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École obligatoire dès 3 ans : une nécessité ?, s'interroge Natacha Polony

ÉDITO - Emmanuel Macron a annoncé lors de son discours dédié au séparatisme le vendredi 2 octobre, l'école obligatoire dès 3 ans, mettant donc fin à la scolarisation à domicile.

Une mère accompagnant ses enfants à l'école (illustration)
Une mère accompagnant ses enfants à l'école (illustration)
Crédit : XAVIER LEOTY / AFP
École obligatoire dès 3 ans : une nécessité ?, s'interroge Natacha Polony
03:52
L'oeil de... Natacha Polony du 5 octobre 2020
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micro générique
Natacha Polony - édité par Nicolas Barreiro

Dans son discours sur le séparatisme islamiste, Emmanuel Macron a évoqué une décision "majeure", "comme il n’y en avait pas eue depuis 1882" et les lois sur l’instruction publique : l’école obligatoire dès 3 ans

Tout d'abord, il faut comprendre que depuis un peu plus d’un siècle, c’est l’instruction qui est obligatoire. C’est-à-dire le fait de délivrer aux enfants des savoirs dont l’Etat peut garantir le contenu. Cela peut être fait à l’école publique, dans une école privée sous contrat d’association avec l’Etat, dans une école hors contrat ou à la maison, au sein de la famille. Dans ce dernier cas, il y a des vérifications, notamment grâce au CNED, le Centre National d’Éducation à Distance.

Là, ce qu’a annoncé Emmanuel Macron, c’est l’école obligatoire. Donc, des parents ne pourront plus organiser l’école à la maison. Pourquoi ? Parce que depuis quelques années, on observe une déscolarisation de certains enfants, qui sont ensuite pris en main dans des structures totalement hors de contrôle, notamment des écoles coraniques clandestines puisque c’est ce que vise le président de la République.

Un phénomène marginal

Sur les 50 000 enfants scolarisés à la maison, plus de la moitié le sont pour des raisons de santé ou parce que les parents voyagent pour raison professionnelle. Et sur le reste, une grande majorité appartient à des familles qui considèrent que l’école n’est pas adaptée à la spécificité de chaque enfant, et qui préfèrent transmettre par eux-mêmes des savoirs, mais aussi des valeurs plus spirituelles et humaines que religieuses.

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C’est toute la difficulté de cette décision. On comprend la démarche. Il faut pouvoir contrôler si chaque enfant, sur le sol français, va bénéficier de l’instruction dont nous considérons qu’elle est indispensable pour former des hommes libres. Et puis, le rôle de l’école, en tout cas de l’école publique, est de forger un creuset dans lequel se forme la communauté nationale, autour de valeurs partagées.

Les lois de 1882 ont laissé une place à la liberté individuelle en maintenant les écoles privées, sous contrat ou hors contrat, et l’école à la maison, mais avec des quotas sur le privé sous contrat : pas plus de 20% des élèves, pour que l’école de la république garde la prééminence.

S'agit-il réellement d'une urgence ?

Le véritable problème, c’est qu’on assiste depuis quelques années à un double mouvement. L’augmentation du nombre de familles radicalisées qui ne veulent pas que leurs enfants entendent la propagande des mécréants, et l’augmentation de celles qui rêvent d’épanouissement pour leur progéniture forcément hors normes.

Mais après les annonces d’Emmanuel Macron, on a entendu aussi les protestations de certains enseignants, pourtant grands défenseurs de l’école républicaine. Ils trouvaient scandaleux qu’on interdise désormais aux citoyens conscients de permettre à leurs enfants d’échapper au naufrage de l’école en leur apprenant la grammaire à la maison. 

Si l’école servait encore d’ascenseur social, les parents y mettraient leurs enfants plutôt que de trouver des échappatoires. Comme quoi, le sujet, c’est surtout l’abandon de la promesse républicaine. Le reste en découle.

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