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États-Unis : l'ex-patron du FBI devant le Sénat, audition de tous les dangers pour Trump

Les mots du patron du FBI, limogé début par Donald Trump, pourraient précipiter le sort du président américain et, éventuellement, le diriger sur le chemin d’une procédure de destitution. La Maison Blanche a consulté des juristes pour se renseigner sur la procédure d’impeachment.

Rémi Sulmont RTL vous en parle déjà Rémi Sulmont
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États-Unis : l'ex-patron du FBI devant le Sénat, audition de tous les dangers pour Trump Crédit Image : Evan Vucci/AP/SIPA | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Rémi Sulmont
Rémi Sulmont Journaliste RTL

Une audition très attendue devant le Congrès américain. Début juin, l’ex-patron du FBI, limogé par Trump, sera interrogé par les sénateurs. Ses déclarations pourraient précipiter le sort de Donald Trump. L'événement sera retranscrit en direct sur toutes les télévisions américaines. James Comey va s’asseoir devant les membres de la commission du renseignement du Sénat, puis il pourra ouvrir une des deux mini bouteilles d’eau disposées à côté de son micro. Comme il le fait habituellement, il se servira sans doute un premier verre, pendant que les photographes immortaliseront l’image, rare d’un ex-directeur du FBI qui vient défier le président américain en exercice.

Les 2 mini bouteilles ne suffiront pas. La dernière fois qu’il a été interrogé par les congressmen, début mai, en tant que patron du FBI, il avait été questionné pendant 4 heures. Le directeur Comey, depuis, a été débarqué. Brutalement. Il l’a appris en prononçant un discours à Los Angeles quand, derrière lui, les télés en breaking news ont annoncé son licenciement. Depuis, il a visiblement très envie de parler.

La commission du renseignement lui avait proposé de témoigner à huis clos sur son limogeage. Il a négocié pour que l’audition soit publique. Comme si il voulait prendre l’Amérique à témoin. La semaine dernière, Philippe Corbé vous en a parlé, avait été rendue publique une note de sa main expliquant que Trump lui avait demandé d’abandonner son enquête sur les collusions présumées de la campagne Trump avec la Russie. Depuis cette note, même les élus républicains alliés supposés de Trump demandaient, comme les démocrates, à interroger l’ancien chef du FBI.

Que peut-il se passer pendant l'audition ?

Ça peut être explosif, c’est pour cela que RTL vous en parle déjà. James Comey pourrait confirmer à l’oral ce qu’il a écrit et donner plus de détails. Il pourrait aussi être mis en difficulté par des sénateurs qui - il faut leur faire confiance - ne laisseront rien passer et relèveront la moindre de ses contradictions. Le but de cette audition est de savoir si Donald Trump a, oui ou non, fait obstruction à la justice, et si il a viré James Comey parce qu’il était inflexible. Si aucune preuve formelle n’est apportée, on sera dans un "parole contre parole", celle d’un patron du FBI blessé, humilié contre celle d’un président impopulaire mais qui avait, après tout, avait le droit de limoger.

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Si en revanche James Comey met sur la table de nouveaux éléments prouvant que le président Trump a tenté d’étouffer l’enquête du FBI, alors là vous allez réentendre le mot - mythique - d’impeachment. De destitution. Car l’impeachment fait appel au mythe américain. Est-ce que Donald Trump le craint ? Une question à laquelle depuis, quelques jours, on peut répondre "oui". Les conditions pour lancer une éventuelle procédure d’impeachment sont franchement loin d’être réunies. Mais les juristes et les constitutionnalistes les plus réputés des États-Unis ont reçu ces derniers jours des coups fil provenant de conseillers de la Maison Blanche… pour des cours accélérés sur la procédure d’impeachment.

Donald Trump est également sur le point d’embaucher un avocat pour se charger de sa défense. Et - c’est à noter - le président Trump, qui tweetait sans retenue sur l’affaire russe, se retient. Écoute-t-il des conseils juridiques de prudence ? Ou a-t-il pris goût aux voyages diplomatiques ? Il a rencontré ce 24 mai le pape avant d’aller à Bruxelles le lendemain puis en Italie pour le G7. Il sera rentré début juin dans son bureau ovale, pour suivre en direct, devant sa télévision, l’audition de James Comey, en passe de devenir son ennemi le plus redoutable.

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