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"Ça ne va pas suffire" : malgré plus de transparence grâce à un nouveau décret, la situation des Ehpad inquiète toujours

Un décret publié au Journal officiel impose aux Ehpad de transmettre de nouveaux indicateurs à la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie, des chiffres rendus publics par la suite.

Une personne âgée dans un Ehpad (illustration)

Crédit : LOIC VENANCE / AFP

Annie Rousseau, vice-présidente de l'association Familles de résidents en Ehpad.

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Alexis Lalemant

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Un nouveau décret pour plus de transparence. Depuis ce lundi 10 août, les Ehpad doivent désormais transmettre trois nouveaux indicateurs à la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (Cnsa). 

Des données jusqu'ici réservées aux autorités et qui seront désormais accessibles à tous, avec la publication du taux d'encadrement des résidents par le personnel médical, paramédical et socio-éducatif, le taux d'absentéisme du personnel ainsi que le taux de rotation des équipes. Ces informations devront être publiées "sur un site internet consacré à l'information des usagers", précise ce décret du 8 août 2026. 

Pour Annie Rousseau, vice-présidente de l'association Familles de résidents en Ehpad, la publication de ces informations représente "une avancée dans la mesure où ça apporte plus de transparence sur les réalités en Ehpad, et que ça peut tout à fait être important pour les familles de le consulter en amont" de la sélection d'un établissement pour un proche. 

Un manque de personnel encore criant

Néanmoins, même si "tout surplus de transparence est forcément une bonne chose", notamment avec les informations sur le taux d'encadrement qui sont "essentielles" d'après Annie Rousseau, cette dernière rappelle que la situation des Ehpad français reste de manière générale "préoccupante". 

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"Déjà, comme tous les étés, il y a des congés du personnel qui sont tout à fait légitimes, mais qui viennent accentuer encore la question du manque de personnel. Alors quand on ajoute une période longue de canicule, c'est extrêmement préoccupant pour les familles. Et tous les messages ou les témoignages que nous recevons vont dans ce sens", déplore la vice-présidente de l'association. 

Un avis corroboré par Roland, un auditeur de RTL dont la mère se trouve dans un Ehpad. Dans l'émission Les auditeurs ont la parole, cet homme de 73 ans explique que sa mère est dans un établissement depuis un peu plus de cinq ans, où "tout se passait relativement bien". 

"Ces derniers temps, ça s'est horriblement dégradé. (…) Quand vous avez six ou sept personnes qui démissionnent qui étaient là depuis 10-12 ans dans l'établissement, c'est qu'il y a des problèmes. Si le personnel va bien, les résidents vont bien… Et vice-versa", explique-t-il, avant de rappeler que le recours aux intérimaires est notamment problématique car ces employés ne sont "que de passage", et qu'ils ne connaissent pas les problèmes ainsi que les habitudes de chaque résident.

"On est quatre de nuit, quatre absentes"

De son côté, Magalie, ancienne employée d'un Ehpad qu'elle vient de quitter après 21 ans de bons et loyaux services, partage elle aussi un constat inquiétant.

"Je travaillais de nuit, et en quelques mois ça s'est dégradé tellement que je me suis dit que je ne pouvais plus travailler dans cet Ehpad. Je couchais des gens jusqu'à 23h30, des personnes âgées qui n'avaient rien demandé et qui avant étaient couchées à 19 heures. C'était devenu de la maltraitance. Des gens qui sont normalement changés en fin de journée et que je retrouvais trempés dans leur lit.

Elle dit avoir essayé de "faire comprendre à la direction" de son établissement la gravité de la situation… sans succès. "Ma collègue de nuit vient de quitter aussi en même temps que moi, et deux autres collègues dans l'autre équipe sont en arrêt. Donc on est quatre de nuit, quatre absentes", constate-t-elle en ciblant un manque de personnel criant. 

Selon la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), avec 641.000 places dans les Ehpad en 2021, il faudrait que la France crée près de 365.000 places supplémentaires d'ici 2050 pour "conserver les pratiques actuelles d’entrée en Ehpad des personnes âgées en perte d’autonomie".

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