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Éducation nationale : les professeurs peuvent-ils refuser d'enseigner une règle ?

DÉCRYPTAGE - Dans une tribune, 314 professeurs affichent leur volonté de "cesser d'enseigner" la règle de grammaire qui veut que "le masculin l'emporte sur le féminin". Mais en-ont-ils le droit ?

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Les professeurs ont-ils le droit d'aller à l'encontre du programme pédagogique ? Crédit Image : JEFF PACHOUD / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Marie Guerrier
Marie Guerrier et Martin Planques

Les enseignants ont le devoir d’appliquer les programmes pédagogiques. Pourtant, dans une tribune parue sur le site Slate.fr, 314 professeurs des écoles, collèges et lycées déclarent "avoir cessé ou s'apprêtent à cesser d'enseigner" la règle de grammaire qui veut que "le masculin l'emporte sur le féminin". Ils doivent cependant faire en sorte d'atteindre les objectifs d'apprentissage fixés par les programmes officiels. Et cette règle grammaticale est dans le programme de l'Éducation nationale dès l'école primaire.

Si les professeurs ont la liberté pédagogique de choisir la manière d'enseigner qui leur paraît la plus adaptée, ils doivent quand même suivre le programme. Ils se confrontent donc ici à la possibilité d'une sanction. En cas d'entorse au programme l’enseignant peut être convoqué par son inspecteur académique. Ce dernier peut essayer de le convaincre de changer d'avis mais si le professeur reste sur ses positions il se confronte à une possible sanction. 

Il risque donc un avertissement ou un blâme et s'il persiste, l'abaissement d'échelon ou la sanction disciplinaire et en dernière extrémité : la révocation. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation, n'a pas voulu se prononcer quand à une possible sanction concernant les 314 professeurs de la tribune.

Une décision "problématique" pour Marlène Schiappa

De son côté, la secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a jugé jeudi 9 novembre "problématique" la décision de certains professeurs de français de changer les règles d'accord des adjectifs, même dans un souci d'égalité femmes-hommes, tout en saluant le débat à ce sujet. 

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"Honnêtement, je pense que c'est assez problématique" car "on ne peut pas décider de son propre chef ce qu'on va enseigner ou pas, quelle qu'en soit la raison", a-t-elle déclaré sur France Culture. Selon Marlène Schiappa, "on peut avoir le débat sémantique de la place des femmes dans le langage sans en faire l'alpha et l'omega du débat de l'égalité entre les femmes et les hommes à notre époque". 

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