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Coronavirus : la télésurveillance des examens à domicile fait débat

Avec le confinement, des établissements d'études supérieures envisagent d'utiliser des logiciels de télésurveillance pour lutter contre la fraude aux examens organisés à distance.

La cybercriminalité pédophile a prospéré dans le monde en 2020 (illustration).
La cybercriminalité pédophile a prospéré dans le monde en 2020 (illustration).
Crédit : HO / CEOP / AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste

Avec la crise sanitaire du coronavirus, les établissements d'études supérieures réfléchissent aux modalités de validation de l'année de leurs étudiants. Si la plupart des universités ont annoncé leur volonté de privilégier le contrôle continu et d'alléger les examens de fin d'année, des établissements vont devoir organiser des épreuves à distance. Avec en creux, une question épineuse : comment surveiller ces travaux pour éviter la triche loin des salles d'examen ? 

Dans le cadre du plan de continuité pédagogique mis en place en mars, le ministère de l'Enseignement supérieur recommande le "recours à des services de télésurveillance" pour "vérifier l'identité de l'étudiant et éviter les fraudes" lors des examens écrits. Le ministère a transmis une fiche aux universités lisant un certain nombre d'entreprises spécialisées dans ce domaine. Comme le rapporte un récent article du Figaro consacré au sujet, ces logiciels de sécurisation des épreuves existent depuis plusieurs années et font l'objet d'un intérêt accru depuis le début du confinement. 

Baptisés TestWe, Proctorexam ou Managexam, ils utilisent la webcam pour valider l'identité de l'étudiant puis réaliser une captation à intervalles aléatoires pour s'assurer qu'il ne fraude pas. Ils peuvent aussi bloquer l'accès aux fonctionnalités de l'ordinateur qui ne sont pas nécessaires à la réalisation de l'examen. Un autre logiciel, dénommé Mereos, va plus loin et filme l'étudiant et son environnement de travail en continu puis fait analyser les flux audio et vidéo par une intelligence artificielle et un employé pour vérifier qu'aucun complice ne souffle des réponses. Ce dernier n'est pas recommandé par le ministère de l'Enseignement.

Le sujet a soulevé de nombreuses inquiétudes chez les étudiants et les associations de défense des libertés, comme La Quadrature du Net qui dénonce un recours à "des dispositifs invasifs, discriminants et manifestement illégaux" et appelle à leur rejet immédiat. A l'université de Rennes 1 où une télésurveillance est prévue pour les examens de gestion, plusieurs syndicats étudiants ont déploré "une intrusion dans la vie privée des étudiants" et une source de discriminations pour 300 à 400 d'entre eux ne disposant pas d'ordinateur ou d'une connexion à Internet performante.

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Dans une réponse à Médiapart, début mai, le ministère de l'Enseignement a minoré l'ampleur du phénomène, expliquant que le nombre d'établissements utilisant ce type de solution "devrait être limité" et constitué "majoritairement d'écoles". Selon leurs créateurs, ces logiciels sont déjà utilisés dans le privé et les retours des étudiants sont positifs.

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