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Deux ans après le scandale des maisons de retraites, deux anciens directeurs du groupe Orpea vont être jugés

Deux anciens dirigeants d'Orpea, groupe privé de maisons de retraite devenu Emeis, seront bientôt jugés à Paris, deux ans après la publication d'un livre-enquête accablant.

Le groupe Orpea se trouve au cœur d'un scandale de maltraitance

Crédit : ALAIN JOCARD / AFP

La rédaction numérique de RTL & AFP

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La suite du scandale des maisons de retraite. Deux anciens directeurs du groupe d'Ehpad privés Orpea, devenu Emeis, seront bientôt jugés à Paris pour délit d'initié concernant des reventes d'actions avant la parution d'un livre-scandale sur les maltraitances vis-à-vis des résidents, a indiqué jeudi 3 septembre le parquet financier. À l'issue de son enquête préliminaire, le parquet national financier (PNF) a aussi décidé que ces deux ex-directeurs, Yves Le Masne (ancien directeur général) et Jean-Claude Brdenk (ancien directeur général délégué) seront jugés pour blanchiment. Une audience doit se tenir le 14 octobre, pour fixer une date de procès, a précisé le ministère public.

Le scandale Orpea avait éclaté après la parution en 2022 du livre Les Fossoyeurs du journaliste d'investigation Victor Castanet, dans lequel il révélait des maltraitances sur des pensionnaires, des irrégularités financières et des manquements dans la gestion des ressources humaines sous l'ancienne direction. L'ouvrage a engendré de multiples débats sur les soins apportés aux personnes âgées dans la société.

Sur le plan judiciaire, des investigations ont été lancées à Nanterre, les plus importantes, concernant les maltraitances et des infractions financières. À Paris, le PNF s'est lui intéressé à l'activité en bourse de deux anciens directeurs, les soupçonnant de délit d'initié. En février 2022, le Canard enchaîné écrivait notamment qu'Yves Le Masne avait revendu des actions, en 2021, trois semaines après avoir reçu un "long questionnaire" du journaliste Victor Castanet. Le directeur général aurait-il alors pressenti le naufrage ?

"Le PNF le poursuit pour délit d'initié sur la base de raisonnements juridiquement bancals"

Dès le début, Yves Le Masne a contesté. Il avait fait savoir que "le milieu de l'été" était "la période à laquelle (il) vend(ait) habituellement des actions", sans aucun lien avec le travail du journaliste. Yves Le Masne, dans la direction du groupe à partir de 2006, a été démis de ses fonctions par le conseil d'administration le 30 janvier 2022.

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"Yves Le Masne, qui avait servi de fusible au groupe Orpea, n'a été mis en cause dans aucun dossier de maltraitance", a réagi auprès de l'AFP son avocat, Félix de Belloy. "Le PNF le poursuit pour délit d'initié sur la base de raisonnements juridiquement bancals et contredits par les faits et les témoignages", a-t-il assuré.

De son côté, Jean-Claude Brdenk, resté une vingtaine d'années au sein de la direction du groupe, est présenté par Victor Castanet comme le "cost killer" du groupe. Sollicité sur son procès à venir, son avocat, Rodolphe Bosselut, n'a pas souhaité s'exprimer. Yves Le Masne et Jean-Claude Brdenk sont également poursuivis à Nanterre, dans des investigations lancées pour abus de confiance, escroquerie, abus de biens sociaux aggravé, blanchiment en bande organisée et corruption.

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