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"Charlie Hebdo" : le numéro 1178 sera mis en vente pendant 15 jours

REPLAY - Une semaine après l'attentat, "Charlie Hebdo" a fait son retour dans les kiosques mercredi 14 janvier. Retour sur la fabrication de ce numéro "des survivants".

Yves Calvi_ 3 Minutes pour Comprendre La rédaction de RTL iTunes RSS
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"Charlie Hebdo" : le numéro 1178 sera mis en vente pendant 15 jours Crédit Image : AFP / Martin Bureau | Crédit Média : Laurent Marsick | Durée : | Date : La page de l'émission
Laurent Marsick
Laurent Marsick
et La rédaction numérique de RTL

Attendu dans le monde entier, le nouveau Charlie Hebdo, signé par les rescapés de l'attentat, s'est arraché dès sa parution mercredi 14 janvier matin. L'équipe du journal, décimée, a pu sortir ce numéro 1178 grâce à la solidarité.

Il y a d'abord eu celle de Libération qui, comme en 2011, pendant trois mois au moment de l'incendie des locaux de Charlie Hebdo, a proposé d'héberger l'équipe, ou ce qu'il en restait. Le Monde a prêté des ordinateurs pour travailler, parce que rien n'était récupérable au siège du journal satirique qui était placé sous scellés.

Le travail pour thérapie

L'équipe occupe la grande salle des conférences de rédaction, dans les étages de Libération. C'est une bulle, avec des paravents pour être à l'abri des regards. Des policiers en civil sont à l'extérieur. Ils ont tous eu le besoin de se retrouver, d'être ensemble pour faire ce numéro.

Vendredi, quand les journalistes sont arrivés, l'ambiance était lourde, pensante. Il y avait beaucoup de larmes. Très vite, le travail a fonctionné comme une thérapie. Le lendemain, l'ambiance avait déjà un peu changé. Ils ont commencé à sortir un peu plus de leur salle de rédaction. On a pu discuter avec eux.

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"Je vis une terreur, parce que j'ai vu mes meilleurs amis, mon frère, morts. Je vis une bulle de bonheur, on est ensemble quoi !", disait à ce moment-là l'urgentiste-chroniqueur.

Le dimanche, beaucoup sont allés à la marche républicaine. Lundi, il y avait une ambiance de bouclage, avec des gens au travail et plutôt concentrés. Certains portaient des casques anti-bruit sur les oreilles.

Tous les numéros ne sont pas en kiosque

Le numéro 1178 a été tiré dans un premier temps à 3 millions d'exemplaires. Un tirage qui sera finalement porté à 5 millions pour faire face à la demande. Trois imprimeries secrètes ont travaillé dessus pour la France. Tous les exemplaires n'ont pas été mis en kiosque mercredi matin. 

Quelque 500.000 exemplaires supplémentaires vont être mis en place chaque jour, jusqu'à la semaine prochaine.

La moitié de nos actionnaires ne sont plus là

Laurent Legier, grand reporter à "Charlie Hebdo"
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Pour le premier million, l’intégralité du prix du journal 3 euros reviendra à Charlie Hebdo. Après, sur les 2 millions restants, ce sera tarif normal. L'imprimeur prendra 20%. Le distributeur, 40% sur le prix de vente. Il est traduit en 16 langues et sera vendu dans 25 pays.

Pendant quinze jours, c'est ce numéro-là qui va être en kiosque. "La moitié de nos actionnaires ne sont plus là. Il faut donc s'organiser juridiquement, voir ce que vont devenir leurs actions, trouver qui sera le patron, réorganiser éventuellement la rédaction", justifie Laurent Legier, grand reporter à Charlie Hebdo.

"Il faut voir aussi qui seront les dessinateurs les plus aptes à prendre la relève. Tout ça il faut qu'on en parle et on n'a rien du tout en tête pour le moment", poursuit-il.

Aides et dons

L'État a débloqué 1 million d'euros ; le fond Google, 250.000 euros. Le Guardian a proposé 130.000 euros. À cela, on ajoute les dons de particuliers. C'est l'association Presse et Pluralisme qui les relance. Elle a annoncé 1 million d'euros uniquement pour ceux qui ont versé par carte bancaire sur le site. On parlerait plutôt de 3 millions d'euros avec les chèques.

Là encore, il y a eu l'aide de Libération pour gérer tout çà. C'est Pierre Fredenraich, le directeur opérationnel de Libération, qui s'en occupe. "Moi je vais les aider très modestement à architecturer leur offre de contenu, donc leur marketing, offres d'abonnements. Lorsqu'ils seront autonomes, comme ils l'ont toujours été, ils pourront assurer seuls", explique-t-il.

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