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En 2020, le fabricant STIL a rapatrié une partie de sa production en France

REPORTAGE - Le fabricant de thermomètres STIL, une PME située en Seine-et-Marne a décidé, des suites de l'épidémie de coronavirus, de rapatrier une partie de sa production d'Asie en France.

micro generique 2020 a changé ma vie La rédaction de RTL
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En 2020, le fabricant STIL a rapatrié une partie de sa production en France Crédit Image : Nicolas Burnens / RTL | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
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Nicolas Burnens
édité par Marie Gingault

Lors de cette année marquée par la pandémie, on s'est beaucoup posé la question de la relocalisation industrielle en France, de produits stratégiques, comme les réactifs ou les masques. Mais est-ce vraiment possible ? RTL s'est rendu en Seine-et-Marne, à Vaux-le-Pénin, chez le fabricant de thermomètres STIL. Une petite PME d'une dizaine de salariés. 

Chez eux, la crise du coronavirus a complètement changé l'organisation de l'entreprise qui a dû rapatrier une partie de sa production d'Asie en France. Dans cette halle industrielle, des thermomètres sont assemblés, pour les particuliers, les métiers de bouche ou les laboratoires depuis 1945. Gérard Lux, le directeur, est fier de faire la visite jusqu'au pied des ateliers.

"Là, on est dans le cœur de la société : le département soufflage. Actuellement on est à plein régime, on fait même des heures extras et à mon avis, on a encore deux ou trois mois comme ceci", explique-t-il.

Trois personnes recrutées ces derniers mois

Des machines, alignées, découpent de petits tubes en verre. Ils sont ensuite manipulés, à la main, par des ouvriers. Les gestes sont précis et minutieux. Pour faire face à la demande, trois personnes ont été recrutées ces derniers mois. À 30 ans, Stéphane vient de signer son premier CDI. "C'est tout à la main de A à Z. C'est les anciens qui nous apprennent comment faire. C'est un savoir-faire qu'on ne sait faire qu'ici", se félicite-t-il. 

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Jusque-là, la majorité de la production se faisait dans des usines en Chine. Au mois de mars, la crise du coronavirus a tout changé, se rappelle Gérard Lux, le dirigeant de l'entreprise.

"60% des produits en verre étaient produits en Chine et 40% en France pour une question de coûts. Des régions ont été confinées et les travailleurs n'ont pas pu retourner dans les usines situées principalement dans l'Est de la Chine. On a donc dit 'on va reproduire une partie de la production en France'. On avait la matière première, il n'y avait pas de raison de baisser les bras et de dire, non je ne vais pas le faire".

De vieilles machines ont été réparées et remises en route, pour produire ici, en Seine-et-Marne, une quinzaine de références.

Le fabricant de thermomètres STIL à Vaux-le-Pénin en Seine-Saint-Denis. Crédits : Nicolas Burnens / RTL |
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Le fabricant de thermomètres STIL à Vaux-le-Pénin en Seine-Saint-Denis. Crédits : Nicolas Burnens / RTL |
La PME d'une dizaine d'employés a embauché trois personnes au cours des derniers mois. Crédits : Nicolas Burnens / RTL |
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700.000 euros d'investissements

Mais aujourd'hui, le spécialiste français des instruments de mesure souhaite aller plus loin et relocaliser, à terme, un tiers de sa production en France. En effet, l'année prochaine, l'entreprise va investir près de 700.000 euros dans de nouvelles machines, grâce notamment à des fonds de relocalisation industrielle du gouvernement. Dans son bureau, Gérard Luxe, présente ses futurs plans, projetés sur grand écran. "Cette machine que vous voyez en photo permettra de passer de 100 pièces à l'heure à 600 pièces à l'heure en conditionnement final."

Car, pour rester compétitif, il sera difficile de faire beaucoup plus, estime-t-il. La matière première, l'acier, le bois et surtout les composants électroniques continueront d'être produits en Asie.

À 68 ans, cet ingénieur de formation, a parcouru une quarantaine de pays, a été expatrié une trentaine d'années pour de grands groupes. Il croit au "made in France". Mais il sait qu'il ne peut pas y arriver tout seul.

"En général, je ne me pose pas trop de questions, je fonce. On a le savoir-faire, la volonté. Il faut aussi avoir des idées originales. Ça peut peut-être une année importante si le client final se remet en question, si on arrive à avoir conscience qu'il faut consommer français, acheter français, qui fera la différence."

Dans deux ans, Gérard Lux prendra sa retraite. Il souhaite remettre son entreprise à son fils et créer, pourquoi pas, d'ici là, en France, une dizaine d'emplois supplémentaires.

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