2 min de lecture Santé

Déserts médicaux : les syndicats sceptiques face à l'augmentation du numerus clausus

Éternel serpent de mer quand il s'agit de palier au problème des déserts médicaux, le débat sur le numerus clausus a été relancé à la suite du relèvement annoncé par Marisol Touraine.

Des étudiants en médecine en plein examen.
Des étudiants en médecine en plein examen. Crédit : AURORE BELOT / BELGA / AFP
Philippe Peyre
Philippe Peyre

Faut-il former plus de médecins pour répondre au problème des déserts médicaux ? C'est l'éternel débat autour du numerus clausus, en place depuis 1971 et qui chaque année revient en force. Marisol Touraine, la ministre de la Santé a, elle, tranché, jeudi 24 novembre, en annonçant le relèvement du nombre d'étudiants en médecine. 

Le numerus clausus, qui détermine le nombre d'étudiants en médecine qui pourront accéder à la deuxième année, "sera augmenté de 478 places supplémentaires dans 22 facultés, soit une augmentation de 11%" pour ces facultés, a annoncé Marisol Touraine. Mais si l'on prend en compte l'ensemble des facs, la hausse dépassera à peine 6%. 

L'annonce de cette augmentation intervient un an après que 131 places supplémentaires ont été créées pour dix régions en manque de médecins. Mais les organisations syndicales concernées ont émis de sérieuses réserves à la suite de cette annonce.

Un affichage politique

Stéphane Bouxom, porte-parole de l'Intersyndicale des Internes en Médecine Générale (Isnar-IMG)
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Lutter contre les déserts médicaux en rehaussant le nombre d'étudiants n'apparaît pas comme la solution la plus pertinente aux yeux des organisations professionnelles, étudiantes ou d'internes, contactées par l'AFP. Claude Leicher, le président de la Fédération française des Médecins Généralistes, a fait part de son inquiétude sur les conditions de mise en oeuvre de cette mesure dans des facs aux "capacités déjà largement débordées"

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Il faudra, selon lui, augmenter le nombre d'enseignants et les possibilités de stages. Antoine Oudin, président de l'Association nationale des étudiants en médecine (Anemf), a lui alerté sur le fait qu'il ne fallait pas "sacrifier la qualité de la formation". "C'est surtout un affichage politique", a déploré Stéphane Bouxom, porte-parole de l'Intersyndicale des Internes en Médecine Générale (Isnar-IMG). "Cela nous paraît intenable au vu des capacités actuelles", s'est-il inquiété. 

Mettre en place une politique d'accueil des nouveaux médecins

De son côté, Olivier Le Pennetier, du syndicat national des internes (Isni), s'est positionné davantage en faveur d'un besoin de travailler sur l'attractivité des zones, où le conjoint du médecin doit pouvoir "trouver un travail" et "scolariser ses enfants". Pour Stéphane Bouxom, la lutte contre les déserts médicaux passe par l'augmentation du nombre de stages dans les cabinets de ville, la mise en place d'une politique d'accueil des nouveaux médecins et une aide au logement.

La ministre de la Santé a indiqué que, parallèlement à cette mesure, une mission parlementaire sur la démographie médicale allait être menée. "Elle permettra de faire un point, et le cas échéant d'aller plus loin", a assuré Marisol Touraine. 

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