peut investir et créer de l'emploi, alors je reste positif", conclut Jean-Philippe Puig. 

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