2 min de lecture Sécurité

Fausse alerte attentat à Paris : faire un "swatting" est-il un jeu d'enfant ?

INTERVIEWS - La fausse alerte attentat à Paris aurait été déclenchée après le canular téléphonique de hackers âgés de seulement 16 et 17 ans.

Des policiers près de l'église Saint-Leu à Paris, le 18 septembre 2016
Des policiers près de l'église Saint-Leu à Paris, le 18 septembre 2016 Crédit : RIC DESSONS/JDD/SIPA
Marie de Fournas

Aux États-Unis, ce type de canular cible souvent des joueurs en ligne et maintenant des stars hollywoodiennes. Samedi 17 septembre, le swatting a pris une toute autre tournure en France. Dans l'après-midi, la police a reçu un appel téléphonique indiquant qu'une prise d'otages était en court dans une église à Paris. Il s'agissait en réalité très mauvaise blague, qui n'a pas été sans conséquences.

Une alerte attentat a été officiellement déclenchée par le ministère de l'intérieur et des dizaines de policiers dépêchés au cœur de Paris. C'est la première fois que les forces de l'ordre étaient confrontées à un canular d'une telle ampleur. Pourtant, les auteurs de cet appel téléphonique n'auraient que 16 et 17 ans. Comment des adolescents ont-ils pu créer un tel désordre? 

Il existe même des sites qui vous proposent, contre rémunération, de faire un 'swatting' à votre place

Damien Bancal, fondateur du site zataz.com
Partager la citation

Le principe du "swatting" est d'alerter un faux accident grave dans un lieu-dit afin de faire intervenir la police. Pour cela les "swatters" utilisent une technique permettant de faire apparaître sur le combiné de la police le numéro de téléphone du lieu ciblé. Une opération rendue possible par des logiciels téléchargeables sur le "Dark web". "Sur certains, il suffit de rentrer le numéro avec lequel on fait croire que l'on appelle, on clique et voilà !", explique à RTL.fr Damien Bancal, fondateur du site zataz.com, un site spécialisé dans la sécurité informatique. "Il existe même des sites qui vous proposent, contre rémunération, de faire un 'swatting' à votre place", assure-t-il.

À lire aussi
L'invité de RTL du 14 décembre 2018 Gilets jaunes
"Gilets jaunes" : "Un dispositif semblable à celui de la semaine passée", dit Michel Delpuech

Une technique donc très simple "à condition d'avoir quelques connaissances en informatique", précise le spécialiste de la lutte contre le cybercrime. Il faut par exemple télécharger le logiciel en protégeant son adresse IP, afin de ne pas être repéré. Ouvrir une fenêtre FireFox en navigation privée ne suffit pas. Un appel laissant toujours des traces, seuls des hackers hypers chevronnés ne se feront jamais prendre. Ce qui n'a pas l'air d'être le cas des deux adolescents très vite retrouvés sur Facebook. L'un d'eux a d'ailleurs été arrêté dès le lundi 20 septembre après-midi.

Message facebook du swatteur
Message facebook du swatteur

Aucun programme de vérification existant

Le véritable problème, c'est qu'a priori, aucun programme à ce jour, ne permet de vérifier en temps réel si un appel est passé depuis un logiciel sur lequel le numéro d'origine a été changé. Les policiers ne peuvent compter que sur leur expérience et leur formation pour déceler les canulars. "Si la personne donne des informations précises, cohérentes, a un numéro correspondant et est convaincante, malheureusement la police n'y peut rien", affirme Damien Bancal.

D'ailleurs, sur l'enregistrement de la conversation avec les adolescents auteurs du "swatting" à l'église Saint-Leu, on entend trois policiers se relayer et poser de nombreuses questions à leur interlocuteur afin de vérifier l'information avant de lancer l'alerte. Une source policière a laissé entendre à RTL.fr qu'avec l'actuelle menace d'attentat, mieux valait prendre au sérieux une fausse menace d'attentat que de ne pas intervenir sur une vraie attaque.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Sécurité Attentat Adolescent
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7784916137
Fausse alerte attentat à Paris : faire un "swatting" est-il un jeu d'enfant ?
Fausse alerte attentat à Paris : faire un "swatting" est-il un jeu d'enfant ?
INTERVIEWS - La fausse alerte attentat à Paris aurait été déclenchée après le canular téléphonique de hackers âgés de seulement 16 et 17 ans.
https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/fausse-alerte-attentat-a-paris-faire-un-swatting-est-il-un-jeu-d-enfant-7784916137
2016-09-19 17:33:28
https://cdn-media.rtl.fr/cache/hvwNWkiZ-sJarfreXC8yPQ/330v220-2/online/image/2016/0918/7784903011_des-policiers-pres-de-l-eglise-saint-leu-a-paris-le-18-septembre-2016.jpg