2 min de lecture Coronavirus France

Coronavirus : "J'allais au travail la boule au ventre", confie une ex-infirmière sur RTL

INVITÉE RTL - Nora Sahara a quitté le métier d'infirmière pendant la crise sanitaire, fatiguée du manque de considération et de soutien envers le personnel soignant.

Thomas Sotto L'Entretien du Jour Thomas Sotto iTunes RSS
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Coronavirus : "J'allais au travail la boule au ventre", confie une ex-infirmière sur RTL Crédit Image : RTL | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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Amandine Bégot édité par Jérémy Billault

Elle a décidé de laisser la blouse au vestiaire. Nora Sahara a quitté le métier d'infirmière pendant la crise. Elle publie, Hôpital, si les gens savaient, aux éditions Robert Laffont, une série de témoignages d'infirmières qui ont oeuvré pendant la crise du coronavirus et avant.

"J'ai récemment décidé d'arrêter, car je fais partie des soignants contaminés pendant la première vague du Covid, explique-t-elle, et tout ce qui s'est passé après m'a poussé à arrêter, cette administration qui a nié ma contamination. J'ai fait, face à la deuxième vague, un burn-out, j'avais l'impression d'être un danger pour les patients et pour moi-même, j'ai décidé d'arrêter".

L'ex-infirmière explique avoir été contaminée sur son lieu de travail, une clinique, qui a refusé d'accepter que cette contamination avait eu lieu sur place. "C'est une décision dure à prendre, j'ai l'impression d'abandonner mes collègues", concède-t-elle.

"J'allais au travail avec la boule au ventre, poursuit Nora Sahara, je n'avais pas confiance en l'administration. Je me disais qu'il s'il m'arrive quelque chose, on me dira : 'C'est pas chez nous', encore une fois".

Les infirmières soignent, mais qui les soigne ?

Nora Sahara, ex-infirmière, sur RTL
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La situation difficile des infirmiers ne date pas de la crise sanitaire, qui a été un véritable révélateur. "Le pays était figé, on avait tous les yeux rivés vers l'hôpital, estime Nora Sahara. Et on a vu que c'était une catastrophe, que les conditions de travail étaient déplorables, qu'il n'y avait pas de personnel, pas de matériel."
En pleine deuxième vague, 10% des infirmières étaient encore en arrêt maladie. "Personne ne prend soin de nous, estime Nora Sahara. Les infirmières soignent, mais qui les soigne ?" L'espérance de vie d'une infirmière est de 78 ans, contre 85 ans pour les femmes en moyenne.

Après la première vague, à l'issue du Ségur de la santé, le salaire des infirmières a été revalorisé de 183 euros. "Ça ne suffit pas, estime l'ex-infirmière, et on a oublié beaucoup de personnes, il y a aussi les aides-soignantes, les agents hospitaliers. On est toujours les 10e moins payés dans l'OCDE...".

Les soignants demandent à pouvoir prendre en charge les patients correctement

Nora Sahara, ex-infirmière, sur RTL
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Alors que 14 soignants ont été récompensés d'une légion d'honneur à titre posthume, l'intention est bonne mais l'objectif n'est pas là.

"Les soignants demandent à pouvoir prendre en charge les patients correctement, du personnel, du matériel, estime Nora Sahara. Dans certains établissements, les gants, c'est du luxe. Aujourd'hui, en 2021, on en est là. Les surblouses, c'est un luxe, les masques FFP2, certains n'en ont pas. On n'a pas compris que l'hôpital devrait être le cœur de la société."

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