3 min de lecture

Colère agricole : au moins 150 tracteurs sont entrés dans Paris selon la préfecture de police, la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs à l'origine de l'action

"Environ 350 tracteurs" ont été "recensés" pour la mobilisation agricole mardi 13 janvier à Paris des agriculteurs et 150 sont déjà entrés dans la capitale, par la Porte Dauphine, a indiqué la préfecture de police de Paris vers 7 heures.

Des tracteurs sont garés près de la tour Eiffel lors d'une manifestation organisée par les syndicats à Paris, le 8 janvier 2026.

Crédit : Thomas SAMSON / AFP

AFP - édité par Aymeric Parthonnaud

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

"Environ 350 tracteurs" ont été "recensés" pour la mobilisation agricole mardi 13 janvier à Paris des agriculteurs et 150 sont déjà entrés dans la capitale, par la Porte Dauphine, a indiqué la préfecture de police de Paris peu après 7 heures. Ces tracteurs arrivent du Nord, de l'Eure-et-Loir, du Loiret et des départements de la grande couronne parisienne, a précisé la préfecture de police. Ils sont escortés par la police, qui ne rapporte aucun incident, et avancent en direction du quai d'Orsay où ils doivent se rassembler.  

À l'aube, des dizaines de tracteurs sont de nouveau entrés dans la capitale, cette fois-ci aux couleurs de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs pour exiger des "actes concrets et immédiats" du gouvernement qui peine à faire face à la colère agricole. Ils ont vite été rejoints par d'autres véhicules. Vers 6h45, les tracteurs étaient sur l'avenue des Champs-Élysées après avoir klaxonné abondamment, a constaté une journaliste l'AFP.

Leur parcours, avalisé par la préfecture de police de Paris les mènent ensuite à l'avenue George V et au pont de l'Alma avant un rassemblement qui doit se tenir quai d'Orsay. Certains ont même prévu matelas et duvets pour prolonger la journée de mobilisation. 
"Pas de pays sans paysan", "pas de paysan => pas d'alimentation", peut-on lire sur un panneau accroché à l'un des tracteurs.  "Si on veut garder la souveraineté alimentaire, qu'on nous laisse exercer notre métier", a déclaré à l'AFP Fabrice Moulin, 52 ans, qui cultive des céréales dans l'Eure, à proximité des Yvelines.

"On n'est pas pour l'anarchie mais trop de règles tue les règles. Aujourd'hui, on ne vit plus de notre activité", a-t-il soutenu, évoquant le chapelet de mauvaises nouvelles pour l'agriculture : crise sanitaire liée à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), l'accroissement du coût des engrais, l'accord UE-Mercosur en passe d'être signé.

À écouter aussi

Pour Baptiste Zado, qui exploite une ferme en polyculture et élevage avec son père dans les Yvelines, en région parisienne, "on a besoin qu'on nous sécurise le marché français. L'élevage français doit passer avant l'élevage brésilien". "On ne peut plus se serrer la ceinture", affirme ce membre des Jeunes Agriculteurs.

L'action a lieu à l'initiative de la FRSEA Grand bassin parisien, une entité englobant l'Île-de-France et des départements de régions voisines, pour exiger des "actes concrets et immédiats" pour défendre la souveraineté alimentaire. Cette étape intervient quelques jours à peine après les actions coup de poing de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne.

"Leurs revendications sont légitimes" selon Annie Genevard

À quelques jours de la signature de l'accord UE-Mercosur, samedi au Paraguay, les agriculteurs ont multiplié les actions, comme au Havre, premier port français de commerce, où des filtrages ont été mis en place, sans bloquer l'activité, toutefois : depuis ce weekend, des agriculteurs "contrôlent" les camions frigorifiques et vérifient la provenance des produits.

Ils ont découvert "des produits qui n'ont pas les mêmes normes de production" que les nôtres, avait précédemment déploré auprès de l'AFP Justin Lemaître, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs en Seine-Maritime, réclamant "que l'importation respecte nos standards de production".

Pour les détracteurs du traité commercial avec les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay), cet accord va bousculer l'agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l'UE, faute de contrôles suffisants.

Les ports de Bayonne, La Rochelle, ont également été le théâtre de blocages de la part de divers syndicats agricoles, lesquels ont mobilisé devant les préfectures ou sur les routes à Metz, Pau, Périgueux, Poitiers, Dax et Limoges.

"La colère des agriculteurs est profonde et leurs revendications sont légitimes, et nous les entendons au plus haut niveau du gouvernement", a répondu lundi matin sur BFMTV la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, après avoir annoncé vendredi des mesures en faveur des céréaliers, des viticulteurs ou encore des éleveurs, sans calmer la mobilisation.

Outre la France, des manifestations ont eu lieu en Italie, Pologne ou Irlande. La ratification du traité dépend encore d'un vote qui s'annonce serré au Parlement européen, pas avant février. Un grand rassemblement d'agriculteurs est prévu devant son siège strasbourgeois le 20 janvier.

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info