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Dax : Jon Palais jugé pour le vol de 14 chaises à la BNP

Le "faucheur de chaises" altermondialiste s'en était pris à une agence parisienne de la banque pour dénoncer la fraude et l'évasion fiscale.

Jon Palais, militant de Bizi ! (à droite), en compagnie du syndicaliste Vincent Drezet, le 8 décembre 2016
Jon Palais, militant de Bizi ! (à droite), en compagnie du syndicaliste Vincent Drezet, le 8 décembre 2016
Crédit : AFP / Iroz Gaizka
Bertrand Cizeau, porte-parole de BNP Paribas, défend son camp dans l'affaire dite des "chaises volées"
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Ludovic Galtier & AFP

Jon Palais est-il le héraut de la lutte contre l'évasion fiscale ? C'est en tout cas ce qu'il espère. Jugé ce lundi 9 janvier à Dax (Landes), ce militant altermondialiste, pourfendeur de la fraude et l'évasion fiscale, est accusé d'avoir volé 14 chaises dans une agence parisienne de la banque BNP Paribas en octobre 2015. Sur le plan pénal, Jon Palais, premier des "faucheurs de chaises" à être jugé, risque jusqu'à cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende pour vol en réunion. "On est dans une démarche de désobéissance civile avec des actions à visage découvert. Les réquisitions ont permis à des gens de transformer leur colère en action non violente constructive pour créer du débat", se justifie-t-il.

Dans le camp adverse, chez BNP Paribas, le son de cloche est tout à fait inverse. "Nous ne comprenons pas du tout pourquoi nous sommes, à ce point-là, stigmatisés par ces associations, affirme Bertrand Cizeau, porte-parole du groupe bancaire. Nous avons payé, en 2015, 2 milliards d'impôts en France, sur un total de 2,4 milliards pour le groupe. L'évasion fiscale, nous la condamnons aussi, insiste-t-il. Contrairement à ce qu'on veut bien nous faire croire, nous ne sommes présents dans aucun des paradis fiscaux de l'OCDE. Ces agressions doivent cesser. Quand vous avez 30 à 40 personnes qui entrent dans une agence bancaire qui crient, qui hurlent, caméras et appareils photos au point, c'est extrêmement intrusif".

600 à 1.000 personnes mobilisées

Si Jon Palais sera seul à la barre, une mobilisation de soutien est en train de se créer à quelques encablures du tribunal. Une réalisation de fresque géante et un défilé en musique dans les rues de la ville devraient ponctuer la journée de ses amis militants. 600 à 1.000 personnes sont attendues d'après les organisateurs.

Éva Joly, avocate de Jon Palais

L'avocate de Jon Palais est bien connue du grand public, puisqu'il s'agit d'Éva Joly. Avant le procès de son client qu'elle défend avec sa fille Caroline, elle a précisé quelques éléments de son argumentaire. Modestement, la "Team Joly" va tenter de rétablir l'équilibre entre la BNP, championne de la création de structures offshore dans les paradis fiscaux, et un militant en résistance avec des chaises valant quelques dizaines d'euros", a déclaré celle qui portait les couleurs d'EELV à la présidentielle de 2012.

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La BNP, qui réfute toute implantation dans un "paradis fiscal de la liste de l'OCDE", explique que "l'intrusion à caractère offensant et violent à l'encontre des clients et collaborateurs de l'agence" l'avait conduit à porter plainte.

"Rendez les milliards, nous rendrons les chaises"

Ce Français s'était inspiré d'un appel lancé par le mouvement basque Bizi, auquel il appartient. L'appel avait été baptisé : "Rendez les milliards, nous rendrons les chaises !" et s'était pour la première fois concrétisé en février 2015 dans une agence HSBC de Bayonne, où les "faucheurs de chaises" avaient procédé avec le même mode opératoire.

Le scandale des SwissLeaks avait réveillé chez eux un sentiment de colère. D'autres banques avaient ensuite été la cible des "faucheurs de chaises". Ces derniers s'étaient retrouvés lors d'un "Sommet des 196 chaises", organisé par leurs soins en marge de la COP21, la conférence sur le climat qui se déroulait à Paris. Avant de remettre les chaises sur la voie publique au moment de l'ouverture du procès de Jérôme Cahuzac, ancien ministre du Budget condamné pour fraude fiscale en décembre 2016.

Hamon, Jadot, Poutou... Tous à Dax

Le procès est largement suivi depuis Paris. Des candidats à la présidentielle s'invitent à la fête, à laquelle participera activement le philosophe Edgar Morin. Benoît Hamon, candidat à la primaire de la gauche, Yannick Jadot, candidat EELV, et Philippe Poutou, candidat du Nouveau parti anticapitaliste, prendront probablement la parole pour dénoncer la fraude et l'évasion fiscale, évaluées entre 60 et 80 milliards d'euros en France, et 1.000 milliards en Europe chaque année. Sur Twitter, José Bové, ancien candidat altermondialiste à la présidentielle, a, lui aussi, annoncé sa venue à Dax pour le procès.

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