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Bac 2021 : comment les élèves se préparent au Grand Oral de la réforme Blanquer

ÉCLAIRAGE - Cette année, pour la première fois, les élèves de Terminales générales et technologiques passeront le Grand Oral, une nouveauté de la réforme Blanquer.

Des lycéens dans une classe (illustration)
Des lycéens dans une classe (illustration)
Crédit : Ali AL-DAHER / AFP
Bac 2021 : comment les élèves se préparent au Grand Oral de la réforme Blanquer
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Bac 2021 : comment les élèves se préparent au Grand Oral de la réforme Blanquer
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Marie Guerrier

Il reste trois semaines aux élèves de Terminales générales et technologiques pour se préparer au Grand Oral, une nouveauté de la réforme Blanquer. Comment s'y préparent-ils ?

Au lycée Lucie Aubrac à Courbevoie dans les Hauts-de-Seine, Lucas résume bien la situation : "vu que c’est nouveau, le nouveau fait peur", mais il se dit plutôt serein. Farah en revanche est en stress : "Je ne me sens pas du tout prête, j’ai beaucoup de choses à préparer. C’est un peu de ma faute mais aussi, on est toujours en train de découvrir de nouvelles choses sur le Grand Oral". 

Personne n'est encore passé par là, pas de point de repère, pas de référence, alors tout le monde tâtonne un peu. Et l'épidémie a ajouté de la difficulté à la difficulté : le confinement de l'an dernier, le fonctionnement des lycées en demi jauge cette année. Lucas se dit que les profs savent que les élèves n’ont pas eu assez de préparation et qu’ils seront plus indulgents, en tout cas, il l’espère, "parce qu’on essuie les plâtres".

Ce grand oral porte sur les deux spécialités que les élèves ont choisi en terminale choisi en terminale.

Les deux spécialités de Lucas sont les maths et les sciences économiques et sociales (SES). Il a rempli la fiche qu'il remettra au jury. Sur la première page, il a inscrit ses questions en maths et SES et sur l’autre page, il a indiqué ce que sa classe n’a pas étudié cette année, "pour que le jury ne nous pose pas de questions sur ce qu’on n'a pas vu". 

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Initialement, ils pouvaient être interrogés sur tout le programme, mais cela fait partie des aménagements de l'épreuve décidée par le ministère de l’Éducation nationale à cause du Covid, les professeurs n’ont pas toujours terminé le programme. Les élèves pourront aussi garder pendant leur présentation orale les notes qu'ils auront griffonnées pendant leurs 20 minutes de préparation, alors que la réforme prévoyait une prise de parole sans aucun support écrit. 

À partir de leurs spécialités, les élèves ont préparé deux questions argumentées en lien avec les programmes. Le jury choisira l'une des deux questions.  Avril qui a choisi, notamment, de parler de l’énergie nucléaire dans l’imagerie médicale, a eu du mal à déterminer ses deux questions, "parce qu’il fallait trouver à la fois quelque chose qui m’intéressait mais qui était aussi dans le programme, c’était compliqué". 

Ryan, lui, joue au volley et ça l'a inspiré, sa question dit-il, est "claire et nette : comment réussir le service parfait au volley ?". Il va pouvoir utiliser ses connaissances en physique avec le chapitre sur la mécanique et en maths avec les primitives. On peut, comme lui, mélanger les deux spécialités dans une même question dite "transversale". Des questions qui doivent être validées par les profs. 

Une évaluation sur leur capacité à prendre la parole en public

Dans cette classe du lycée Lucie Aubrac, Nicolas Rambeaud est le professeur de spécialité maths, ses cours sont désormais exclusivement consacrés à la préparation du Grand Oral, il vérifie le travail de chacun. Il explique à une élève qu’elle ne peut pas juste formuler sa question en disant "comment gagner au loto ?", mais plutôt "comment les probabilités permettre de maximiser les chances de gagner au loto ?". Là, à une autre table, il rassure un élève qui s’est lancé sur la théorie des grands nombres pour prévoir le trafic aérien : "C’est top ! Tu vas faire un carton, c’est très clair", lui lance l’enseignant. 

Les élèves seront en effet évalués sur la clarté de leur propos. Ils présenteront leur question en 5 minutes debout devant les deux profs examinateurs. Les 10 minutes suivantes seront consacrées à un échange avec le jury (debout ou assis, c’est au choix) pour montrer qu'ils maitrisent les connaissances et savent argumenter, et enfin, les dernières 5 minutes permettront de parler du projet d'orientation post-Bac des élèves.
Il faut s’entraîner à la prise de parole, tous ne sont pas très à l’aise. Le professeur leur propose un exercice rapide : passer devant tout le monde pour présenter brièvement la question qu’ils sont en train de préparer. Chacun se lance, tour à tour. Et l’enseignant donne des conseils : gérer sa respiration, parler plus fort, ralentir le débit. L’un des élèves, Alexandre, montre un peu plus d’aisance, il fait du théâtre et explique que ça l’aide. Il partage ses "petits trucs", comme répéter très vite et très fort son texte pour prendre l’habitude d’être entendu distinctement. 

Une nouvelle grille d'évaluation pour les enseignants

Les oraux blancs organisés d'ici au Grand Oral (qui se tiendra entre le 21 juin et le 2 juillet prochain) permettront aux élèves de se rôder à l'exercice. Cela permettra également aux professeurs-examinateurs de se familiariser avec la grille d’évaluation parce que pour eux aussi c’est inédit. "C’est le début d’un processus, reconnaît Nicolas Rambeaud, quelque chose de complètement nouveau s’est amorcé et ça va irradier sur notre manière d’enseigner pas seulement en Terminale, mais en Première et en Seconde, on va former des lycéens plus à l’aise à l’oral". C'est en tout cas le but de la réforme. 

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