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Climat : les négociateurs toujours à la manoeuvre pour éviter un échec à Lima

Les négociations internationales sur le climat s'embourbent à Lima au Pérou.

Laurent Fabius et Ségolène Royal arrivent à Lima le 9 deécembre 2014
Laurent Fabius et Ségolène Royal arrivent à Lima le 9 deécembre 2014
Crédit : AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Les négociateurs ne relâchaient pas leurs efforts à Lima pour surmonter un clivage entre pays du Nord et du Sud et éviter de faire de la 20e conférence de l'ONU sur le climat un échec. 

La COP20 (20e conférence des parties) a déjà été prolongée de plus de 24 heures. Las! Cela n'a pas suffi pour l'instant à mettre d'accord les 195 pays membres de la Convention des Nations unies sur le climat, qui ont passé deux semaines à discuter des bases d'un futur accord censé être conclu fin 2015 à Paris.

Les négociations pour la COP à Lima sont difficiles

Laurent Fabius

"Les négociations pour la COP à Lima sont difficiles", a reconnu ce samedi soir Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères qui a décidé de retarder son retour en France. "Comme futur président de la COP de 2015 à Paris, je dois évidemment être attentif à ces négociations", a-t-il expliqué dans un communiqué.

Trop peu d'ambition pour le Sud

Les délégations tentent toujours de finaliser un texte acceptable par tous qui encadre la forme que pourront prendre les engagements que les pays prendront en 2015 sur les réductions d'émissions de gaz à effet de serre : périmètre, contenu, mode d'évaluation. La Chine et l'Inde sont réticentes à toute évaluation. Les pays du Sud exigent que les contributions comprennent aussi des actions d'adaptation au réchauffement et des soutiens financiers à leur égard.

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Ce n'est qu'à cette condition que le groupe Afrique, les petits Etats insulaires, l'Arabie saoudite, les Philippines, le Brésil accepteraient des engagements précis sur leurs trajectoires de réduction d'émissions. Le Sud réclame notamment des précisions sur les canaux de financement qui doivent permettre d'arriver à 100 milliards de dollars d'aide en 2020 et qui restent flous.

Un nouveau texte pourrait être mis sur la table

Après tout un après-midi et une soirée consacrés à sonder les positions des uns et des autres en privé, Manuel Pulgar-Vidal, le ministre péruvien de l'Environnement qui préside les débats, devait reprendre la parole à 23h00 locales (04h00 GMT) pour informer les délégués, les ONG et les journalistes encore sur place, de la suite du processus. Un nouveau texte pourrait être mis sur la table.

Les allées du village provisoire de tentes blanches, dressées sur le site du ministère de la Défense, le Pentagonito, étaient désormais presque vides. Un contraste flagrant avec les milliers d'accrédités présents pendant une douzaine de jours.

Incertitudes

Même les vieux routiers de ces rendez-vous annuels, qui se prolongent souvent, faisaient part de leur lassitude face à une ligne d'arrivée sans cesse repoussée. "On ne sait même pas si cela veut dire qu'on se rapproche d'un compromis ou si au contraire on en est encore loin et qu'il faut encore discuter", a confié un membre de la délégation française.

Ce samedi matin, l'espoir d'arracher rapidement un compromis sur la base d'un nouveau texte rédigé dans la nuit de ce vendredi avait été douché par plusieurs interventions des pays en voie de développement en séance plénière. "Il sera difficile d'accepter des contributions sans mention des financements (dans les contributions des pays développés)", a déclaré le représentant du Soudan, au nom du groupe Afrique, avant de refuser de travailler sur le nouveau texte.

Front du refus

"Les lignes rouges ne sont malheureusement pas évoquées", a également lancé le représentant de la Malaisie au nom d'un large groupe de pays en développement. "Les contributions doivent tenir compte de l'adaptation" au changement climatique, a-t-il plaidé sur un ton très ferme.

Le succès de la COP de Lima est en jeu

Le négociateur américain Todd Stern

Face à ce front du refus, qui déplore le manque d'ambition du texte, le négociateur américain Todd Stern s'était dit favorable à "de nouvelles formulations" mais sans "longues négociations". "Le succès de la COP de Lima est en jeu", avait -il lancé.

Si un accord sur les contributions nationales n'est pas trouvé à Lima, cette conférence n'aura pas tenu ses promesses car certains pays pourront s'en servir pour moins s'impliquer. En vue de l'accord de fin 2015, qui entrera en vigueur en 2020, les engagements doivent être annoncés si possible d'ici le 31 mars ou après. Les contributions nationales doivent permettre une baisse globale des émissions de 40 à 70% d'ici à 2050 : une nécessité absolue pour parvenir à limiter à 2°C la hausse de la température de la planète.

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