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ÉDITO - Qu'est-ce que le projet de "Grande Sécu" qui agite le gouvernement ?

Le projet de "Grande sécu" consisterait à supprimer les mutuelles et assurances santé complémentaires. C’est le ministre de la Santé Olivier Véran qui défend ce projet, en s’appuyant sur différents rapports administratifs, de la Cour des comptes en particulier.

Sécurité sociale : une carte vitale (illustration)
Sécurité sociale : une carte vitale (illustration)
Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
Qu'est-ce que le projet de "Grande Sécu" qui agite le gouvernement ?
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François Lenglet - édité par Théo Putavy

Le gouvernement s'agite autour du projet de "Grande Sécu". L'objectif : supprimer les mutuelles et assurances santé complémentaires. En France, nos dépenses de santé sont payées par trois personnes. La sécurité sociale, organisme public, qui en prend en charge l’essentiel, et même 100% dans le cas des affections longue durée, de plus en plus fréquentes avec le vieillissement ; les mutuelles ou assureurs privés, qui complètent le remboursement ; et le patient lui-même, qui en général subit ce qu’on appelle le reste à charge. Il est particulièrement faible en France, de l’ordre de 7% des frais de santé

L’idée de la "Grande Sécu" serait alors de faire prendre en charge la totalité des frais par l’assurance maladie. Il n’y aurait plus qu’un seul assureur santé, public. Olivier Véran s’appuie sur différents rapports administratifs, en particulier de la Cour des comptes. 

Un intérêt pour les finances et la justice sociale

L'intérêt est donc double : les finances et la justice sociale. Côté finance, on s’épargnerait des frais de gestion inutiles. Chaque opération remboursée par deux protagonistes, sécu et mutuelle, est aujourd’hui traitée deux fois. Ce sont des surcoûts. De plus, les mutuelles sont évidemment en concurrence entre elles, elles dépensent donc de l’argent pour recruter des assurés. Des frais qui renchérissent in fine le coût de la complémentaire pour l’usager. Dans un système unique et public, pas de doublon, pas de frais de promotion, donc plusieurs milliards d’économies potentielles.

Le projet est également intéressant pour la justice sociale. Aujourd’hui, les mutuelles sont obligatoires pour les salariés, qui profitent de contrats collectifs avantageux par leur entreprise. Mais les séniors, dès qu’ils sont à la retraite, sont obligés de s’assurer en individuel. Donc cela devient plus cher. Et d’autant plus cher que leur risque de santé est plus élevé, puisqu’ils sont âgés. Pour les retraités à faible pension, le coût d’une mutuelle est prohibitif, ce qui les oblige souvent à renoncer aux soins. Un système unique permettrait de mutualiser les risques sur toutes les classes d’âge, et donc de réduire les inégalités dans l’accès aux soins.

Des inconvénients et un délai plus long que prévu

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Mais il y a aussi des inconvénients. Le public n’est pas réputé pour son efficacité. Le système britannique, nationalisé, n’est pas très efficace. Au point que les Britanniques aisés ont recours à des prestations et des assureurs privés, beaucoup plus chers et souvent meilleurs. Il serait regrettable qu’on en arrive là chez nous, où le système hybride, public et privé, à la fois pour les prestataires de soins, médecins, infirmiers et hôpitaux, et les financeurs, a permis de préserver une bonne qualité et un accès assez large, malgré les tensions qu’on observe de plus en plus. Autre problème, que faire des quelque 500 assureurs et mutuelles et de leurs 100.000 salariés, si la sécu est en monopole ? Les transformer en fonctionnaires de la sécu ? Pas simple.

Enfin, il est peu probable que la réforme se fasse avant la présidentielle. Mais le débat est lancé pour la campagne. Et c’est une bonne chose. Car l’épidémie a pointé les fragilités de notre système de soins, desquelles nous nous étions accommodés, qui vont s’agrandir à cause des puissants effets du vieillissement démographique. Il est temps de soulever le capot.

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