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États-Unis : le fromage et le vin français vont être surtaxés

Épilogue d'une vieille confrontation entre Boeing et Airbus, les États-Unis ont acquis le droit de taxer les importations européennes.

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États-Unis : le fromage et le vin français vont être surtaxés Crédit Image : Fred TANNEAU / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Noé Blouin

La France et l'Europe se sont trouvées hier brutalement projetées dans une guerre commerciale mondiale. Cette dernière va peut-être déboucher sur la taxation de nos exportations en Amérique, les Airbus sont concernés, mais aussi les vins et les produits agroalimentaires comme les fromages et les yaourts. Nos produits pourraient subir des pénalités allant jusqu'à 100%, ce qui ferait doubler leur prix pour le consommateur américain. Autant dire qu'avec un tel surcoût, les exportations chez notre deuxième client qu'est l'Amérique diminueraient considérablement. Cela vaudrait aussi pour les olives et le fromage italien et pour de nombreux produits allemands ou espagnols. 

Pour une fois, ce n'est pas Donald Trump qui est en cause. C'est une vieille histoire, qui date de 2004. À l'époque, les États-Unis déposent une plainte contre l'Europe, au motif que les avions Airbus sont subventionnés de façon illégale par les états du consortium aéronautique, avec ce qu'on appelle les avances remboursables. 

C'est un système de prêts à taux préférentiels, qui a notamment permis de développer l'A380 et l'A350. Si les États-Unis déclenchent ainsi les hostilités, c'est parce qu'Airbus, pour la première fois alors, avait détrôné Boeing sur le marché mondial, l'année précédente.  En retour, les Européens ont attaqué Boeing, devant l'organisation mondiale du commerce, également pour subventions illicites. 

Une pratique illégale ... Mais courante

En effet, les États-Unis subventionnent aussi leur fabricant d'avions, mais avec d'autres techniques. Ils font profiter à Boeing de dégrèvements d'impôts et de commandes publiques à prix très intéressant, ce qui est une autre façon d'aider leur champion national. Il n'y a pas un investisseur privé qui financerait seul, sans garantie financière ou commerciale publique, la dizaine de milliards nécessaire au développement d'un nouvel avion commercial. 

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À la suite de ces procédures que l'Europe a été condamnée. Après de longues péripéties judiciaires et administratives, l'OMC a décidé, mercredi 2 octobre, d'autoriser les États-Unis à frapper les ventes qu'effectue l'Europe là-bas à hauteur de 7 milliards d'euros. Une sanction qui a pour de réparer le préjudice commercial que Boeing aurait subi, à cause du soutien apporté à Airbus. C'est la plus grosse sanction jamais décidée par l'organisme international de Genève. Du coup, les États-Unis sont maintenant en droit de taxer des produits venant d'Europe, et donc de France, qui entrent sur leur sol, à hauteur de la somme fixée par l'OMC.

Des sanctions pour les États-Unis début 2020

L'autre procédure, celle que nous avons intentée contre l'Amérique, devrait arriver à échéance au début 2020. Il est tout à fait vraisemblable qu'elle débouche sur des sanctions comparables, mais dans l'autre sens. C'est pour cela que certaines voix, comme celle de Bruno Le Maire en France, mais aussi ailleurs en Europe, appellent au bon sens et à une solution négociée entre les deux parties, en se mettant d'accord sur un nouveau régime de subventions acceptables pour l'aéronautique. Mais le climat international est tel, aujourd'hui, que les voix raisonnables ne sont pas les plus écoutées. C'est donc un nouveau front qui s'ouvre dans cette guerre commerciale mondiale, jusqu'ici plutôt entre les États-Unis et la Chine. 

Alors que les flux de commerce internationaux ont ralenti. Sur les sept premiers mois de l'année, les échanges entre les pays de la planète ont légèrement diminué, par rapport à la même période de l'année dernière. Et l'OMC, hier même, a une nouvelle fois abaissé son estimation pour l'année 2019, à +1,2%. C'est-à-dire une progression 7 fois moins importante qu'à la fin des années 1990, lorsque la mondialisation prenait son essor.

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