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ÉDITO - Royaume-Uni : "Le budget, présenté par Liz Truss, est idiot", selon François Lenglet

François Lenglet commente le match France-Angleterre en matière de finances publiques.

La Première ministre britannique Liz Truss le 23 septembre 2022.
La Première ministre britannique Liz Truss le 23 septembre 2022.
Crédit : DANIEL LEAL / AFP
LENGLET-CO - Royaume-Uni : "Le budget, présenté par Liz Truss, est idiot", selon François Lenglet
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Royaume-Uni : "Le budget, présenté par Liz Truss, est idiot", selon François Lenglet
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François Lenglet - édité par Baptiste Marin

La France et son ministre des Finances remportent très largement la partie, non pas sur le fond mais dans le style. Depuis trois jours, le Royaume-Uni est frappé par une crise de financement, un événement complètement inhabituel pour l'un des pays les plus riches du monde.

Brutalement, les investisseurs, prêteurs de centaines de milliards à l'état britannique, se sont détournés. Ils ont pris peur et ont vendu leurs titres. La monnaie anglaise, la livre, a plongé au plus bas. Les taux d'intérêts, c'est-à-dire le coût de l'endettement au Royaume-Uni, a explosé. Les banques ont alors suspendu la distribution de crédits immobiliers. En quelques heures, les grands fonds de pension, gestionnaires de l'épargne retraite des Britanniques, se sont retrouvés au bord de la faillite en quelques heures. 

Pourquoi cette situation ?

Cette tornade a été provoquée par le budget présenté par Liz Truss, nouvelle Première ministre, et son ministre des Finances. Un déficit très important et des baisses d'impôts saugrenues et non financées sont au cœur de ce budget "idiot", le tout assorti avec des prévisions de croissance complètement irréalistes. Les marchés financiers ont jugé que cette situation n'était pas tenable. Pourtant, la France avait présenté elle-même son budget, peu avant, qui est tout aussi déséquilibré. Nous allons devoir emprunter une somme vertigineuse en 2023, 270 milliards d'euros. Toutefois, les marchés n'ont pas bronché. 

Bruno Le Maire, contrairement à son homologue, répète inlassablement qu'il faudra remettre en ordre les finances publiques. Le ministre de l'Économie ne le fait pas - le pourrait-il vraiment d'ailleurs en ce moment - mais il le dit, et il a raison. "La France est à l'euro près", a-t-il déclaré. Dans le même temps, la réforme des retraites est lancée, comme celle de l'assurance chômage. Les montants que vont rapporter ces deux réformes durant le quinquennat sont des gouttes d'eau dans la mer, on parle de quelques milliards seulement. Mais la France donne le sentiment de vouloir s'attaquer au problème. Le pays n'est pas plus vertueux que le Royaume-Uni mais il est plus malin que la nouvelle équipe de pieds nickelés qui gouverne à Londres. 

Et ça suffit à calmer les investisseurs ?

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Pour être honnête, l’euro joue à plein. Le Royaume-Uni a sa monnaie nationale, qui encaisse plein pot la moindre crise. Alors que les dérives budgétaires françaises ne pèsent sur l’euro qu’à proportion du poids de la France dans l’union monétaire. La présence de l’Allemagne, rassurante pour les marchés, est une sorte de paratonnerre pour nous. C’est d’ailleurs un paradoxe. On croyait que l’euro allait nous imposer une stricte discipline budgétaire, les 3% etc. En réalité, il nous permet de continuer à dépenser bien plus qu’il ne faudrait dans une relative tranquillité. 

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