3 min de lecture Éducation nationale

Éducation nationale : un professeur répond à Aurore Bergé et son rapport

La députée REM, avec Béatrice Descamps (UDI), a remis son rapport au ministre Jean-Michel Blanquer sur l'éducation nationale, dans lequel elle fait état d'une déconnexion des professeurs avec les quartiers dans lesquels ils enseignent, notamment les zones dites "difficiles".

Aurore Bergé sur le perron de l'Élysée, le 17 octobre 2017
Aurore Bergé sur le perron de l'Élysée, le 17 octobre 2017 Crédit : LUDOVIC MARIN / AFP

Il est loin de faire l'unanimité sur les réseaux sociaux. Aurore Bergé (REM) et Béatrice Descamps (UDI) ont remis leur rapport sur l'éducation nationale et l'enseignement à Jean-Michel Blanquer mercredi 31 janvier. L'objectif de cette enquête : faire un état des lieux et proposer des solutions pour rétablir une relation de confiance entre l'institution scolaire et les parents d'élèves. Un point des conclusions a particulièrement fait tiquer un professeur de collège : les enseignants seraient déconnectés de la réalité

Sous le pseudo de M.Piekielny, cet internaute qui se dit professeur de français au collège a répondu dans une série de messages à la députée de La République En Marche. Il commence par demander à Aurore Bergé des "précisions" concernant une stigmatisation des parents d'élèves selon le rapport. 

Puis, vient la réponse à la critique faite aux enseignants, qui, selon le rapport, "sont affectés dans des quartiers difficiles" et "n'en sont le plus souvent pas originaires" donc "n'en connaissent pas les spécificités et vivent de moins en moins là où ils enseignent." Ce qui créerait des difficultés entre professeurs, élèves et familles. 

M. ne savait pas qu'il ne reverrait sans doute plus jamais ses copains ni ses professeurs

M.Piekielny sur Twitter
Partager la citation

Pour répondre à Aurore Bergé et Béatrice Descamps, ce professeur de français fait le récit d'une semaine de cours. Il l'intitule "la petite chronique d'un professeur déconnecté des réalités sociales vécues par ses élèves" et raconte le quotidien touchant et attentionné du rapport entre professeur et élèves. Il fait le portrait de trois de ses élèves en difficulté : M., R., et S.

À lire aussi
éducation nationale
Grève des enseignants : à quoi s'attendre mardi 26 janvier ?

"Lundi, il fallait faire cours pour la dernière fois à M. (6eB) sans pour autant lui dire au revoir. Sa mère et les gendarmes viendraient le chercher à l'interclasse (...) M. ne savait pas qu'il ne reverrait sans doute plus jamais ses copains ni ses professeurs et il levait la main pour participer, souriant comme d'habitude, ses lunettes de la sécurité sociale sur le nez." 

Il y a aussi S. qui n'est pas bonne en dictée parce qu'elle est arrivée en France à 6 ans et que ses parents ne savent "ni lire ni écrire". Elle veut devenir professeure, "mais pour ça, il ne faudra plus faire de fautes. Alors, elle y travaille (...) J'espère que demain, quand je vais lui rendre son 5, je pourrai passer 20 minutes avec elle pour reprendre 2 points précis. Mais elle a 27 condisciples : ce sont les budgets que vous votez". 

Et il poursuit dans une tirade incendiaire à propos des responsables politiques : "J'espère surtout qu'un jour, S., M. et R. auront été suffisamment instruits par mes soins et ceux de mes collègues pour vous cracher très convenablement à la gueule que la misère sociale, c'est vous, les politiques, qui la fabriquez. J'espère que vous descendrez alors de vos carrosses et que vous salirez vos jolies robes." 

La misère sociale, c'est vous, les politiques, qui la fabriquez

M.Piekielny sur Twitter
Partager la citation

"Dans l'immédiat, gardez vos leçons de dame patronnesse pour vous et croyez bien que les enseignants, tout comme les policiers ou le personnel hospitalier, ont une parfaite conscience des réalités sociales vécues par ceux qu'ils instruisent, protègent ou soignent", conclut M.Piekielny.

La tribune internet a reçu les applaudissement de ses lecteurs. En-dessous, des commentaires élogieux : "Merci du fond du cœur", "Bravo, très touchant", "très beau, je suis émue de bon matin", "merci d'avoir répondu avec pondération"... Moins de dix heures après sa publication, le récit a été partagé plus de 500 fois. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Éducation nationale Jean-Michel Blanquer Enseignement
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants