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"Elle m'a demandé si elle pouvait m'embrasser" : ces chauffeuses de taxi racontent leurs plus belles histoires avec des passagers

Anissa et Jocelyne sont deux chauffeurs de taxi qui conduisent depuis des années des passagers en tout genre. Dans "Un jour, une vie", ces véritables psychologues de la route reviennent sur leur rencontres les plus marquantes et sur leur passion pour ce métier.

Un logo "Taxi" sur le toit d'une voiture (illustration)

Anissa & Jocelyne, chauffeurs de taxi mais surtout psy de la route

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Alban Tardy

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Anissa travaille depuis 5 ans comme chauffeur de taxi à Paris. Jocelyne, elle, conduit pour Uber à Marseille après avoir travaillé pendant plusieurs années au sein de la capitale. Toutes deux partagent la passion de la route, et partagent le même avis sur les qualités essentielles à avoir pour faire ce métier : "Il faut absolument aimer conduire, bien sûr, mais il faut aussi aimer le contact humain, le relationnel", assure Anissa. Une profession qui demande également une excellente connaissance des rues et de la ville en question : "Je ne me fie plus du tout au GPS parce que j'ai une mémoire visuelle qui me permet de pouvoir emmener directement mes clients où ils veulent. D'ailleurs, ils sont étonnés à chaque fois", confie-t-elle. 


Les conductrices de taxis sont également préparées pour d'autres missions que le transport de leur client : "Les examinateurs peuvent nous demander un restaurant, soit un hôtel pour faire une réservation. Ça m'est déjà arrivé de faire ça pour des clients", raconte Anissa. Au rôle de 'chauffeure' vient également s'ajouter le rôle de psychologue, comme l'explique Jocelyne : "Dernièrement, j'emmenais une dame dans des hôpitaux voir son époux. Et je peux dire qu'aujourd'hui, je connais la vie de son mari par cœur", affirme-t-elle. Celle qui travaille pour Uber souligne l'importance d'être empathique : "C'est surtout elle qui m'a touchée. Elle a passé beaucoup de temps dans ma voiture à pleurer, parce qu'elle m'expliquait qu'elle n'avait pas d'amis". 

Anissa a elle aussi noué des liens importants avec certains de ses clients : "Une course qui m'a émue, c'est lorsque j'ai pris en charge une personne handicapée (...) Je l'ai emmenée directement au comptoir de l'aéroport, et elle m'a dit : 'Madame, restez comme vous êtes, vous êtes magnifique et vous irez loin. À la fin de ma course, elle m'a demandé si elle pouvait m'embrasser, j'ai accepté. Quand je suis sortie de là, je me suis mise à pleurer", se souvient-elle avec émotion. 

Elle s'est accrochée à ma jambe et elle ne voulait plus me quitter.

Jocelyne, chauffeur uber à propos d'une course avec une petite fille

Si la plupart des clients d'Uber ou VTC sont des adultes, Jocelyne se rappelle d'une belle histoire qu'elle a vécue avec une très jeune fille, également sur la route de l'aéroport : "Je me rappellerais toujours d'une famille avec une petite fille de 3-4 ans. Elle n'arrêtait pas de me parler, de tout et de rien, et quand on est arrivé, elle s'est accrochée à ma jambe et elle ne voulait plus me quitter. Elle pleurait, elle ne voulait plus prendre l'avion", se remémore-t-elle. 

Les deu professionnelles tiennent cependant à rappeler que toutes les courses ne se passent pas aussi bien, et qu'il existe malheureusement des clients plus pénibles que d'autres : "Je me trouvais sur la rue du Prado, à Marseille, et j'ai un homme qui est monté avec sa femme. Ils venaient certainement de faire un repas bien copieux et bien arrosé", contextualise Jocelyne. Après de nombreuses critiques sur la conduite, le client finit par dépasser les limites : "Il s'avance vers mon épaule et il me dit : 'Mais au fait, tu as ton permis ?' C'est carrément de l'agression donc j'ai ouvert ma porte et je lui ai demandé de descendre". 

Même si Jocelyne et Anissa assurent avoir connu une minorité de course dans ce genre, il n'en reste pas moins que la sécurité des chauffeurs de taxi peut très vite être mis en danger. Pour contrevenir à ses risques d'agression, l'application Uber by Women a été lancée pour permettre aux femmes de choisir des courses 100 % féminines. Une initiative que salue Jocelyne : "Ça nous rassure. On parle beaucoup plus entre femmes qu'avec des hommes, il y a une complicité qui s'installe. C'est aussi rassurant pour nous que pour elles". 

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