3 min de lecture Liberté

Caricatures de Mahomet : "Depuis les attentats, c'est suicidaire de le faire", dit Geluck sur RTL

INVITÉ RTL- Le dessinateur revient au micro de RTL sur l'année qui vient de s'écouler, notamment sur la question de la liberté d'expression quelques jours après la fin du procès Charlie Hebdo.

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Philippe Geluck était l'invité de RTL du 22 décembre 2020 Crédit Image : Kervin Portelli | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Jérôme Florin
Jérôme Florin édité par Jérémy Billault

Si le monde sort d'une année particulièrement rude, Le Chat de Philippe Geluck va bien. Confiné depuis des années dans son quotidien de dessinateur, son créateur a été particulièrement productif. 

Faute d'une exposition de sculpture monumentale sur les Champs-Élysées (prévue en avril 2020 et reportée en mars 2021), le dessinateur a sorti cet automne un album imprévu intitulé  Le Chat est parmi nous (Casterman). L'occasion pour Philippe Geluck de revenir au micro de RTL sur l'année qui vient de s'écouler. 
Outre la crise sanitaire, cette fin d'année à été marquée par le procès des attentats de Charlie Hebdo qui, pendant plusieurs mois, a replongé la France dans les souvenirs de cette sombre période. Philippe Geluck, qui se dit volontiers héritier du Professeur Choron, de Roland Topor, Jean-Marc Reiser ou de Wolinski, de l'école Hara Kiri et Charlie Hebdo, "pleure encore tous les jours" ses amis perdus ce jour de janvier 2015.

Nous devons savoir que ce que nous produisons de caricature peut être vu dans le monde entier grâce à internet

Philippe Geluck sur RTL
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"J'ai suivi ce procès qui était paradoxal, déclare-t-il avec émotion, puisque les accusés étaient masqués, qu'il s'est déroulé dans des conditions un peu surréalistes, mais qui a pu avoir lieu. C'était important, même s'il ne ciblait pas les principaux responsables des attentats".

Ce drame rappelle à quel point la liberté d'expression est un droit qui peut se payer très cher. Samuel Paty, assassiné il y a quelques semaines, en est un autre exemple. "Dans certains pays, des dessinateurs sont enfermés par le pouvoir, la liberté d'expression est muselée. Heureusement, chez nous, elle a encore droit de cité, nous devons nous battre pour la défendre", assure le dessinateur.

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L'arrivée d'internet a, selon le dessinateur, quelque peu changé la donne en ce qui concerne les caricatures, car elles deviennent accessibles par tous, partout et instantanément. "Nous devons savoir aussi que ce que nous produisons en termes de dessin politique et de caricature, peut être vu dans le monde entier en quelques secondes grâce à internet", explique-t-il. 

Il faut vraiment enseigner aux jeunes générations comme le second degré est important.

Philippe Geluck sur RTL
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Et de poursuivre : "Nous devons savoir que toutes les cultures dans le monde n'ont pas progressé à la même vitesse, que certaines se sont arrêtées en chemin, il ne faut jamais cesser de faire de la pédagogie, de dire comme il est important d'analyser tous les faits politiques et religieux à travers l'humour et il faut vraiment enseigner aux jeunes générations comme le second degré est important".

Philippe Geluck n'a jamais caricaturé le prophète Mahomet, ce qui lui a parfois valu des critiques. "Je n'en ai jamais ressenti le besoin avant les attentats, assure-t-il. Et depuis les assassinats, je me dis que c'est carrément suicidaire de le faire. J'essaie d'aborder les sujets de l'intégrisme, de l'islamisme politique, de la domination des hommes sur les femmes à travers d'autres dessins."

Car ces sujets sont toujours très présents dans ses livres. "Je continue à les aborder, mais par un biais qui ne me vaut pas de me faire casser la gueule ou pire, assassiner. Les humoristes doivent trouver des chemins que les gens violents, intégristes, ne peuvent pas débusquer, il faut essayer de les prendre à revers." 

Le journal Charlie Hebdo, lui, a décidé de publier à nouveau les caricatures en question au moment du procès des attentats. "C'est dans l'ADN de Charlie Hebdo, explique Philippe Geluck. Je suis totalement solidaire de mes confrères, j'admire leur courage même si j'utilise d'autres chemins. Je pense que chacun doit trouver sa route vers le dialogue, le partage, la compréhension de l'autre, la critique, il n'y a pas qu'une seule voie à emprunter."

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