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États-Unis : quand la fécondité des couples prédit la conjoncture économique

ÉDITO - Des économistes américains ont observé une étroite corrélation entre la fécondité des couples aux États-Unis, et l’activité économique. Dès que la première bouge, la seconde suit, six mois plus tard.

Une femme enceinte (image d'illustration)
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Crédit : istock
États-Unis : quand la fécondité des couples prédit la conjoncture économique
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États-Unis : quand la fécondité des couples prédit la conjoncture économique
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François Lenglet & La rédaction numérique de RTL

Un nouvel indicateur avancé de l’économie, très surprenant. C’est un travail d’économistes américains publié dans la revue du National Bureau of Economic Research. Ils ont constaté qu’il y avait une étroite corrélation entre la fécondité des couples aux États-Unis, et l’activité économique. Dès que la première bouge, la seconde suit, six mois plus tard.

L’évolution de la fécondité serait donc un indicateur avancé de la conjoncture. En 2007 par exemple, juste avant la grande crise financière, le nombre de naissance aux États-Unis a sensiblement chuté, alors que la bourse était encore au plus haut et que la plupart des responsables économiques étaient convaincus que la croissance allait se poursuivre.

Et on observe cette anticipation de la conjoncture sur les courbes de fécondité pour toutes les dernières récessions américaines. Cela voudrait dire que les ménages sont de meilleurs économistes que les économistes eux-mêmes.

Faire un enfant, c’est évidemment une décision de long terme, déterminée notamment par un sentiment de sécurité économique, qui permet d’envisager l’avenir. Si vous n’avez pas ce sentiment de sécurité, vous ne faites pas d’enfant. A partir de l’analyse implicite, pas forcément raisonnée, de leur environnement professionnel, les ménages auraient donc une vision assez fine de la conjoncture et de son évolution prévisible, au moins aux États-Unis.

En France, la fécondité baisse

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En France, la fécondité n'évolue pas dans le bon sens. Elle a baissé en 2017, dans des proportions assez sensibles, puisqu’elle passée de 2 enfants par femme en 2014 à 1,88 en 2017. Cela peut correspondre à  la crise économique qu’a connu le pays dans les dernières années.

Mais on aurait dû voir la fécondité se redresser récemment, puisque la croissance elle-même s’est améliorée. Et ce n’est pas le cas. Est-ce le signe que la reprise ne va pas durer, ou bien que les ménages français sont moins sensibles à la conjoncture qu’aux Etats-Unis ?

Prédire l'avenir

Pour un économiste, c’est la quête du Graal, que celle de trouver l’indicateur qui permet de prédire l’avenir. Et il y a eu les tentatives les plus baroques en la matière. Pendant longtemps, le patron, de la banque centrale américaine, Alan Greenspan, disait se fier à l’évolution des ventes de sous-vêtements masculins. Quand les hommes renouvellent leur garde-robe intime, disait-il, c’est qu’ils voient l’avenir en rose.

On a vu aussi l’indice cravate. Quand les hommes achètent des cravates, c’est qu’ils veulent plaire à leur patron, parce qu’ils ont peur pour leur job. Les ventes de cravates sont donc un indicateur contra-cycliques, plus elles montent, moins ça va. 

Dans un autre genre, il y a une vingtaine d’année, un économiste avait repéré que dès qu’on bat le record du monde de hauteur d’un gratte-ciel, un krach boursier se produit. C’était l’Empire State Building juste avant 1929, les tours Petronas de Malaisie juste avant la crise asiatique... L’euphorie immobilière est souvent le dernier signe de la bulle, qui précède son explosion.

Ce qui a rarement trompé François Lenglet, ce sont les ventes de camions. Dès qu’elles repartent, elles signalent une accélération imminente de l’investissement et de la consommation et des échanges, c’est-à-dire de la croissance. Et on voit bien, en ce moment, en regardant l’évolution de la répartition géographique du chiffre d’affaire des Camions Volvo par exemple, que l’Amérique est en fin de cycle alors que l’Europe a redémarré. 

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