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Des tracteurs sont garés près de la tour Eiffel lors d'une manifestation organisée par les syndicats à Paris, le 8 janvier 2026.
Crédit : Thomas SAMSON / AFP
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Des agriculteurs de la Coordination rurale (CR) sont arrivés dans Paris ce jeudi 8 janvier au matin, investissant notamment la place de l'Étoile près de l'Arc de Triomphe avec leurs tracteurs dans la nuit. D'après un journaliste de l'AFP, une vingtaine d'agriculteurs étaient également présents aux abords de la Tour Eiffel. "Ils se baladent" dans Paris et sont notamment passés sur les Champs-Elysées, a indiqué un porte-parole à l'AFP, faisant état de "quelques dizaines de tracteurs" entrés par les portes sud de la capitale.
Ces lieux symboliques pourtant concernés par un arrêté publié mercredi soir par la préfecture de police de Paris y interdisant les rassemblements non déclarés.
Ceux-ci sont également interdits autour des institutions à Paris, à Rungis et à Maisons-Alfort, alors qu'une centaine de véhicules disaient vouloir converger vers la capitale. Selon cet arrêté, en vigueur jusqu'à vendredi, les secteurs à proximité des institutions politiques sont ainsi interdits : Matignon, l'Assemblée nationale et le ministère de l'Agriculture, l'Élysée, le Sénat ou encore la Direction générale de l'alimentation (DGAL), qui dépend du ministère de l'Agriculture, et l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE).
Hors de Paris, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) à Maisons-Alfort et le marché international de Rungis figurent aussi dans cet arrêté.
Les autorités justifient cette décision par "les appels à manifester lancés par certains syndicats agricoles aux abords de plusieurs bâtiments institutionnels et sites stratégiques à Paris et dans le département du Val-de-Marne". Lundi soir, le président de la Coordination rurale Bertrand Venteau avait assuré vouloir "monter" porter les "doléances" des agriculteurs à Paris, de façon "pacifique" et "même si la moitié doit finir en garde à vue".
Une cellule interministérielle de crise a été activée mercredi en fin de journée, place Beauvau : présidée par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, en présence notamment de représentants du ministère de l'Agriculture et du ministère des Transports, la réunion avait pour but "de faire un point sur la situation".
Le but de ces actions dans Paris est de protester notamment contre l'accord de libre-échange entre l'UE et des pays du Mercosur mais aussi contre la gestion par l'État de l'épizootie de dermatose nodulaire bovine (DNC) qui a attisé la colère agricole début décembre dans le Sud-Ouest, bastion historique de la CR. Une région aussi emblématique des difficultés qui pèsent sur les agriculteurs : précarité, changement climatique, surproduction de vin... Elle y a mené des actions d'ampleur mercredi autour de Toulouse.
Depuis l'hiver 2024, les agriculteurs demandent des simplifications administratives et un allègement des normes, notamment européennes, jugées trop contraignantes et propice à créer une concurrence déloyale. Ni la loi d'orientation agricole, adoptée début 2025, ni la loi dite Duplomb et encore moins les promesses de Paris et Bruxelles n'ont convaincu les syndicats, reçus plusieurs fois à Matignon mais aussi à l'Élysée depuis décembre.
La FNSEA et ses alliés des Jeunes agriculteurs (JA) ont appelé à la mobilisation nationale dimanche dernier mais pour des actions locales, en début de semaine et sans grands déplacements, contrairement à 2024, quand la puissante alliance syndicale avait lancé ses tracteurs sur Paris. Des actions locales, à l'initiative de la FNSEA mais aussi de ses adversaires de la Confédération paysanne, auront aussi lieu jeudi. Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau présentera ses vœux à la presse à 10h à Paris.
En attendant, le syndicat, accusé de cogestion avec l'État par les deux autres syndicats, a temporisé, annonçant mardi que le Premier ministre Sébastien Lecornu leur avait promis des mesures "concrètes" d'ici la fin de semaine.
Le "chiffon rouge" pour le syndicat dominant est l'accord commercial UE-Mercosur dont la probable signature lundi pourrait intensifier la mobilisation. La Commission européenne a tenté de répondre aux inquiétudes des agriculteurs en brandissant les clauses de sauvegarde à l'étude, puis une rallonge budgétaire anticipée pour la politique agricole commune 2028-2034, alors qu'elle prévoyait de l'amputer dans son projet initial.
Les négociations pour la prochaine PAC ne font toutefois que commencer et la France se tourne plus vers le dossier de la taxe carbone européenne aux frontières pour arracher l'exclusion des engrais de ce mécanisme qui augmenterait drastiquement les coûts pour les agriculteurs.
Si Bruxelles a ouvert la porte à une telle suspension, Emmanuel Macron s'est montré plus affirmatif : la taxe "sera révisée pour permettre la suspension de son application aux engrais, tandis que les droits de douane sur les engrais et intrants seront abaissés rapidement", a-t-il assuré mercredi soir sur X, dans la foulée de la ministre Annie Genevard.
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