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ÉDITO - Guerre en Ukraine : la pression monte sur Total et Engie, encore actifs en Russie

Alors que de nombreuses sociétés occidentales quittent la Russie, la pression est montée mardi sur deux champions français, TotalEnergies et Engie, qui y sont actifs.

En France, 200.000 particuliers sont abonnés au gaz chez TotalEnergies (image d'illustration).
En France, 200.000 particuliers sont abonnés au gaz chez TotalEnergies (image d'illustration).
Crédit : Jakub Porzycki / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Guerre en Ukraine : la pression monte sur Total et Engie, encore actifs en Russie
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François Lenglet - édité par Théo Putavy

La situation est paradoxale. Les sanctions officielles ne touchent pas, jusqu’ici, le secteur de l’énergie, car les Européens ne sont pas parvenus à se mettre d’accord. À cause de la dépendance considérable vis-à-vis du gaz russe de certains pays membres, l’Allemagne, les pays d’Europe orientale et surtout l’Autriche, ce qui interdit de se priver du précieux fluide. En principe donc, les affaires continuent. Et pourtant, plusieurs pétroliers, BP le premier, puis Shell et le norvégien Equinor, ont annoncé dans les dernières heures quitter le pays, parfois au prix de sacrifices importants pour leur activité. 

Une véritable retraite de Russie, qui met la pression sur tous les autres. Pression relayée par des déclarations de Bruno Le Maire, mardi 1er mars au matin. Les situations de l’un et l’autre ne sont pas identiques. Engie n’a pas d’activité propre en Russie, mais détient des contrats commerciaux de long terme d’approvisionnement en gaz – cela représente 17% des approvisionnements français. Engie est également co-financeur du fameux gazoduc sous la Baltique Nordstream 2, à hauteur de 900 millions. Ce tuyau, bien qu’achevé il y a quelques semaines, ne devrait pas entrer en service, il est sous sanction et son opérateur a déposé son bilan mardi. Il n’y a donc plus guère d’enjeu. 

Pour TotalEnergies en revanche, la Russie fournit 16% de sa production de gaz et de pétrole confondues. C’est important. La compagnie a notamment investi dans des exploitations gazières en Sibérie, sur la presqu’île de Yamal. C’est l’un des pétroliers les plus engagés en Russie.

Appliquer strictement les sanctions gouvernementales

TotalEnergies a annoncé qu’elle suspendait tout investissement dans les nouveaux projets en Russie. C’est le service minimum, mais Total indique qu’elle est en train de passer en revue ses activités sous l’angle des sanctions. Dans l’un de ses projets en Russie, le groupe est en effet associé indirectement à l’un des oligarques, proches de Poutine. Ce n’est qu’un actionnaire minoritaire de l’entreprise, mais il est visé par les sanctions. Les deux entreprises ont publié des communiqués condamnant fermement l’invasion de l’Ukraine, et s’engageant à appliquer strictement les sanctions gouvernementales.

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Mais tout dépend de l’évolution conflit. S’il y avait un bain de sang, le statu quo ne serait pas tenable, et il faudrait plier bagage. Il est d’ailleurs possible que l’Europe décide alors d’intégrer l’énergie dans le champ des sanctions. En revanche, si des discussions s’ouvraient, laissant entrevoir une issue négociée au conflit, cela change tout, la pression retomberait immédiatement. En clair, c’est la situation en Ukraine qui aura le dernier mot.


Si Engie renonce à ses contrats d’approvisionnement, nous manquerions peut-être de gaz à l’automne prochain. Quant à Total, la blessure ne serait pas mortelle, mais l’entreprise serait affaiblie. Et une autre question délicate se poserait : à qui vendre les participations de TotalEnergies en Sibérie, si même les Russes acceptaient qu’elles soient cédées ? Pas un Occidental n’achèterait, à cause des sanctions. 

Il ne resterait guère que les Qataris ou les Chinois, qui reprendraient à prix cassés. C’est exactement ce qui s’est passé en Iran en 2018, après les sanctions décidées par Trump, Total a été contraint de vendre ses 50% de South Pars, le plus grand champ gazier du monde… à des Chinois. Un dégât collatéral des sanctions économiques, qui constituent une arme puissante, mais difficile à cibler.

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